En acceptant d’être le facilitateur de la CEDEAO dans la crise de confiance avec l’Alliance des Etats du Sahel, le président Bassirou Diomaye FAYE, alors que les dés sont jetés, ne se dirige-t-il pas vers un mur en klaxonnant ?
Aucun répit pour les dirigeants de la CEDEAO qui veulent recoller les morceaux avec l’Alliance des Etats du Sahel (AES) engagée dans une dynamique de reprise en main de leur destin en dehors de cette organisation dont l’un des objectifs majeurs est de renforcer l’intégration entre les peuples de l’espace.
Le nouveau président du Sénégal, Bassirou Diomaye FAYE, participant à son 1er sommet des chefs de l’Etat de la CEDEAO est envoyé en mission au Mali, au Niger et au Burkina Faso avec comme défi de convaincre ces trois Etats de revenir sur leur décision de retrait de l’organisation ouest-africaine accusée de se détourner de ses missions en agissant sous ordre de puissances étrangères.
Le président sénégalais, en dépit du fait qu’il partage les frustrations des pays membres de l’AES et la nécessité de sortir la CEDEAO sous l’influence des pays occidentaux, va entamer une médiation déjà vouée à l’échec.
Tous les signaux sont réunis et présagent que le président va « taper poteaux » comme disent les Ivoiriens. L’idée n’est pas mal de tenter les négociations avec les membres de l’AES pourvu que les conditions se prêtent à cette démarche.
En effet, le président sénégalais, pour son obtention d’arracher un consensus avec l’AES, ne se rend pas compte qu’il est déconnecté de la réalité et que ses interventions risquent de tourner à vide.
Déjà, dès sa désignation comme facilitateur de la CEDEAO, les membres de l’AES lui ont envoyé les signaux de l’échec de sa mission.
En effet, les ministres des Affaires étrangères du Mali et du Burkina Faso, reprenant le langage de communication de leur chef respectif, ont réaffirmé la décision de la confédération de l’AES de ne faire une volteface.
En clair, leur position vaut pour l’avenir pour ceux, comme Bassirou Diomaye FAYE, qui veut s’accrocher à la moindre chance afin d’éviter la désintégration.
« Naturellement par rapport à la CEDEAO nos chefs d’État ont été très clairs à Niamey, vous les avez entendus, en indiquant que le retrait des trois pays de la CEDEAO est irrévocable et a été fait sans délai », a rappelé le chef de la diplomatie malienne sur la chaine nationale le mardi dernier.
Selon lui, le retour à la CEDEAO est un sujet débattu et bouclé. Et comme une réponse au président sénégalais envoyé aux charbons par ses ainés, il a affirmé : « à partir de cet instant nous devons cesser de regarder dans le rétroviseur. Nous voulons vraiment travailler plutôt à matérialiser cette volonté-là. Aujourd’hui, il n’est pas question vraiment de s’attarder sur ces questions. Nous devons plutôt travailler à réaliser ce qui est important pour les populations de cet espace ».
Insister dans cette condition avec le désamour en popularité contre l’organisation ouest-africaine, Bassirou Diomaye FAYE, estimons, est en train de se préparer à un échec patent de sa médiation. Celle-ci pourrait avoir au moins le mérite d’être tentée.

PAR SIKOU BAH

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