Depuis l’époque coloniale, la France a, par le biais de ses services, inspecté le sol et le sous-sol de ses colonies. Ainsi, le Sahel a été cartographié et catalogué, puis classé et classifié sur des cartes. Ainsi, la carte des trois frontières fait partie de ces parties enviées par la France. Appelée Liptako Gourma par les États membres de l’Alliance des Etats du Sahel, cette zone est une terre bénie. Le sous-sol est riche, le sous-sol regorge de ressources exceptionnelles.

Après les indépendances, la France a tout fait pour s’y installer. La crise sécuritaire lui en a donné l’occasion. Ainsi, à coups d’armées à travers Serval puis Barkhane, Takouba et G5 Sahel, elle s’est incrustée en terre africaine.

LE DÉPART IMPRÉVU ET PRÉCIPITÉ DE LA FRANCE

Après le coup d’Etat au Mali et l’arrivée du colonel Assimi Goita, les espoirs ont été douchés avec la demande de départ de Barkhane et de la MINUSMA, chevaux de Troie de la France néocoloniale.

C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la réaction du Général Lecointre. Cette réplique n’est que la voix de son maître. Il faut rappeler que la diplomatie est la chasse gardée de l’Elysée et que les forces armées sont le bras armé de la France.

Il est donc compréhensible d’entendre l’ancien chef d’état-major français s’extasier sur l’avenir du Sahel. La France va tenter au cours des prochaines années de se remettre en selle au Sahel.

Après la déculottée reçue à Bamako, ce furent les départs précipités du Burkina Faso et du Niger, deux pays membres de l’Alliance des États du Sahel. C’est dans cette situation de retrait précipité qu’il faut situer l’interview du Général Lecointre. C’est un capitaine de bateau ivre qu’il faut comprendre. La théorie du nécessaire retour de la France au Sahel. Il radote, ergote et appelle à l’impérieuse nécessité géopolitique qui prévoit le retour impératif de la France au Sahel. C’est une nécessité vitale pour la survie de la France.

RETOUR IMPOSSIBLE POUR LA FRANCE

Si les théoriciens de la thése du retour de la France s’excitent en ce moment, la réponse des États de l’Alliance des États du Sahel est catégorique. Au regard de la rupture opérée par ces États soucieux de la refondation engagée, cette utopie mérite d’être rangée au musée des accessoires de l’histoire coloniale ou néocoloniale. Les trois États du Sahel ont engagé un processus irréversible de la gestion de leurs territoires. Ainsi, au plan politique, l’AES envisage une fusion de leur diplomatie, un engagement commun de lutte contre le terrorisme et surtout la mise en commun de leurs économies. Le Liptako Gourma est un exemple de cette mise en commun de leurs économies et de leur subsidiarité. Les immenses ressources du sol et l’immense potentiel du sous-sol feront l’objet d’attention. Les nouveaux partenaires que sont la Russie, la Chine, l’Iran, la Turquie et bien d’autres pays émergents sont les bienvenus. La place faite à la Russie au plan sécuritaire procède de cette volonté de couper le nœud gordien avec la France.

ADIEU LA FRANCE ET BIENVENUE AUX NOUVEAUX PARTENAIRES

Le Général Lecointre et ses maîtres peuvent pleurer de toutes les larmes de leur corps, rien, rien, absolument rien ne sera accordé ni à la France, ni à l’Occident impérialiste. Le récent renvoi du contingent du Niger en est la manifestation la plus cinglante. Adieu à jamais à la France néocoloniale et bienvenue aux nouveaux partenaires pour un partenariat gagnant-gagnant.

Tientigui DIARRA

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