Les Mouvements signataires de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du Processus d’Alger, en l’occurrence la CMA, la Plateforme des Mouvements du 14 Juin 2014 d’Alger et une partie des mouvements de l’inclusivité, tous regroupés au sein du CSP-PSD, ont appelé le Conseil de sécurité à renouvelé le mandat de la MINUSMA contre la décision souveraine de l’Etat du Mali.

Le référendum et la demande de retrait de la MINUSMA par la Transition renforcent la divergence entre le gouvernement et les groupes armés signataires de l’Accord pour la paix. Dans leur déclaration signée le 21 juin, CSP-PSD agit à contre la position de l’Etat du Mali dans les domaines relevant pour autant de sa souveraineté.
Sur le scrutin référendaire
La consultation référendaire s’est tenue le dimanche dernier en vue de permettre aux 8 millions de Maliens d’approuver ou de rejeter le projet de nouvelle constitution. Les séparatistes entretiennent la polémique en disant que le vote n’a pas lieu dans les zones qu’ils contrôlent.
Récusant l’affirmation de l’AIGE et du gouvernement, le CSP-PSD informe l’opinion nationale et internationale que dans les zones qu’il contrôle, particulièrement la région de Kidal et la quasi-totalité des localités (communes et cercles) des régions de l’Azawad /Nord Mali, aucun vote ne s’est déroulé le 11 ni le 18 juin, à l’exception de chef lieux des régions et des cercles de la région de Gao, de Tombouctou et Ménaka ville où les urnes ont été bourrées sans retenue.
Sans surprise après avoir opté pour la politique de la chaise vide au sein de la commission de finalisation de Projet de nouvelle constitution soumis à référendum le 18 juin dernier, les membres du CSP-PSD se mettent en marge de la nouvelle république que cette constitution va engendrer si le oui passait, s’il ne l’ait déjà.
Pour autant, des points dans le projet de la loi Fondamentale qu’ils estiment être en désaccord avec la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale n’en sont cependant pas, selon une expertise sollicitée par la Médiation internationale. En clair, le projet de constitution ne fait pas obstacle à la mise en œuvre de l’Accord.
Malgré cette précision, les ex-rebelles qui n’ont jamais abandonné leurs velléités séparatistes se sont mis en marge du processus référendaire.
Va-t-on revenir à la sécession comme avec la déclaration unilatérale d’indépendance du 6 avril 2012 ?
En attendant, il est curieux que les mouvements qui disent ne pas reconnaître le processus référendaire ne tirent pas la conséquence logique qui s’impose dans leur relation avec ce pouvoir qu’ils accusent d’avoir fait la sourde oreille : retirer leurs représentants dans le gouvernement. Est-ce que les responsables des groupes armés sont-ils en phase avec leurs représentants au sein du gouvernement ?
En effet, malgré les divergences avec les autorités de la transition sur le projet de constitution, les représentants des ex-rebelles n’ont cessé de militer pour l’adoption du référendum par un oui massif. Preuve : le ministre de la jeunesse, des sports et de la construction citoyenne, Mossa Ag ATTAHER en collaboration avec le Conseil national de la jeunesse du Mali (CNJ-Mali). ,
Sur le retrait de la MINUSMA
Dans sa déclaration, le CSP-PSD s’est également prononcé sur la décision de demande de retrait de la MINUSMA après 10 ans de présence avec des résultats controversés.
« Le CSP-PSD est consterné par la demande des autorités Maliennes lors de la dernière réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU concernant le retrait sans délai de la MINUSMA et met en garde contre les conséquences directes sur les populations déjà fragilisées par le terrorisme et le sous-développement », indique le document, en rappelant que la Mission est la cheville ouvrière des parties garantes de la mise en œuvre et du suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu de processus d’Alger.
Pour leur attachement à l’Accord, si cela était sincère, les groupes armés qui mettent en avant leur bonne foi, devraient être sensibles aux observations de la Médiation internationale dont le chef de la MINUSMA en est membre.
Le principe en faveur de l’Accord et pour sa mise en œuvre ne doit pas être un discours circonstanciel dont le contenu change en fonction des humeurs des chefs.
Également, le CSP-PSD porte des griefs contre la demande du gouvernement qui n’offre aucune alternative crédible au retrait de la MINUSMA sans s’appesantir sur les raisons invoquées par celui-ci.
Craignant les conséquences de ce retrait, les groupes rebelles ont demandé au Conseil de sécurité de renouveler le mandat de la MINUSMA, en se posant en interlocuteur de celui-ci tout comme un Etat souverain, contre la décision de la République indépendante et souveraine du Mali.
Les groupes armés doivent descendre de leur piédestal, il y a certes l’Accord pour la paix et la réconciliation, mais jusqu’à preuve de contraire, la souveraineté du Mali n’est pas mise cause. Celle-ci est un moyen pour l’Etat de prendre certaines décisions sans référer à un groupe fut-il des éléments de rebelles ou d’ex-rebelles.

PAR SIKOU BAH

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