Le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye DIOP a affirmé après le Conseil des ministres extraordinaire tenu sur le retrait du Mali de la CEDEAO que l’organisation sous régionale était devenue une menace pour certains de ses membres et instrumentalisée contre des institutions de leur pays.

Après avoir notifié sa décision de retrait de la CEDEAO, le président de la transition, Assimi GOÏTA, a rencontré les membres du gouvernement à la faveur du Conseil des ministres extraordinaire tenu lundi dernier.
À l’issue de cette rencontre, le chef de la diplomatie malienne, au micro de nos confrères de Bozola, a dénoncé que la CEDEAO était devenue une menace pour certains membres (NDRL, le Mali, le Niger et le Burkina Faso qui forment aujourd’hui l’Alliance des Etats du Sahel AES).
Le ministre DIOP a, en outre, déploré que la CEDEAO « a été instrumentalisée contre les institutions de nos pays, contre nos États, contre nos populations », en prenant des « mesures coercitives », dont les conséquences ont affecté les populations.
À cela, il a ajouté la menace d’intervention militaire contre le Niger pour rétablir dans ses fonctions le président Mohamed BAZOUM renversé également par des militaires à leur tête, le général TIANI, en juillet 2023.
Face à cette situation qui s’oppose à tous les principes et valeurs de la CEDEAO, les présidents du Mali, du Burkina et du Niger ont pris la « décision de survie » de se retirer de l’organisation.
« Je pense qu’aujourd’hui, nos pays ont plus intérêt à être hors de la CEDEAO, hors des portées de ses actions de déstabilisation, à nous réorganiser et à tirer les profits de toutes opportunités qui se présentent et travailler avec les pays qui le souhaitent », a indiqué le chef de la diplomatie malienne.
Créée en 1975, a rappelé le ministre DIOP, la Mauritanie s’est retirée de la CEDEAO, il y a une vingtaine d’années, mais ce pays, soutient-il, se porte bien. Elle continue d’avancer.
« Le Mali a créé la CEDEAO. Ils n’ont pas créé le Mali. Nous sommes un pays éternel qui a existé avant la CEDEAO et d’autres organisations. Nous allons continuer notre cheminement », a-t-il rassuré.
Les défis de ce retrait sont à portée de main de notre pays avec ses alliés du Niger et du Burkina Faso, selon le ministre DIOP.
« Nous avons aussi des offres à proposer pour pouvoir avancer », a-t-il signalé, ajoutant qu’il ne devrait pas avoir d’inquiétude pour les ressortissants résidents dans les pays de l’UEMOA.
Cependant, pour ceux résidants dans la zone CEDEAO, il a annoncé des rencontres bilatérales avec les États membres de l’organisation pour gérer cette situation. En clair, de nouveaux arrangements seront négociés pour le statut des compatriotes vivant dans ces pays.
Par ailleurs, spécifiquement dans notre pays, il a expliqué que la CEDEAO œuvre à contre-courant des trois principes édictés par le président de la transition, Assimi GOITA, dans le cadre de la mise en œuvre des politiques du pays.
Après le Mali, le Burkina Faso a aussi notifié sa décision de retrait à la commission de la CEDEAO.

PAR SIKOU BAH

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