En marge des festivités du 8 mars, les femmes entrepreneures, l’Agence luxembourgeoise pour la Coopération au développement (LuxDev) en collaboration avec le ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MENEFP) a organisé, le jeudi 28 mars, un atelier d’échanges sur le thème : « Représentativité des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises ».

La cérémonie d’ouverture de la rencontre était présidée par le secrétaire général du ministère de l’Entrepreneuriat national, Drissa GUINDO, qui avait à ses côtés la représentante résidente de Lux-Dev au Mali, Mme CAMARA Murielle HERMOUET.

Tenu au Mémorial Modibo KEITA, l’atelier visait à contribuer à la promotion des femmes dans les entreprises et soutenir les femmes entrepreneures, en leur offrant un meilleur accès à l’information sur les dispositifs d’accompagnement et de soutien.

La journée d’échanges ayant réuni plusieurs cheffes d’entreprises privées et des leaders des organisations féminines s’est articulée autour de deux panels à savoir :  comment améliorer la représentativité des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises ? Quelle synergie d’actions pour le développement de l’entrepreneuriat féminin ?

La finalité de cette rencontre est d’outiller les femmes en vue de rehausser la tendance de progression des femmes dans l’entrepreneuriat qui demeure très faible au Mali, à l’image de nombreux pays, où la main d’œuvre féminine représente près de 60% des employés des secteurs non agricoles dans l’économie parallèle dont près de 70% des marchands ambulants et jusqu’à 80% des travailleurs à domicile.

En effet, selon une enquête mondiale, dans notre pays, les femmes ne représentent que 19,9% des créateurs d’entreprises (toutes modalités juridiques confondues) contre 80,1% pour les hommes.

Selon Mme SIMPARA Aïssata KEÏTA, plusieurs facteurs entretiennent cet état de fait. « Les femmes ont peur de la responsabilité, parce qu’aussi elles ne sont pas prêtes à les assumer à cause du manque de formation. La plupart des formations dédiées aux femmes est focalisée sur la gestion des activités génératrices de revenus », a-t-elle soutenu, déplorant la mauvaise organisation des femmes malgré les multitudes d’associations créées en leur nom.

Outre ces aspects, il y a des pesanteurs sociales qui impactent énormément la progression des femmes dans le domaine de l’entrepreneuriat.

Face à la situation, Mme SIMPARA Aïssata KEÏTA estime qu’il faut une véritable politique de l’Etat pour soutenir et encourager l’entreprenariat féminin dans notre pays.

« Tant qu’on n’aide pas les femmes à créer des entreprises, à entreprendre, notre économie en souffrira toujours », a-t-elle déclaré.

« Dans un pays où les femmes sont critiquées lorsqu’elles rentrent la nuit dans le cadre de son travail. Cela est un frein dans la promotion de l’entreprenariat féminin », indiquent des panélistes, affirmant que des femmes, en réalité, sont dans l’entrepreneuriat de subsistance qui pourrait difficilement prospérer.

Le secrétaire général du ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MENEFP), Drissa GUINDO, dans son discours d’ouverture, a rappelé qu’au Mali les femmes sont toujours confrontées à des obstacles structurels important qui limitent leur croissance et leur développement.

« Ces inégalités s’étendent bien au-delà du domaine du droit. Derrière ces inégalités se cachent souvent des barrières formelles et informelles, liées à l’accès au financement, aux informations en temps réel sur les dynamiques de marchés et les opportunités d’affaires ou de travail en réseau, aux formations pertinentes en compétences et aux normes sociales et culturelles », a soutenu M. GUINDO, tout en informant que cette problématique est au cœur de la politique de développement socio-économique du pays.

PAR SIKOU BAH

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *