Comme il fallait s’y attendre, le Burkina Faso et le Niger ont claqué la porte du G5 Sahel signant ainsi l’arrêt de mort de cette organisation qui a été dévoyée de son objectif primordial par les manœuvres de certains pays occidentaux. Le G5 Sahel était déjà en agonie depuis le retrait du Mali en 2022 et vient de mourir de sa belle mort après le retrait du Burkina Faso et du Niger. Ces deux pays sont engagés avec le Mali dans une nouvelle Alliance plus ambitieuse et plus porteuse d’avenir que le G5 téléguidé par des puissances extérieures, notamment la France. Donc avec ce retrait du Burkina Faso et du Niger, le G5 Sahel est désormais une coquille vide.

Les gouvernements de transition du Burkina Faso et du Niger ont annoncé, le samedi dernier, dans un communiqué conjoint leur retrait du G5 Sahel, une organisation créée en 2014 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et qui regroupait la Mauritanie, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad.
«Les Gouvernements de Transition du Burkina Faso et de la République du Niger, après un examen approfondi du G5 Sahel et du fonctionnement de cette organisation, ont décidé en toute souveraineté du retrait du Burkina Faso et du Niger de l’ensemble des instances et organes du G5 Sahel y compris la Force conjointe à compter du 29 novembre 2023», ont écrit dans un communiqué conjoint les porte-paroles des deux gouvernements.
Face à l’insécurité dans le Sahel, les cinq Etats avaient créé le 19 décembre 2014, le G5 Sahel avec pour objectif de mutualiser les capacités et les moyens pour faire du Sahel un espace de sécurité et de développement.
«Cependant, force est de constater qu’après près de 9 ans d’existence, l’organisation peine à atteindre ses objectifs», ont fait savoir les porte-paroles du gouvernement burkinabè Jean-Emmanuel Ouédraogo et du Niger Abdourahamane Amadou.
Ils ont ajouté que les ambitions légitimes des Etats, à faire de l’espace du G5 Sahel une zone de sécurité et de développement sont contrariées par des «lourdeurs institutionnelles, des pesanteurs d’un autre âge qui achèvent de nous convaincre que la voie de l’indépendance et de la dignité sur laquelle nous sommes aujourd’hui engagés, est contraire à la participation au G5 Sahel dans sa forme actuelle».
«Dans l’entendement commun de nos deux Etats, le G5 Sahel ne saurait servir les intérêts étrangers au détriment de ceux des peuples du Sahel, encore moins accepter le diktat de quelque puissance que ce soit au nom d’un partenariat dévoyé infantilisant qui nie le droit à la souveraineté de nos peuples et de nos Etats», ont-ils expliqué.
Les porte-paroles des deux gouvernements ont fait savoir que c’est donc en toute lucidité que le Burkina Faso et la République du Niger ont pris la responsabilité «historique» de se retirer de cette organisation.
«Le Burkina Faso et le Niger maintiendront leur dynamique de coopération notamment au sein de l’Alliance des Etats du Sahel, pour faire de notre espace sahélien, un espace de souveraineté assumée pour la reconquête de nos territoires et la restauration de la paix et de la sécurité gage d’un développement partagé pour les peuples du Sahel», note enfin le communiqué.
En rappel, le 15 mai 2022, le gouvernement de transition de notre pays avait décidé de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la Force conjointe, protestant contre le refus qui lui est opposé d’assurer la présidence de cette organisation régionale formée avec la Mauritanie, le Tchad, le Burkina et le Niger.
De même, le Mali s’est retiré du groupe en invoquant une «perte d’autonomie» et «une instrumentalisation» au sein de cette organisation régionale qu’il avait formée avec la Mauritanie, le Tchad, le Burkina et le Niger.
Depuis le lancement de ses activités, la Force conjointe du G5 Sahel n’a pas pu être pleinement opérationnelle à cause de problème d’argent. En effet, une bonne partie de la promesse des bailleurs n’a pas été honorée. Mais aussi, le plaidoyer des dirigeants des Etats membres du G5 Sahel de placer l’organisation sous le chapitre VII des Nations unies n’a jamais été acté.
Soulignons que la force du G5 Sahel avait prévu de constituer des troupes conjointes de 5000 hommes opérant dans les cinq pays. Leur mission principale était de traquer les groupes terroristes et de protéger les populations civiles, faisant l’objet, également, de violences intercommunautaires. Le 6 décembre 2018, lors du sommet des bailleurs à Nouakchott, une composante de développement a été rajoutée aux missions de la force.

PAR MODIBO KONE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *