La montée en puissance de l’Armée Nationale soutenue par le peuple suscite admiration et respect. Ventre mou du Sahel sous les présidents « démocratiquement élus », le Mali est désormais le noyau dur s’opposant aux pratiques néocoloniales, et un modèle d’émancipation pour les nations africaines. La farouche détermination affichée sur la voie de la souveraineté est un gage de réussite, même si par moments certains politiciens délurés rament à contre-courant, à la poursuite d’illusions perdues. Aujourd’hui, le soutien inconditionnel à Assimi Goïta et son équipe est à la dimension des fortes attentes du peuple malien.

LA RÉSURRECTION APRÈS LA DESCENTE AUX ENFERS
Le président Modibo Kéita, dont on s’accorde à reconnaître le patriotisme, le panafricanisme et le sens moral élevé, avait une vision claire du destin du Mali et il avait opéré des choix politiques, économiques et sociaux à la dimension de cette vision. Le pays qui venait de sortir de l’épreuve terrible de l’éclatement de la Fédération avec le Sénégal, se trouvait déjà dans le collimateur de la France néocoloniale. La création du franc malien en 1961 va lui réserver le même sort qu’à la Guinée de Sékou Touré, c’est-à-dire l’isolement et l’asphyxie. Malheureusement pour le régime socialiste, les exactions de la Milice Populaire dont les pouvoirs ne semblaient connaître aucune limite, avaient fini par doucher l’ardeur militante des populations et susciter des mécontentements au sein de l’armée. Arriva donc le 19 novembre 1968, et le coup d’état militaire conduit par le Lieutenant Moussa Traoré. La Milice a dû capituler, alors que les populations célébraient ce qu’elles considéraient comme une nouvelle ère de liberté. Cependant, le Comité Militaire de Libération Nationale (CMLN) va vite se transformer en panier de crabes, avec des tensions larvées entre faucons et colombes. Si la guerre avec la Haute-Volta en 1975 est venue souder un temps la nation autour de son armée, des purges au sein du CMLN conduiront à neutraliser au mois de février 1978 l’aile dure représentée par ceux qu’on a appelés la « Bande des Quatre ». Débarrassé des têtes fortes Kissima Doukara et Tiécoro Bagayoko, Moussa Traoré reste seul maître à la barre mais fragilisé parce que désormais exposé. Avec son parti UDPM, il fera les frais du vent de la Baule et le régime tombe le 26 mars 1991 sous les coups de boutoir d’une nébuleuse appelée « mouvement démocratique », dont chacune des composantes va revendiquer la paternité de la chute de Moussa. Plus de trente ans après, quel héritage les présidents élus et les partis laissent-ils, en dehors de la grande corruption, des mendiants à tous les coins de rue et de la dépravation des mœurs ? Grâce à une gouvernance de rupture, l’arbre Mali est en train de refleurir.

ENFIN UN LEADERSHIP TRANSFORMATIONNEL
La transition politique entamée avec Bah N’Daw après la chute d’IBK va connaître un coup d’arrêt sous forme de rectification, qui permet à Assimi GOITA, alors Vice-Président, de reprendre les commandes pour préserver l’unité au sein de l’armée et sortir du giron français. Choguel Kokalla MAIGA, le Premier Ministre qu’il choisit, va se révéler l’homme idéal pour contrer la vieille garde politique et conduire la refondation du pays. On assiste alors à des faits que peu de gens croyaient possibles, tant le pays avait été plongé au fond du gouffre par des politiciens irresponsables et peu soucieux de l’intérêt général. Au plan diplomatique, le ton est donné à la tribune des Nations Unies lorsque Choguel y dénonce la roublardise de la France. À la grande satisfaction des maliens, des ministres prendront le relais pour répondre à toutes les attaques pernicieuses contre le pays. L’Ambassadeur de France, véritable manitou de nos roitelets est renvoyé sans ménagement avec les médias français de propagande. Des politiciens aux ordres ont commencé à bafouiller, au bord de l’apoplexie ! Au plan militaire, la coopération avec la Russie fait des miracles et l’armée équipée, motivée, reprend le terrain et le contrôle. Au plan économique, la lutte contre la corruption est lancée et de gros poissons se retrouvent dans la nasse. Au plan politique et institutionnel, les réformes sont couronnées par l’adoption d’une nouvelle constitution en juin 2022. La cerise sur le gâteau sera la reprise de Kidal, symbole depuis 2013 de l’humiliation nationale, face à l’arrogance de bandits de tout acabit soutenus par les forces du mal qui entendaient faire main basse sur les faramineuses ressources du sous-sol de la zone. Le coup de grâce sera asséné avec la sortie du Mali de la CEDEAO et la signature de la Charte du Liptako-Gourma, créant l’Alliance des Etats du Sahel (AES) entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Et lorsque la CEDEAO menace d’attaquer le Niger, la solidarité joue à fond au sein de l’AES, contraignant l’organisation et ses grands donneurs d’ordre à capituler, en perdant définitivement la face. Ainsi, le Mali est redevenu une puissance militaire qui impose le respect.
Tirant les leçons du passé, les jeunes maliens ont refusé de céder aux formules incantatoires de politiciens sclérosés et sans envergure dont ils connaissent bien le mode opératoire pour déstabiliser un régime. La suspension de leurs activités à la veille du lancement du Dialogue Inter-Malien permet en réalité de baliser le champ pour retracer le destin du peuple face aux appétits gloutons des prédateurs intérieurs et extérieurs. C’est le chant du cygne annonçant une retraite sans gloire pour les opportunistes et autres auto-stoppeurs qui écument la scène politique depuis des décennies.
Mahamadou Camara

Email : mahacam55mc@gmail.com

 

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