L’Association des professionnels des banques et établissements financiers (APBEF) en collaboration avec le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) a tenu, ce jeudi 9 novembre, une journée de sensibilisation sur les obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).
La cérémonie d’ouverture de cette journée d’échange a été présidée par la présidente de l’APBEF, Mme SIDIBE Aïssata KONE ; en présence du patron des patrons (Conseil national du patronat du Mali), Mossadeck BALLY et la représentante de la cellule nationale de traitement des informations financières au Mali (CENTIF), Mme COULIBALY Fatoumata HACKO.

Y ont également pris part des banquiers, des opérateurs économiques ainsi que les responsables techniques de la CENTIF pour discuter de l’épineuse question du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme (LBC/FT), alors que le pays est engagé en guerre contre les terroristes depuis plus d’une décennie et fait face à la corruption. Ces deux pratiques néfastes affectent gravement la situation économique du pays.
Contre ces fléaux, il est essentiel pour les opérateurs économiques de s’approprier des obligations de la LBC/FT, d’adopter des bonnes pratiques, de mettre en place des mesures de prévention, de détection, et de signalement des activités suspectes, a indiqué le président Mossadeck BALLY, dans ses mots de bienvenue.
« Ce sujet est d’une haute importance qui touche à la sécurité nationale, à la stabilité financière et à la protection de nos entreprises », a souligné M. BALLY, relevant que les activités de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme dans un pays peuvent avoir des répercussions négatives graves au-delà de ses frontières, voire au niveau mondial.
« Le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme sont des délits financiers qui ont des effets économiques. Ils peuvent menacer la stabilité du secteur financier d’un pays, ou, de manière plus générale, sa stabilité extérieure », a-t-il déclaré.
Ainsi, selon lui, les mesures de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme constituent donc non seulement un impératif moral, mais une nécessité économique.
Se fondant sur un rapport de la Banque Africaine de Développement (en 2015), il a relevé l’ampleur de la corruption qui fait perdre 148 milliards de dollars à l’Afrique, sans rentrer dans les détails des pays en développement.
Également, des publications des journalistes d’investigation ont révélé aussi l’ampleur de la fortune privée détenue par des Africains dans des comptes bancaires offshore.
« En 2015, par exemple, une enquête a abouti à la diffusion de données détaillées sur près de 5 000 particuliers de 41 pays africains détenant un total cumulé d’environ 6,5 milliards de dollars d’actifs », a-t-il ajouté.
Pour la présidente de l’APBEF, la conformité en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme est un enjeu majeur pour le secteur financier et l’économie dans son ensemble.
Elle a indiqué que celle-ci avait garanti la transparence, renforcé la crédibilité des institutions financières et contribué à la prévention des pratiques illégales qui peuvent nuire à notre stabilité économique.
Après avoir évoqué la signature des textes afférant à cette lutte, elle a affirmé que les organisations, les entreprises et les affaires dans notre pays doivent se conformer aux lois.
A cet effet, il devient judicieux et responsable, a-t-elle souligné, pour les acteurs de s’imprégner et de maîtriser les contours de cette matière. Toute chose, a-t-elle fait savoir, qui permettra de protéger durablement les affaires, les entreprises, les organisations et notre pays contre d’éventuelles sanctions pénales et financières, et pour éviter tout risque de réputation.
« L’APBEF est déterminé à collaborer étroitement avec vous, le patronat, pour faciliter la mise en place des procédures de conformité efficaces au sein de vos entreprises », a déclaré Mme SIDIBE Aïssata KONE.

PAR SIKOU BAH

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