Après la dissolution de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) et l’arrestation de plusieurs de ses membres, le Comité de crise multiplie les actions pour avoir une issue heureuse. Dans un communiqué publié le 25 avril, le Comité de crise demande la libération immédiate des camarades en détention. Si les étudiants ne sont pas mis dans leur droit, le comité de crise n’exclut pas de déclencher des marches pacifiques, le boycott des examens de fin d’année et d’autres actions d’envergures dans le respect des dispositions de la Constitution.

Communiqué :

Le Comité de Crise de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali informe l’opinion Nationale et internationale que depuis la dissolution de l’AEEM prononcée par le gouvernement, les autorités de la transition ont décidé d’écrouer toute voix discordante en s’inscrivant dans une politique de répression sans limite contre les élèves et étudiants (Kidnapping, intimidation, détention arbitraire, disparition forcée).

S’opérant au mépris de toute procédure régulière prescrite par les lois et règlements de la République, ces pratiques ne constituent ni plus ni moins que la violation de la constitution du 22 juillet 2023.

En Rappel l’article 3 de la constitution du Mali dispose que <<La personne humaine est sacrée et inviolable >>.

Par ailleurs, nous demandons la libération immédiate de nos camarades en détention illégale et la cessation de kidnapping et menace à l’encontre des Élèves et Étudiants.

Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne ;

Et l’article 4 stipule que << Nul ne peut être soumis à la torture, à l’esclavage, aux traitements inhumains, cruels et dégradants >>.

Tout individu, tout agent de l’État qui se rend coupable de tels actes, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, sera puni conformément à la loi.

A ce jour, les étudiants enlevés dénombrés à une vingtaine de personnes sont kidnappés et détenus dans des lieux secrets depuis plus d’un mois sans motif officiel par les autorités, dont nous avons appris par rumeurs, le décès sous la torture d’un étudiant parmi eux, si cela s’avère véridique, les autorités seront tenues comme seul responsable.

Sous prétexte afin de dissoudre l’Association des Élèves et Étudiants du Mali, le gouvernement de la transition s’est appuyé d’une recommandation des Assises Nationales de la Refondation (ANR) << Pacifier l’espace scolaire et universitaire pour en faire un lieu d’acquisition de savoir et de connaissances et non de vandalisme et d’agression permanente >>.

Cette justification prouve à suffisance que le gouvernement est le premier sponsor de l’insécurité sur l’espace scolaire et universitaire car au lieu de chercher des solutions adéquates pour la sécurisation de nos espaces d’apprentissages, les autorités ne font que fuir à leurs devoirs régaliens (la non-opérationnalisation des postes de sécurité, le non-éclairage et la non clôture de l’espace universitaire, manque de volonté à s’acquitter de ces responsabilités).

Au regard de tout cela, nous voyons une discordance entre la recommandation et son application.

En effet, le motif réel de la prise de cette décision par le gouvernement est de masquer son incapacité pour l’amélioration des conditions de vie et d’études des Élèves et Étudiants du Mali :

La non-valorisation de l’éducation Malienne ; la non-application des feuilles de route mis en place par le gouvernement précédent en janvier 2021 pour endiguer la violence ; le long cursus universitaire ( 6 ans au lieu de 3 ans pour obtenir une licence dans certains IES ) ; le retard lié à la perception des bourses et des trousseaux et manque d’infrastructures ; les conditions misérables de vies pour les étudiants résidant aux campus ; la non-participation des détenteurs de licences de certains IES aux différents concours Nationaux (Fonction Publique, École nationale d’administration) ; mauvaise qualité de l’enseignement.

Nous analysons profondément qu’ils ourdissent un plan ingénieux contre l’avenir et le devenir du Mali.

Tout ceci vient s’ajouter à la longue liste des dysfonctionnements et problèmes qui minent au système d’enseignement au Mali depuis toujours.

Camarades élèves et étudiants du Mali, les maux contre lesquels Abdoul Karim Camara dit Cabral s’est battu jusqu’au sacrifice suprême refaits d’actualité, quarante-quatre (44ans) après sa disparition.

Cette lutte pour la sauvegarde de l’AEEM est le devoir de notre génération et nous allons l’accomplir au prix de nos sangs s’il le faut.

C’est l’occasion de prendre en témoin tous les composantes de la Nation malienne, que la crise instaurée par le gouvernement au sein de l’école malienne peut découler à des marches pacifiques, aux boycotts des examens de fin d’année et d’autres actions d’envergures dans le respect des dispositions de la constitution malienne ne sont pas à exclure si nous ne sommes pas mis dans nos droits.

Le Comité de Crise félicite les élèves et étudiants pour le mouvement observé le jeudi 25 Avril 2024 au niveau des établissements secondaires et fondamentaux de Bamako et invite de plus tous les camarades à rester vigilant, unis, mobilisés pour faire aboutir ces justes et légitimes revendications.

Fait à Bamako, le 25 Avril 2024.                                   

Le Comité de Crise

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *