Le Comité stratégique du Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) a appelé l’Etat à dénoncer l’Accord pour la paix signé en 2015. En cause, il estime que le document a montré ses limites d’apporter « ni la Paix, ni la Réconciliation encore moins la Stabilité de notre pays ». Cette proposition fait suite à la décision du président de la transition d’ouvrir le dialogue inter-maliens.

Capitalisant les avancées réalisées dans le cadre du processus de paix, et tirant les enseignements des défis qui demeurent, le président Assimi GOITA lors de son adresse du nouvel an a affirmé avoir pris « l’option de privilégier l’appropriation nationale du processus de paix, en donnant toutes ses chances à un dialogue direct inter-maliens pour la paix et la réconciliation, afin d’éliminer les racines des conflits communautaires et intercommunautaires ».
Cependant, a précisé le président de la transition, « l’unicité, la laïcité, et l’intégrité du territoire ne feront pas partie des sujets de discussions » de ce dialogue longtemps souhaité par des Maliens.
Cette option est saluée par le Mouvement de contestation du régime de feu Ibrahim Boubacar KEITA qui, lors de sa réunion du jeudi dernier, a encouragé le gouvernement à demander instamment aux autorités de la Transition de dénoncer l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger.
Selon le M5, malgré les concessions faites et les efforts consentis, l’Accord signé en 2015, après plus de 8 ans de mise en œuvre, « n’a pu apporter ni la Paix, ni la Réconciliation encore moins la Stabilité de notre pays », en concluant que le document a montré toutes ses limites. L’impasse de sa mise en œuvre était unanimement partagée par l’ensemble des parties prenantes, soutient-il.
« Dès lors il appartient au peuple malien, souverain, de se libérer d’un tel fardeau et d’envisager d’autres pistes pour réaliser l’union nationale qui devrait parachever l’unité territoriale conquise de haute lutte après le retour de Kidal dans la République », a indiqué le comité stratégique dans son communiqué.
A cet effet, le M5 encourage les initiatives de dialogue inter-Maliens annoncé par le président Assimi GOITA, tout en proposant l’abandon pur et simple de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali alors que la confiance est interrompue entre des parties signataires et la brouille entre le Mali et l’Algérie, le chef de la médiation.
Également, le Mouvement de contestation a invité le gouvernement de la Transition à faire face à l’assistance aux populations maliennes de toute urgence sur toute l’étendue du territoire national, à leur sécurité et au retour des réfugiés, des déplacés et des services sociaux de base.
Déjà dans le cadre de ce dialogue inter-maliens, les gouverneurs de régions, sur instruction du ministre de l’Administration territoriale, ont ténu le vendredi dernier dans leur circonscription respective des rencontres d’échanges avec les légitimités traditionnelles.
Objectif de ces rencontres est : informer les légitimités traditionnelles de la nouvelle dynamique insufflée par les autorités de la Transition au processus de paix dans notre pays. Mais aussi, profiter de la même occasion pour recueillir leurs bénédictions pour la paix et la stabilité au Mali.

PAR SIKOU BAH

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