Celui qui pense avoir la classe politique malienne à l’usure doit repasser. Eh oui, « les politiques » ont remis ça encore dimanche dernier à travers un communiqué collectif lu devant le siège de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti Africain pour la Solidarité et la Justice (ADEMA-PASJ).

Plus d’une centaine de représentants et responsables des groupements et associations politiques s’étaient donnés rendez-vous à Bamako-coura-Bolibana pour, disent-ils, ameuter l’opinion nationale et internationale sur ce qu’ils considèrent comme une confiscation du pouvoir par la junte malienne. Selon eux, la transition est forclose depuis le 26 mars 2024, date qui clôt la toute dernière prorogation de 24 mois décidés par les autorités de la transition.

Les griefs soulevés par les responsables des partis politiques ont un seul et unique dénominateur commun : la tenue des élections présidentielles devant mettre fin à la transition malienne et le retour définitif à l’ordre constitutionnel normal. Cette énième sortie de la classe politique sur la vie de la nation se démarque des précédentes à plus d’un égard.

Premièrement la forme. Le choix porté sur le lieu de la rencontre (le siège de l’ADEMA-PASJ) est loin d’être fortuit. Critiqué le plus souvent par ses détracteurs, l’ADEMA-PASJ a toujours été traité, à tort ou à raison, de « Parti wagon » pour ses rapprochements avec les différents régimes qui se sont succédés à la tête de l’Etat. Des Présidents Alpha Oumar Konaré à Ibrahim Boubacar Keita, en passant par Amadou Toumani Touré, l’ADEMA-PASJ a toujours su s’inviter à la « mangeoire » (sic).

Comment le fait-elle ? Allez-y savoir. Cette fois-ci les responsables politiques pensent bénéficier de son expertise pour, à défaut de faire sauter le régime en place, parvenir au moins à s’attirer son attention. Qu’on le veuille ou pas l’ADEMA-PASJ est la plus grande formation politique à Dougouba. Son image est vendable et retient l’attention aussi bien des autorités que de la population lambda.

Deuxièmement, cette sortie des partis politiques pèche par son contenu. L’absence notoire des préoccupations de Dougouba dans le communiqué redresserait les cheveux d’un chauve. Aucune mention faite à la vie chère, les coupures d’électricités, l’insécurité et/ou les succès de nos FAMA sur les champs de bataille. Rien de tout cela. Certes, les réseaux sociaux n’ont aucunement valeur de cabinet de sondage. Mais les réactions virulentes émises çà et là, peuvent servir de baromètre déterminant le degré d’amour entre le bas peuple et les partis politiques.

Cet état d’âme d’opinion publique est compréhensible quand on sait que l’élection tant réclamée par la classe politique est loin d’être une panacée au sein des mêmes formations politiques où le Président-Fondateur se croit éligible à vie à la tête du parti. Balayez d’abord devant votre maison avant de voir les tas d’ordures chez autrui ! A la décharge de l’ADEMA-PASJ, seule formation politique à avoir réussi l’alternance jusqu’ici, l’on a assisté à des remue-ménages dans certains QG et qui ont conduit même à l’éclatement du parti.

Quelle image renvoient-elles ces formations politiques lorsque pour des questions d’intérêt personnel, le bas peuple assiste à des guerres de clan ? D’après un ami : « depuis quand l’on se bat ici pour souffrir pour le pays ? ». Ce dédain est à la dimension des maux qui ont pour noms corruption, mauvaise gouvernance, népotisme, clientélisme que l’on reproche à tort ou à raison aux hommes politiques maliens.

Troisièmement, le Révolté d’un jour, salue par contre le courage et la constance de la classe politique très prompte à se redresser chaque fois que l’occasion se présente. La dernière en date est d’autant opportune qu’il urge d’alerter les autorités de la transition sur le chemin de vide juridique qui risque de mettre à l’eau tous les efforts consentis jusqu’ici aussi bien par ces mêmes autorités que par les peuples de Dougouba de par sa résilience.

Assimi ne peut plus jouir de l’amour béat dont il fait l’objet. Le temps est le pire ennemi d’une transition. Celle de Dougouba s’essouffle à vue d’œil. Au-delà de donner raison à la classe politique, la tenue des élections générales semble être l’issue par où viendra le « Salut » de Dougouba. Un conseil pour « Asso » ? Qu’il s’assume en démissionnant pour se porter candidat et faire « le Bassirou Diomaye Faye » à la malienne. Si, disons-le bien, si les sondages étaient des pièces à conviction, ce scénario serait sans équivoque. Alors essayons voir…. En tout cas rien ne nous en interdit.

A mercredi prochain, In Sha Allah

Lassine M’Boua DIARRA, Révolté d’un jour

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