A l’initiative du Quartier général de la révolution (QGR) de Pape DIALLO, les légitimités traditionnelles de Bamako, de Kati et du Mandé ont animé une conférence de presse, le samedi 2 mars 2024, à la Maison de la Presse. Le thème de la rencontre portait sur : ‘’Propositions pour l’élaboration de la Loi portant sur la légitimité traditionnelle’’.

Au présidium, on y notait la présence de Mamadou Bouya dit Boua SIMPARA, coordinateur des chefs de quartier de Bamako ; Madou KONE, coordinateur des chefs de village du Mandé ; Tiècoura KONE, coordinateur des chefs de quartier de Kati ; Modibo DJIRE, coordinateur des chefs de quartier de la Commune III ; Boubacar TABOURE, coordinateur des chefs de quartier de la Commune IV ; Souleymane Ag Almahmoud, chef de fraction Egadachi (Tessit)…

Lors de cette conférence de presse, une déclaration commune a été lue par le Coordinateur des Chefs de quartiers de la Commune IV, le doyen Boubacar TABOURE.

Boubacar TABOURE a indiqué que si les pouvoirs publics voulaient gouverner, administrer le peuple en s’appuyant sur ses référents culturels et en restant le plus proche possible de ces structures mentales ; réduire la désarticulation entre l’État et la société qu’ils sont censés représenter, ils devraient créer un cadre de dialogue permanant, de consultation et de concertation avec les autorités et légitimités traditionnelles.

Il a soutenu que les chefs de village, de fraction et de quartier qui exercent au quotidien un véritable pouvoir de proximité avaient une grande légitimité historique et sociale. Le doyen TABOURE a rappelé que le Mali comptait 12 712 chefs de Village, de Fraction et de Quartier. Selon lui, ces autorités traditionnelles revendiquent des valeurs, des modèles, une idéologie et un mode de gestion du pouvoir dont la prise en compte peut révolutionner la gouvernance actuelle du pays.

« Considérant que la constitution du 22 juillet 2023 consacre la constitutionnalisation des légitimités traditionnelles en son article 179, et que le décret présidentiel DECRET N°2022-0128/PT-RM DU 04 MARS 2022 instituant la journée nationale des légitimités traditionnelles qui vise à valoriser les fonctions des légitimités traditionnelles et à affermir leur ancrage dans la société », a-t-il rappelé.

Boubacar TABOURE a proposé que les futures lois organiques définissent le rôle et la place des autorités et légitimités traditionnelles. A cela s’ajoute, selon lui, la création d’une synergie d’actions entre les autorités et légitimités traditionnelles et les représentants de l’État et des collectivités. Aussi, les légitimités traditionnelles souhaiteraient rédiger un cadre règlementaire pour une meilleure articulation du rôle et de la place des autorités et légitimités traditionnelles d’une part et l’Administration d’État d’autre part, en vue d’une meilleure gestion des affaires publiques. Ensuite, ils veulent renforcer le rôle et la place des autorités et légitimités traditionnelles dans la gestion des affaires publiques, locales et nationales.

Dans leur déclaration commune, Ils revendiquent la fondation les lois de nomination des chefferies traditionnelles sur le mode de désignation traditionnelles des autorités et légitimités traditionnelles.

Aux dires de Boubacar TABOURE, Il s’agit de faire le point de jonction entre le pouvoir des autorités et légitimités traditionnelles et les pouvoirs publics. Selon lui, il s’agit également de retourner aux autorités et légitimités traditionnelles les prérogatives à elles enlevées par les récents systèmes politiques issus de la colonisation. Ainsi, les légitimités traditionnelles souhaiteraient assurer la pérennité des autorités et légitimités traditionnelles face aux ambitions des politiques.

Les légitimités traditionnelles veulent gérer la société à partir de la base. Elles demandent leur implication dans les débats. Selon le doyen TABOURE, l’État doit offrir (ou accorder) un meilleur traitement aux fonctions des autorités et légitimités traditionnelles. Par ailleurs, les légitimités traditionnelles veulent faire la part entre les religions et les traditions culturelles. A cela s’ajoute la revisite des traditions du pays pour renforcer davantage l’unité nationale.

Enfin, les légitimités traditionnelles par la voix de Boubacar TABOURE souhaitent que le chef traditionnel soit le premier responsable de sa localité. A ce titre, soutiennent-ils, il est le représentant de sa population en tout lieu et en toute circonstance. Il parraine toutes les activités officielles de sa localité.

Les légitimités traditionnelles ont décidé de remettre leur déclaration au Président de la Tradition, le Colonel Assimi GOITA, afin qu’il prenne en compte leurs préoccupations.

Par SABA BALLO

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