Lors de sa soixante-cinquième Session ordinaire tenue le 7 juillet 2024 à Abuja(Nigéria) ; la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté́ Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a validé les propositions d’activation de la force régionale fort de 5000 hommes contre le terrorisme. 

Selon le communiqué final de cette session, la Conférence entend à travers cette décision réaffirmée son engagement à éradiquer le terrorisme et les autres menaces pesant sur la paix, la sécurité́ et la stabilité́ de la région.

Elle note ainsi que le terrorisme, l’extrémisme violent, la criminalité transnationale organisée, les changements anticonstitutionnels de gouvernement, la désinformation, qui sèment la méfiance et compromettent les valeurs et les normes régionales, continuent de poser des défis à la sécurité et à la stabilité de la région.

C’est ainsi que la conférence affiche sa préoccupation face au spectre des guerres par procuration dans la région, résultant de la concurrence géopolitique et géostratégique renouvelée qui y prévaut.

À cet égard, l’activation de ce commando commencera par une brigade de 1 650 hommes qui pourrait être progressivement renforcée dans un délai précis.

Ainsi, la conférence charge le président de la commission de faciliter de nouvelles consultations sur les modalités et les options de mobilisation des ressources financières et matérielles internes sur une base obligatoire pour soutenir l’activation de la force régionale de lutte contre le terrorisme, y compris la convocation d’une réunion technique des ministères compétents.

Elle a également chargé le président de la commission d’explorer d’autres possibilités de mobilisation de ressources avec la Commission de l’Union africaine, notamment dans le cadre de la résolution 2917 du Conseil de Sécurité́ des Nations Unies du 21 décembre 2023, et des résultats du Groupe de Haut Niveau sur la sécurité́ et le développement au Sahel conjointement facilité par l’Union africaine, l’organisation des Nations unies et la CEDEAO.

Il était aussi question du renforcement des synergies et la collaboration avec les initiatives sous régionales, notamment les groupes de travail conjoints multinationaux de l’initiative d’Accra et du bassin du lac Tchad.

S’agissant d’autres menaces pesant sur la sécurité et la stabilité de la région, notamment la sécurité maritime, la Commission de la CEDEAO a été chargée d’élaborer un cadre régional renforcé pour lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) et d’entamer des discussions avec des partenaires extérieurs pour lutter contre la pêche INN et le déversement de déchets toxiques qui y est associé dans le domaine maritime de la région.

Cette session se tient dans un contexte d’insécurité qui n’implique pas seulement les pays du Sahel, mais bien d’autres pays d’Afrique tels que la Somalie.

Le Nigéria où se tient ladite réunion est l’exemple parfait des pays touchés par le terrorisme, avec de dizaines de milliers de personnes tués dans les violences de masse organisées par Boko-Haram, présent dans le pays depuis le début des années 2000.

Ainsi, l’Afrique étant confronté depuis des années au terrorisme bénéficiera, et pour la première fois, d’une telle mobilisation pour éradiquer le fléau dans la région.

S’exprimant lors de l’ouverture de la 65e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la capitale nigériane Abuja, M. Tinubu, réélu à l’unanimité dimanche président du bloc économique, a souligné l’utilité d’une force en attente, et demandé aux Etats membres de s’engager davantage pour fournir les ressources nécessaires à la sécurité de la région.

Selon le président de la CEDEAO, «le Plan d’action régional contre le terrorisme a renforcé la coopération en matière de formation, de partage de renseignements et d’interventions humanitaires.

Pour ce projet, si la CEDEAO s’engage à mettre en place une force spéciale contenant des milliers d’hommes ; l’on doit se questionner si elle procède les ressources nécessaires pour sa mise en œuvre.

Si oui, pourquoi attendre qu’il y ait autant de victimes dans la région avant de songer à un tel projet pour éradiquer le terrorisme ?

PAR AMINA SISSOKO

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