C’’est à travers un communiqué conjoint que le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont annoncé ce dimanche 28 janvier, leur «retrait sans délai» de la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). De l’avis de Moussa TEMBELY, SG du parti CDP Mali Kura, ce retrait aura sûrement des répercussions des deux côtés, mais l’espoir quant à une renaissance pour le Mali, le Burkina et le Niger se pointe à l’horizon avec de nouvelles perspectives économiques et monétaires. Une analyse que nous vous proposons ci-contre…

Cette décision qui selon la CEDEAO ne peut s’appliquer qu’au bout d’un an conformément au traité de l’organisation risque de bouleverser l’ossature actuelle de ladite organisation.
En réponse, la CEDEAO souhaite engager des négociations pour une solution inclusive et négociée dans le dessein d’éviter le pire c’est-à-dire le retrait des trois pays de l’AES.
Pour mieux cerner et comprendre la position des États de l’AES, il serait opportun de rappeler l’origine des tensions entre les protagonistes comme indiqué dans l’un de mes articles publiés le 18 décembre 2023 sur plusieurs plateformes.
Créée le 28 mai 1975, la CEDEAO regroupe quinze États. L’objectif initial adjugé à cette organisation à sa création, est de faciliter l’intégration économique et de promouvoir ainsi, l’émergence d’un marché dans son espace, s’accompagnant d’une liberté de circulation des hommes et des marchandises. Comme on peut le constater, la mission originelle de la CEDEAO, est essentiellement d’ordre économique, avec l’ambition de propulser le développement des pays membres. Mais dans sa posture actuelle, la politique au sens large du terme, a pris le dessus sur les préoccupations économiques au point de les supplanter. Aujourd’hui, on remarque que malgré la bonne foi qui a prévalu à sa création, la CEDEAO souffre de beaucoup de faiblesses dans ses prises de décision, faiblesses qui ont fini par la mettre à genoux. Elle me rappelle d’ailleurs la SDN après la première guerre mondiale. En effet, ses appréciations à géométrie variable, ses silences et ses omissions sur certains dossiers, ainsi que sa liaison avec certaines puissances, contribuent à la dégradation de son image, et sa crédibilité en souffre énormément. Ainsi, on a l’habitude de voir la CEDEAO condamner les coups d’État militaires. C’est ce qui a été constaté avec notre pays le Mali, soumis à un embargo inhumain de sept mois, après la prise du pouvoir par le Colonel Assimi GOÏTA, c’est ce qui a été fait également contre la République sœur du Niger.
Si on peut accorder à la CEDEAO un semblant de compréhension dans sa dynamique sur la prise de pouvoir autre que par des élections démocratiques, on s’explique difficilement sa prise de position en faveur de certains partenaires soucieux de défendre des intérêts autres que ceux des États membres de l’organisation.
A la lumière de ce qui précède, on peut comprendre avec aisance la posture actuelle du Mali, du Burkina et du Niger, trois pays au destin commun fragilisé par des crises politico-sécuritaires.
Nous avons pendant longtemps tiré sur la sonnette d’alarme, en attirant l’attention de la CEDEAO sur l’essentiel malheureusement sans succès. Nous pouvons donc affirmer sans ambages que si des mesures idoines avaient été prises on aurait pu éviter une telle dégringolade.
Il faut savoir que les trois pays de l’AES reprochent à la CEDEAO les manquements suivants :
– éloignement des idéaux des pères fondateurs et du panafricanisme ;
– influence de puissances étrangères ;
– menace pour ses États membres et non-assistance dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité ajouter à cela les sanctions jugées «illégales, illégitimes, inhumaines et irresponsables en violation de ses propres textes» cette séparation était prévisible.
Vu sous cet angle, nous félicitons cette décision courageuse et souverainiste prise par le Mali, le Burkina et le Niger, tout en rappelant que ses trois pays sont à l’origine de la création de la CEDEAO. Ce retrait aura sûrement des répercussions des deux côtes mais l’espoir quant à une renaissance pour le Mali, le Burkina et le Niger se pointe à l’horizon avec de nouvelles perspectives économiques et monétaires.
Nous savons que des réflexions sont déjà en cours en ce qui concerne la création d’une monnaie commune hors Francs CFA, nous incitons les autorités ainsi que les spécialistes à se pencher sur la question afin d’amortir rapidement le choc que pourrait engendrer ce retrait justifié de la CEDEAO.
En ce qui concerne la libre circulation des personnes, des accords bilatéraux entre États pourraient intervenir après la rupture pour pallier cette inquiétude majeure des ressortissants de nos différents pays. Nous sommes certes enclavés mais nous avons des potentialités énormes qui peuvent servir de tremplin pour des échanges économiques entre notre espace et les autres.
Tout en réitérant nos félicitations à l’endroit des dirigeants de l’AES pour cette décision courageuse et digne, nous appelons les populations à la sérénité car l’heure n’est pas à la division mais plutôt à l’union sacrée autour de nos autorités pour surmonter cette épreuve qui déterminera l’avenir de notre espace.
Pour conclure nous rappelons cette citation du célèbre penseur Karl Marx « L’humanité ne se pose jamais que les problèmes qu’elle peut résoudre. Le problème ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà. »
Vive l’AES ! Vive le Mali !

MOUSSA TEMBELY, SECRETAIRE GENERAL DU CONGRES POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES (CDP MALI KURA).

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