Le Conseil des Sages de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), organe de médiation, a demandé aux pouvoirs du Burkina Faso, du Mali et du Niger de « reconsidérer » leur sortie de l’organisation régionale. Les Sages ont également conseillé l’Organisation sous régionale de « prendre des mesures urgentes pour éviter que la région ne devienne une arène de conflits géostratégiques ».

Les sages de la CEDEAO ont tenu du 29 au 30 avril une retraite sur le thème : « Bénéficier de l’existence du Conseil des sages pour répondre aux défis actuels en matière de gouvernance, de paix et de sécurité dans la région de la CEDEAO ».

Le Conseil des Sages a été créé par la CEDEAO en 2005 pour être un instrument important pour la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique de l’Ouest. Il est composé d’éminentes personnalités des États membres qui sont chargées de la diplomatie préventive et de l’appui de la médiation au sein de la communauté.

« Nous exprimons des inquiétudes face à la déclaration faite par le Burkina Faso, le Mali et le Niger de leur intention de se retirer de la Communauté » , a écrit le président du Conseil des Sages et ancien chef d’Etat du Nigeria, Goodluck Jonathan, dans un communiqué publié mercredi sur X ( anciennement appelé Twitter).

« Nous invitons les trois Etats membres de la Cedeao à reconsidérer leur position dans l’intérêt de l’unité de la Communauté » , a-t-il dit, à l’issue d’une réunion de deux jours du Conseil des Sages tenue à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Le Burkina, le Mali et le Niger, tous en transition politique, avaient annoncé en janvier dernier leur sortie « sans délai » de la Cedeao en l’accusant d’être un instrument entre les mains des puissances étrangères et pour s’être s’égarée de ses valeurs et principes.

Avant le conseil des Sages, de nombreuses organisations ont également appelé ces trois pays désormais réunis au sein de l’Alliance des Etats du Sahel, créée en septembre 2023, de revoir leur position en vue d’éviter une fragilisation de la communauté, la plus intégrée en Afrique.

En février, la CEDEAO avait appelé à la «réconciliation» avec le Burkina, le Mali et le Niger, les exhortant à rester dans le bloc régional.

Le Conseil des Sages évoque également « les ingérences géopolitiques croissantes dans la région et la vulnérabilité des Etats membres », demandant à la Commission de la Cedeao de « prendre des mesures urgentes pour éviter que la région ne devienne une arène de conflits géostratégiques ».

PAR SIKOU BAH

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