Depuis le mercredi dernier, les réseaux sociaux sont inondés par des images de groupes électrogènes faisant croire à l’arrivée de nouvelles machines pour l’Énergie du Mali. En réalité, cette information est une vraie manipulation visant tout simplement à distraire les Maliens. Contacté par nos soins, un responsable de l’EDM-Sa s’est dit surpris de voir sur les réseaux sociaux ces genres d’informations. Notre interlocuteur a rappelé qu’EDM-Sa a plutôt besoin de carburant pour alimenter les groupes électrogènes qu’elle possède au lieu d’investir dans de nouvelles machines pour le moment.

« Arrivée ce matin (Ndlr mercredi 10 janvier) à Bamako de nouveaux équipements de production d’électricité pour le compte de EDM, sous une forte escorte de la FORSAT », voilà la fausse information qui a été relayée par plusieurs internautes sur les réseaux sociaux. Une information qui pouvait être difficilement vraie quand on connait le principal souci de l’Énergie du Mali. En effet, il n’est de secret pour personne que la grande préoccupation de l’EDM-Sa s’appelle aujourd’hui : le carburant.
Quel intérêt EDM-Sa a aujourd’hui de se procurer de nouveaux groupes électrogènes sachant que la société n’a pas les moyens d’acheter du carburante en quantité ?
En tout cas, notre source a été catégorique à dire que l’achat de groupes n’est pas à l’ordre du jour à l’EDM-Sa.
« On achète des groupes quand on a les moyens financiers pour acheter du carburant. Aujourd’hui nous avons un problème de carburant. Comment allons-nous acheter de nouveaux groupes pour nous enfoncer davantage ? », a précisé notre source au niveau de la direction générale de l’EDM-Sa.
Pourtant cette fausse information qui a fait le tour des réseaux sociaux avait été prise comme de l’argent comptent par beaucoup de Maliens. Alors qu’il suffit d’une petite réflexion pour se rendre à l’évidence que cette information ne peut pas être vraie. Pour preuve, depuis des moins l’EDM-Sa est dans l’incapacité de fournir de l’électricité aux Maliens pour faute essentiellement de carburant. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui la société possède des groupes électrogènes et que ce sont les moyens financiers qui manquent le plus pour les faire fonctionner.
Aussi, lors de sa sortie sur les antennes de l’ORTM, madame le ministre de l’Énergie et de l’eau, Bintou CAMARA, avait beaucoup insisté sur le problème de carburant qui est à la base de l’incapacité de l’EDM-Sa de fournir de l’énergie aux Maliens de façon continuelle.
La première responsable du département de l’Énergie avait pointé du doigt le vol de carburant. Selon Mme le ministre Bintou Camara, ‘’sur quatre jours, nous avons constaté que 59 citernes ont disparu entre Balingué et les différentes centrales de Bamako. Ces carburants sont souvent revendus dans les stations en place, ou revendus moins cher à des industries. Des chauffeurs et des agents de l’EDM sont complices de ces vols de carburant’’.
Aussi, avait-elle précisé que le vol ne se limitait pas au carburant en tant que tel, et qu’il y avait également vol au niveau de la facturation de EDM.
Comme preuve, madame le ministre a affirmé : « Quand un fournisseur livre un camion de 45 000 litres, l’EDM délivre un récépissé de réception, signé par les agents d’EDM et par le chauffeur. L’EDM établit à cet effet une facture afférente à ce récépissé. Mais on a constaté qu’au lieu d’une seule, l’EDM a souvent délivré deux à trois factures liées à un même récépissé, et toutes ces factures sont payées au fournisseur ».
Toujours dans ses révélations, la ministre Bintou CAMARA a expliqué que « sur la facturation d’un seul fournisseur en l’espace de deux mois seulement, qu’il y a 1 milliard 600 de facturation supplémentaire. Sur un deuxième fournisseur, uniquement sur l’année 2022, nous avons constaté 52 factures supplémentaires pour un montant de 18 milliards surfacturés. Or, ce contrôle n’a concerné que deux fournisseurs de l’EDM qui compte plus de 800 fournisseurs auxquels il doit plus de 600 milliards, sans compter les fournisseurs étrangers dont les plus gros sont ceux de carburant et d’électricité, comme Albatros, Compagnie ivoirienne, ou la SOGEM ».
Aussi, avait-elle saisi l’occasion pour expliquer que la centrale de Sirakoro était en arrêt parce que EDM avait voulu ne pas mettre du gasoil sur cette centrale qui est en train d’être nettoyée. Selon elle, cette centrale fonctionnera avec du fuel plus rentable que le gasoil.
C’est dire que contrairement à la propagande distillée par des internautes à des fins inavouées, EDM-Sa a aujourd’hui besoin d’argent pour acheter du carburant et non pour acheter de nouveaux groupes électrogènes.

PAR MODIBO KONÉ

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