Le 31 mars dernier, plusieurs partis politiques et organisations de la société ont exigé, dans une déclaration commune, la fin de la Transition et l’organisation de l’élection présidentielle dans les plus brefs délais. Ils ont demandé au gouvernement de créer les conditions d’une concertation rapide et inclusive, pour la mise en place d’une architecture institutionnelle, à l’effet d’organiser, dans les meilleurs délais l’élection présidentielle. Quelques jours après cette déclaration, un collectif des cadres du parti CODEM a exprimé son désaccord total. Dans un communiqué signé par le 1er secrétaire général adjoint, Amadou AYA, ledit collectif ‘’informe l’opinion nationale et internationale que ce communiqué ne nous représente pas et ne nous engage en aucun cas’’. Aussi, le collectif réaffirme sa solidarité avec les idéaux et les réalisations de la transition.

Après l’épisode de la révision constitutionnelle où le parti CODEM s’est livré en spectacle suite à la nomination de son 1er secrétaire général adjoint, Amadou AYA, au sein de la commission chargée de la finalisation du projet de constitution de la République du Mali ; l’acharnement du même Amadou AYA contre le président du parti, Housséini Amion GUINDO, pour avoir participé à la rencontre d’un regroupement d’opposition, lors de laquelle il a appelé à un rassemblement pour une opposition forte et assumée face aux autorités de la transition ; aujourd’hui le même secrétaire général adjoint rédige un communiqué pour exprimer son désaccord suite à la déclaration appelant la fin de la transition.

« Nous, responsables de la CODEM, organisés en collectif, tenons à exprimer notre désaccord total avec le communiqué récemment diffusé par un groupe de partis politiques, regroupements politiques et organisations de la société civile, demandant la fin de la transition au Mali. Cette déclaration n’a fait l’objet d’aucune consultation au sein de notre parti, et aucune réunion du bureau n’a recommandé sa signature. Nous condamnons fermement cette démarche solitaire et clandestine qui va à l’encontre des principes et valeurs de notre parti. Il est regrettable de constater que cette pratique n’est pas isolée, mais plutôt récurrente de la part de certains responsables au sein de la CODEM. Nous déplorons cette tendance à prendre des décisions unilatérales sans consulter les membres du parti, ce qui nuit à notre crédibilité et à notre cohésion interne.

En tant que membres engagés de la CODEM et du bureau national, nous tenons à informer l’opinion nationale et internationale que ce communiqué ne nous représente pas et ne nous engage en aucun cas. Nous réaffirmons notre solidarité avec les idéaux et les réalisations de la transition au Mali », a déclaré le premier secrétaire général adjoint, Amadou AYA.

Pour lui, il est impératif que ceux qui ont participé à la rédaction de ce communiqué rectifient cette erreur en se retirant immédiatement. ‘’La CODEM n’est pas signataire de cette déclaration, et nous demandons instamment à tous les responsables de respecter les procédures de consultation interne à l’avenir’’, a-t-il exigé.

L’on se rappelle qu’en février 2024, le même Amadou AYA avait publié un communiqué dans lequel il dénonçait la déclaration d’un regroupement d’associations politiques au siège du Centre de l’Imam Mahmoud DICKO et en présence de quelques membres de la CODEM représentant Jigiya Kura.

Une déclaration qui avait été suivie par une interview accordée à l’AFP par Housseini Amion GUINDO, président du parti CODEM, appelant à un rassemblement pour une opposition forte et assumée face aux autorités de la transition.

Amadou AYA avait dénoncé, d’une part, le comportement de certains camarades présents à ce point de presse et, d’autre part, l’interview du président Housseini Amion GUINDO.

Selon lui, cela n’a pas été débattu au sein du bureau national, et n’a pas encore moins fait l’objet de consultation des militants à la base pour ‘’engager la formation politique dans une aventure aux desseins inavoués’’.

« Cette attitude solitaire de ces camarades est le reflet de la mauvaise gouvernance que traverse la CODEM. Par conséquent, nous, réunis au sein d’un collectif, et après avoir délibéré, informons l’opinion publique de notre désaccord. Nous ne nous identifions pas dans cette déclaration. Nous lançons un appel au rejet de cette démarche solitaire de ces responsables qui agissent uniquement en leur nom propre », s’était-il insurgé.

PAR MODIBO KONÉ

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