Le Mémorial Modibo KEITA abrite, du 20 au 23 mars, une formation des acteurs des interprofessions agricoles en autofinancement. Initiée par l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCAM) en partenariat avec le Projet d’appui à la compétitivité de l’Afrique de l’Ouest (PACAO-Mali), cette formation regroupe des acteurs des interprofessions mangue, Karité et bétail/viande. La cérémonie d’ouverture était présidée, hier mercredi 20 mars 2024, par Tiémoko Lanfia TOURÉ de la Direction nationale de l’Agriculture ; en présence de certains responsables du PACAO-Mali et des acteurs des interprofessions venus de Koulikoro, Sikasso, Bougouni, Yanfolila, Bamako, Dioila, Siby, Kayes… La formation est assurée par Seydou KEITA.

L’objectif de cette formation est de permettre aux organisations interprofessionnelles agricoles de mettre en place des mécanismes d’autofinancement de leurs activités. Aussi, il s’agit de renforcer les connaissances des interprofessions agricoles sur les stratégies d’autofinancement ; d’identifier les sources innovantes d’autofinancement des organisations interprofessionnelles agricoles ; d’appuyer les organisations interprofessionnelles agricoles dans l’élaboration de l’esquisse de leur mécanisme d’autofinancement.

Dans ses mots d’ouverture, le représentant du ministère de l’Agriculture, Tiémoko Lanfia TOURE, a affirmé que le PACAO-Mali est là pour renforcer les capacités des filières agricoles pour les permettre d’avoir des financements auprès de l’Etat et des partenaires techniques et financiers.

Il a expliqué que les problèmes de financement, de gouvernance et d’organisation étaient communs à toutes les filières agricoles.

Selon M. TOURÉ, cette formation a été initiée pour permettre aux acteurs de se rassembler en vue d’avoir des financements.

Compte tenu de l’intérêt de la formation, Tiémoko Lanfia TOURÉ a appelé les acteurs à y participer avec intérêt pour en tirer le meilleur profit et par ricochet servir l’Etat.

Il s’est dit convaincu que le développement du secteur agricole dépend de la promotion des filières agricoles. Une condition pour aboutir à l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle.

En effet, l’économie du Mali est basée essentiellement sur l’Agriculture et l’Elevage contribuant à l’emploi pour près de 80 % de la population malienne. La part du secteur primaire dans l’économie atteint 37% tandis que celle du secteur secondaire est à 21% (Source : PNISA 2021-2025 / CPS – SDR).

Le Mali possède des avantages comparatifs par rapport à certains produits dont l’or, le coton, le bétail, la mangue et le karité. L’or occupe le premier rang dans les produits d’exportation du pays. Le Mali est membre de plusieurs organisations sous régionale, régionale et internationale à et ces ensembles constituent des opportunités d’intégration économique régionale et d’insertion du Mali dans le système commercial multilatéral.

Le Mali dispose d’atouts naturels suffisants pour se doter d’une industrie diversifiée et performante. Cependant, il importe encore en trop grande quantité des biens de consommation qui pourraient être produits localement.

Dans plusieurs cas, la production, la transformation et la valorisation ne peuvent être étendues, faute d’infrastructures industrielles adaptées. Ainsi, chaque année, les zones de forte production enregistrent d’énormes pertes post récoltes.

Vu les grandes potentialités de l’Agriculture malienne, les filières sont susceptibles de générer beaucoup de ressources. Elles ont, pour ce faire, besoin d’un accompagnement spécifique pour leur épanouissement durable. Le Mali compte environ une quinzaine de filières porteuses. La plupart d’elles sont en cours de mutation vers des organisations interprofessionnelles (OIP). La plus ancienne interprofession au Mali est celle de la filière coton. Sa création et son organisation ont fait l’objet d’un financement conséquent. Une cellule de restructuration a été créée et financée par le gouvernement malien et ses partenaires pour accompagner la filière. A l’image de la filière coton, toutes les OIP ont besoin d’un appui conséquent tant sur le plan organisationnel que sur la gestion. La Loi d’Orientation Agricole stipule dans son article 33 que Les Chambres d’Agriculture appuient l’émergence d’organisations professionnelles Agricoles, d’organisations de femmes rurales et / ou de jeunes ruraux ainsi que la création d’organisations interprofessionnelles, article 121 que l’état appuie les programmes de renforcement des capacités des organisations professionnelles Agricoles et des organisations interprofessionnelles des filières par la formation, l’appui à l’organisation et à la structuration ainsi qu’aux rencontres et échanges sous régionaux et internationaux.

Par Modibo KONE

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