Le Comité syndical du CHU-Gabriel Touré a tenu, hier mercredi 21 février 2024, une Assemblée générale d’information pour exiger l’annulation pure et simple de la décision N°0956 DG-HGT portant «l’émission d’ordre de recettes à l’encontre de certains agents du CHU Gabriel TOURE pour les primes de garde totalement perçues au titre du troisième trimestre 2020 et une partie des primes de garde au titre du quatrième trimestre 2020, des primes d’astreinte perçues par certains services et les primes perçues par les membres du Comité Covid-19 local».

Réagissant à cette décision, le Comité syndical du CHU-Gabriel Touré a décidé, lors de son assemblée générale, d’adresser une lettre au Directeur Général de l’Hôpital en lui « demandant de revenir sur sa décision pour l’apaisement du climat social au sein de l’hôpital ».
Le syndicat explique dans sa correspondante que « cette décision que le Directeur du CHU-Gabriel Touré a tenu à publier le 9 février dernier va à l’encontre des intérêts du personnel et entache même leur honneur pouvant ainsi perturber le climat social et la recherche d’apaisement au sein de l’hôpital ».
En effet, il rappelle que « le paiement de ces primes de garde et d’astreinte fait suite à un travail correctement et entièrement exécuté par le personnel qui, en retour, devrait bénéficier de ces primes conformément aux principes de gestion de l’hôpital ».
Le syndicat déplore ainsi qu’« une décision d’émission d’ordre de recettes sur ces primes serait d’assimiler leur paiement au personnel à un recèle de biens publics qu’il faudrait recouvrer. Ce qui est loin d’être le cas ». Et de déclarer que « c’est pourquoi nous demandons l’annulation de la décision ».
Conscient de la situation critique que traverse notre pays, le Comité SNS-AS-PF rassure de « sa disponibilité et de sa volonté d’œuvrer dans l’intérêt du personnel et au bénéfice des patients dans un climat social apaisé au sein du CHU Gabriel Touré ».
Par ailleurs, le personnel du CHU Gabriel TOURÉ annonce entamer toutes les actions légales pour défendre leurs droits.
L’Assemblée générale d’hier a été une occasion pour exiger, non seulement le respect des engagements pris vis-à-vis du personnel, mais aussi l’avènement d’une bonne gouvernance hospitalière.
Selon les responsables, plusieurs points de revendications ne sont pas réglés.
«Nous avons observé 4 mois de grève et nous avons eu un engagement de nos autorités de suspendre ce mouvement et de leur donner seulement 2 semaines. Plus de 2 mois, nous attendons toujours. Nous avons des revendications, des doléances en souffrance et rien n’est fait. Nos partenaires du gouvernement ne communiquent pas du tout avec nous. Nous avons l’impression d’être oubliés», soulignent les responsables du comité syndical.
Concernant la gestion du fonds COVID, le syndicat met en garde contre tout prélèvement sur les salaires et primes des travailleurs.
«Nous avons appelé les travailleurs pour échanger avec eux par rapport à un certain nombre de problèmes auxquels cet hôpital est confronté. Si hier, c’était difficile d’exercer dans cet hôpital, aujourd’hui il devient pratiquement impossible de donner des soins de qualité dans cet hôpital. Tout est difficile ici. Nous avons observé 4 mois de grève et nous avons engagé nos autorités de suspendre ce mouvement et de leur donner seulement 2 semaines», a fait savoir le responsable syndical.
Plus de 2 mois, a-t-il expliqué, les revendications et autres doléances sont toujours en souffrance et rien n’est fait.
«Nos partenaires du gouvernement ne communiquent pas du tout avec nous. Nous avons l’impression d’être oubliés », a déploré Djimé KANTE, porte-parole du comité syndical de l’hôpital Gabriel Touré de Bamako.
Par ailleurs, il a fait savoir que récemment, le directeur général de l’hôpital Gabriel Touré avait été interpellé au pôle national économique et financier par rapport à des supposées malversations.
« Tout ce qu’il a trouvé, c’est de faire un ordre de recettes et considérer le personnel comme étant des receleurs. C’est ce que nous avons compris à travers sa décision. Nous disons non à cela », a déclaré Djimé KANTE.
Selon ses explications, en 2020, lors du 4ème trimestre, les travailleurs de l’hôpital Gabriel TOURE ont assuré la garde lors de la crise du COVID-19. Cela a été constaté par l’administration à travers les majors de gardes.
«Nous avons été payés à l’époque. Nous devrions être payés sur les fonds propres de l’hôpital ; le directeur a dû prendre l’argent sur des fonds COVID et notre avis n’a pas été demandé», a-t-il expliqué.
«Aujourd’hui, nous sommes étonnés de voir une décision d’ordre de recettes sur un montant que nous avons reçu suite à un travail correctement fait. Nous dénonçons cette situation et nous n’accepterons pas qu’un centime soit prélevé de nos salaires ou de nos prîmes pour un travail que nous avons effectué», a exigé Djimé KANTE.
Pour sa part, le secrétaire général du Comité syndical de l’hôpital Gabriel Touré, Pr. Loséni BENGALY, a précisé qu’il y a des fonds propres qui servent à payer les primes de gardes.
« S’il s’est trouvé que la direction a pris de l’argent du fonds COVID pour payer ces primes de garde, le personnel ne peut pas et ne doit pas rembourser parce que le travail a été fait. Les travailleurs n’ont pas besoin de savoir où la direction a pris de l’argent », a-t-il dit. Avant d’inviter les militants à rester vigilants.
Selon lui, les travailleurs ne sont pas responsables de la « mauvaise gestion » qu’on reproche à la direction.
Le secrétaire général a souhaité que ce qui a été décidé lors des négociations entre le gouvernement et le syndicat soit réalisé.
Selon ses dires, même si certaines de leurs doléances sont en cours d’être réalisées, plusieurs points de revendication ne sont pas encore réglés.
«Ce qui est grave dans ça, c’est que le gouvernement, nos partenaires d’en face (le ministère de la santé, celui de la fonction publique) ne communiquent pas assez avec nous », a déploré le Pr. Loiséni Bengaly.

Abdoulaye OUATTARA

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