La Mauritanie et le Tchad ont ouvert, ce mercredi 6 décembre 2023, la voie à une dissolution de l’alliance G5 Sahel créée en 2014 pour faire face au terrorisme et aux autres défis de la sous-région. Cette décision intervient après le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger. La Mauritanie et le Tchad «prennent acte et respectent la décision souveraine» de retrait du Burkina Faso et du Niger après l’annonce antérieure de celui du Mali, disent les deux pays. A part, la dissolution du G5 Sahel, ces deux Etats n’ont pas d’autres alternatives fiables pour réussir la mission sans les 3 autres pays membres du même espace en proie à l’insécurité. En clair, ils annoncent la fin du G5 Sahel sans des résultats très probants contre le terrorisme.

Le président mauritanien, Mohammed Ould Ghazouani, et le président de la Transition au Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, ont exprimé, hier mercredi, leur intention de mettre « en œuvre toutes les mesures nécessaires conformément aux dispositions de la Convention Portant Création du G5 Sahel notamment en son article 20 » portant sur la dissolution de l’organisation.
Les deux chefs d’Etat s’exprimaient dans un communiqué conjoint émis mercredi par l’Agence mauritanienne d’information (Ami, officielle) du même pays.
« Les Gouvernements de la République Islamique de Mauritanie, pays assurant la Présidence en exercice du G5-Sahel et de la République du Tchad, membre de cette organisation (…), mettront en œuvre toutes les mesures nécessaires conformément aux dispositions de la Convention Portant Création du G5 Sahel notamment en son article 20 », peut-on lire dans le communiqué.
Ledit article 20 dispose : « Le G5 Sahel peut être dissout à la demande d’au moins trois Etats membres. La conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement prononce la dissolution à la majorité des Etats membres et arrête les modalités de dévolution des biens de l’organisation ».
Cette situation était prévisible avec la décision des trois membres sur cinq du G5 Sahel de quitter l’alliance contre le terrorisme. En clair,l’organisation militaire ne compte, à ce jour, plus officiellement que deux États membres (la Mauritanie et le Tchad) isolés avec le retrait en cascade des autres membres.
Resultat : le G5 Sahel s’est vidé au profit de l’Alliance des Etats du Sahel dont les membres sont déterminés à se passer de la politique néocolonialiste de la France voulant dicter des conduites à ses anciennes colonies.
Ces départs n’offrent pas d’autres alternatives à la république islamique de la Mauritanie et au Tchad que de procéder au processus de la dissolution du G5 Sahel qui, depuis sa création, n’a pu être pleinement opérationnel à cause notamment des difficultés financières, malgré les plaidoyers des dirigéants membres de l’organisation.
Le G5 Sahel avait pour mission de réunir les moyens des pays membres pour faire du Sahel un espace de sécurité et de développement.
Les trois pays ayant quitté le G5 Sahel ont déjà formé une autre organisation: l’Alliance des États du Sahel (AES), le 16 septembre dernier

Par Abdoulaye OUATTARA

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