Les travaux de la 5e édition de la Semaine nationale de la réconciliation (SENARE) ont officiellement démarré ce mardi, au cours d’une cérémonie solennelle de lancement présidée par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga.
L’événement s’est déroulé en présence du ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général de corps d’armée Ismaël WAGUE, de plusieurs membres du gouvernement, de représentants du corps diplomatique, ainsi que de hautes personnalités et de leaders religieux et traditionnels.
Placée sous le thème « Éducation, culture et réconciliation : bâtir une citoyenneté résiliente pour une paix durable au sein de l’AES et de la sous-région », cette édition 2026 entend marquer un tournant stratégique dans l’enracinement du vivre-ensemble et de la cohésion sociale au Mali et dans l’espace sahélien.
Dans un discours à forte portée symbolique et politique, le chef du gouvernement a rappelé la nécessité d’une introspection collective face aux défis majeurs auxquels la Nation est confrontée.
« Il est des moments où une Nation doit s’arrêter un instant, non pas pour regarder derrière elle avec regret, mais pour regarder devant elle avec responsabilité. Lorsqu’une Nation traverse des épreuves, elle ne peut se contenter de panser ses blessures : elle doit en tirer les leçons, restaurer la confiance, renforcer les liens et transmettre aux générations futures les raisons de croire encore en l’unité et en la communauté de destin », a déclaré le Général Abdoulaye MAÏGA, Premier ministre.
Poursuivant son intervention, le Premier ministre a martelé qu’aucune nation ne peut être durablement forte dans la division, ajoutant qu’aucune paix ne saurait s’établir sans confiance, dialogue et volonté partagée de vivre ensemble.
Développant les sous-axes du thème central, le Général MAÏGA a salué la décision du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, de consacrer la période 2026-2027 à l’éducation et à la culture.
Selon lui, cette orientation offre l’occasion de réinterroger en profondeur les priorités nationales.
L’éducation forme les esprits et donne à chacun les moyens de construire son avenir, tandis que la culture rappelle les racines communes et constitue un trait d’union intergénérationnel indispensable.
La réconciliation, quant à elle, enseigne le dépassement des blessures et le respect des différences.
Tout au long de cette semaine, plusieurs initiatives concrètes seront déployées sur l’ensemble du territoire : des dialogues citoyens et des débats communautaires ; des activités culturelles et des manifestations sportives ; des initiatives éducatives et des projets portés par les jeunes ; des actions de solidarité en faveur des populations vulnérables.
L’un des faits marquants du discours d’ouverture réside dans l’extension du concept de réconciliation à l’échelle régionale, spécifiquement au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).
Le Premier ministre a insisté sur le fait que l’espace sahélien partage non seulement une histoire et des valeurs, mais aussi des défis complexes exigeant une réponse concertée.
« Notre réponse doit être collective, coordonnée et fondée sur une approche intégrée », a affirmé Abdoulaye MAÏGA, invitant à bâtir un avenir commun fondé sur la souveraineté et la solidarité des peuples du Sahel.
Par Abdoulaye OUATTARA