Saluant la démarche du dialogue inter-Maliens annoncé par le Président de la transition, le Mouvement Tabalé qui a toujours plaidé en faveur de cette option recommande aux autorités de créer les conditions d’une participation inclusive « afin de donner la chance à un nouveau départ pour la nation malienne ».

Le Président de la transition lors de son adresse à la nation du nouvel an a annoncé le dialogue inter-Maliens alors que l’Accord d’Alger est en panne, 8 ans après sa signature entre l’Etat et les groupes armés.
S’exprimant sur cette initiative, dans sa déclaration du 9 janvier, le Mouvement Tabalé dit se réjouir de cette annonce pour avoir demandé aux autorités de la transition depuis juin 2023 « un nouvel accord qui sera rédigé́ au Mali, par les maliens, signé entre les maliens, en dehors de toute intervention extérieure, dont le suivi et l’application intégrale seront garantis par le peuple souverain du Mali ».
Cet accord que le mouvement tabalé dénomme Accord National pour la Paix et le Développement du Mali (ANPDM) doit remplacer l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali (APR), issu du processus d’Alger, signé à Bamako en mai et juin 2015.
Pour le Mouvement Tabalé, la plus-value originale de ce dialogue sera qu’il aboutisse à un nouvel accord inter-maliens, traductible en un Programme Commun de Reconstruction Nationale (PCRN), qui permettrait de rassembler les maliennes et les maliens, oh combien divisés, autour du défi essentiel que ce nouvel accord doit absolument relever.
Il s’agit, précise-t-il, de « rompre totalement et de façon définitive avec le cycle de la violence, des conflits armés et de la guerre entre maliens sur toute l’étendue du territoire national ».
A cet effet, Tabalé lance l’appel au peuple malien, dans toutes ses composantes sociale, politique, économique, professionnelle, géographique et communautaire, à soutenir et à accompagner cette initiative de dialogue inter-maliens direct, annoncée par le Chef de l’État.
Par ailleurs, il recommande aux autorités de créer les conditions d’une participation inclusive, « afin de donner la chance à un nouveau départ pour la nation malienne » tout en associant les Maliens de l’extérieur.
S’il s’agit d’un processus à l’interne, cependant le Mouvement Tabalé souhaite que le nouvel accord inter maliens reconduise les dispositions utiles et nécessaires de l’APR, qui sont indispensables à la stabilisation du Mali.
Le Mouvement Tabalé conseille que les recommandations de ce dialogue soient votées par le Conseil National de Transition (CNT) du Mali, assorties d’un décret d’application du Chef de l’Etat. Toute chose qui a manqué à l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale.
Pour l’application intégrale de cet accord, le mouvement propose la mise en place d’un comité qui doit se démarquer de toutes les fluctuations politique et institutionnelle du Mali.
Outre l’Etat et les mouvements armés, l’Accord inter-Maliens doit être signé également par les légitimités, les notabilités et les chefferies de chaque région du Mali et du District de Bamako, en faisant le serment, au nom de leurs communautés de ne violer aucune de ses dispositions, souligne la déclaration, indiquant que le jour de la signature finale de ce nouvel accord soit décrété́ jour de la renaissance malienne et fêté́ partout au Mali.

PAR SIKOU BAH

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