A la faveur de la célébration de la Journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic illicite des drogues, l’Office central des stupéfiants du Mali (OCS) a procédé, ce mercredi 26 juin, à la destruction par incinération de plusieurs tonnes de drogues et autres produits prohibés à Dio-Gare (Kati). Ces produits dont la valeur marchande est estimée à plus de 10 milliards étaient composés de : cocaïne, d’héroïne, de cannabis, de crack, de méthamphétamine et d’autres drogues de synthèse, qui ont été saisis par l’Office Central des Stupéfiants (OCS) et les services qui concourent à la lutte contre la drogue dans notre pays.
A l’instar des pays de la communauté internationale, le Mali a célébré le 26 juin, journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic illicite des drogues. Placée sous le thème « Les preuves sont claires : investir dans la prévention », la célébration de cette journée appelle à une approche fondée sur des preuves scientifiques qui donne la priorité à la prévention et au traitement.
Au plan national, l’événement a été célébré sous le thème national : «Prévenir et réduire les risques liés à la consommation de substances illicites afin de ne pas laisser s’installer l’addiction».
Au Mali, comme il est de coutume depuis quelques années, cette journée a été mise à profit pour procéder à l’incinération des drogues saisies, conformément à l’article 136 de la loi sur les stupéfiants.
«Cet article prévoit que toutes les drogues saisies sont destinées à la destruction par les moyens appropriés », a indiqué le Colonel-Major Fousseny KEITA, Directeur général de l’OCS.
C’est la raison pour laquelle, la présente opération d’incinération s’est déroulée sous la direction du parquet spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme, le trafic illicite de drogue et la criminalité organisée ; en présence du directeur de l’OCS ; du maire de la commune de Dio-Gare ; du représentant de l’ONUDC ; et des organisations de la société civile.
Une saisie record
Pour cette année 2024, a-t-il fait savoir, l’incinération porte sur une grande quantité de produits stupéfiants qui est estimée à plus d’une soixantaine de Tonnes composées de : 10, 820 Kg de Cocaïne ; 15 tonnes 632 Kg et 121 g de Cannabis et dérivés ; 2 864 doses de consommation de Crack/dérivé cocaïne ; 1 609 doses de consommation d’Off/dérivé héroïne ; 36 tonnes, 52 Kg de tabac, pipes, Accessoire de Chéchia ; 95.444 comprimés de Tramadol, Diazépam, Amphétamine, Rivotril, Éphédrine.
Cette incinération inclut aussi des Produits Pharmaceutiques contrefaits (450, 86 Kg) ; 04 sachets de Kusch ; 450 comprimés d’ecstasy ; 225 Kilogrammes de cyanure ; 04 cartons Marlboro ; 10 cartouches Liberté ; 10 kilogrammes 820 grammes ; 15 tonnes 632 kilogrammes 121 grammes ; 2.864 doses de consommation ; 1.609 doses de consommation ; 4 sacs de médicaments et autres stupéfiants.
Au patron de l’OCS de préciser que ces produits ont été saisis par les unités de l’OCS, de la Police Nationale et de la Gendarmerie Nationale sur la période courant l’année 2023 à ce jour.
Les quantités brûlées à Dio-Gare proviennent, dit-il, seulement de quatre antennes à savoir : les antennes de Bamako Rive Droite, rive Gauche, la CAAT, (Cellule Aéroportuaire Anti-Trafic) et l’antenne de Koulikoro.
Plus de 543 individus interpellés
Dans la foulée, le Directeur général de l’OCS a annoncé que 543 individus ont été interpellés sur 701 personnes mises en cause dont 201 consommateurs et 224 vendeurs.
Il a aussi ajouté que 158 présumés suspects sont activement recherchés sur les 701 personnes mises en cause.
« Parmi les interpellés, il y a 534 Maliens et 11 étrangers », a indiqué le Directeur général de l’OCS. Selon lui, la valeur marchande des produits saisis est estimée à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.
Il a aussi rappelé que cette cérémonie visait à montrer à la population que les produits dangereux saisis ne peuvent qu’être détruits à travers l’incinération.
«Ils sont incinérés pour épargner la santé de la population contre les méfaits de leur consommation », a-t-il déclaré.
Et, chaque année, des journalistes et des acteurs de la société civile, bien que n’étant pas des membres de la Commission nationale d’incinération des drogues et autres produits stupéfiants saisis, sont associés à cette cérémonie.
« Nous pensons qu’ils constituent le meilleur vecteur pour sensibiliser en vue d’un changement de comportement », a-t-il déclaré.

PAR ABDOULAYE OUATTARA

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