Le président de l’Association Devoir de génération, Dibi KEITA, a affirmé ce samedi 10 juin que le projet de constitution soumis au référendum ce 18 juin est susceptible de créer des problèmes à notre pays, à travers notamment la notion nationalité d’origine.

L’association Devoir de génération créée en 2018 a animé une conférence de presse sur le projet de constitution, ce samedi à son siège. Le président Diby KEITA était le conférencier principal entouré pour l’occasion de plusieurs membres de ladite association.
« Loin de l’idée de donner des leçons. Mais nous voulons davantage partager les observations du Devoir de génération rendues publiques depuis une quinzaine de jours », a d’emblée précisé M. KEITA.
Si le projet de constitution consacre des innovations majeures contre notamment la transhumance politique saluées par Devoir de génération, cependant l’association craint les conséquences de certaines dispositions représentant, selon elle, un problème pour le pays.
À cet effet, le conférencier a relevé des griefs contre l’article 46 sur la notion de nationalité d’Origine du Président de la République qui pourrait être une boite à pandore et une source de conflit dans le pays.
« Il y a plusieurs personnalités dans le pays qui n’ont pas d’autre patrie que le Mali où leurs parents sont installés depuis des décennies. Et pour autant, elles ne sont pas d’origine malienne », a indiqué le président Diby KEITA, soutenant que le débat sur l’Origine d’une personne suscite très souvent des polémiques et problèmes en citant en exemple le conflit ivoirien.
À cet effet, a soutenu le conférencier, cet article crée les conditions de la division dans un pays très ouvert au monde et ayant une culture d’immigration.
« Devoir de génération aurait préféré que l’article parle de nationalité. Le Président élu devait renoncer à sa double nationalité avant sa prestation de serment », a-t-il proposé.
Le bicamérisme dans le projet de constitution consacrant l’Assemblée nationale et le Sénat est aussi rejeté par le président de l’Association Devoir de génération. Pour lui, à ce stade, notre pays n’a nullement besoin de cette pratique budgétivore.
« Ils sont en train de faire du copier-coller parce qu’on ne peut pas créer deux chambres avec une économie moribonde », a critiqué M. KEITA.
Concernant les langues, le conférencier estime que le problème reste entier parce que le projet de constitution ne clarifie pas la distinction entre langue officielle et langue de travail.
Pour lui, la transition étant une période d’exception devrait se donner les moyens d’une politique d’exception.
« Les intellectuels ont accepté une bicéphalisation du pouvoir entre la Charte et la Constitution. L’un est utilisé au gré du besoin, l’autre au gré de l’envie. Que les intellectuels participent à cela, l’histoire retiendra un jour que les fils de ce pays ont accepté de pervertir l’intellect pour le pécule. C’est la règle du prince du jour», a critiqué le conférencier.
Alors que la campagne référendaire bat son plein, il a souligné son doute quant à la sincérité du vote prévu pour le 18 juin, tout en déplorant les dérogations à la loi électorale, notamment la question de la carte d’électeur.
« Pour éviter l’anarchie à défaut d’avoir la carte biométrique sécurisée, les autorités devraient reporter le référendum », a indiqué le président de Devoir de génération, craignant que les autres scrutins ne se fassent sur la même base.
Malgré les garanties de transparence et de crédibilité de ce scrutin données par les autorités, pour M. KEITA notre pays va assister à un simulacre de vote. Parce que, soutient-il, les autorités de la transition cherchent seulement le suffrage.
Regrettant les pirouettes des acteurs politiques qui ont changé de position en invitant à voter ‘’Oui’’, le président KEITA, contrairement à ceux-ci, ne donnera pas de consigne.
« Devoir de génération dans ses principes de gouvernance ne donne pas de consigne. Chacun est libre d’apprécier le document et d’aller voter en fonction de sa conviction », a-t-il déclaré.
Outre la question référendaire, il s’est prononcé sur l’actualité sur le problème d’accès à l’électricité qui demeure criard.
« Le Mali n’a pas de problème d’électricité, mais de cadres. N’étant pas un producteur de pétrole, notre pays doit changer sa source d’alimentation pour mettre fin aux thermiques afin de retourner vers les énergies renouvelables », a indiqué Diby KEITA, en rappelant que cette solution est déjà consignée dans un rapport d’étude commanditée par l’EDM-SA.

PAR SIKOU BAH

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