La salle de délibération de la Mairie de la Commune II du District de Bamako abrité, ce jeudi 10 septembre 2026, une journée de restitution publique consacrée à la présentation du compte administratif 2025 et au partage des orientations budgétaires de l’exercice 2026.
Portée par le Consortium des Organisations Faitières de la Société Civile avec le soutien financier de l’Union Européenne, cette initiative vise à ancrer la culture de la redevabilité et du dialogue démocratique à l’échelle communale.
Organisée dans le cadre d’un programme national d’appui, cette rencontre a rassemblé une pléiade d’autorités administratives, coutumières et citoyennes. Parmi les personnalités présentes figuraient le Coordinateur des chefs de quartier de la Commune II, les autorités coutumières, le Sous-Préfet du 2e Arrondissement de Bamako, Mme Fatou TRAORÉ ; le Secrétaire Général chargé des affaires courantes de la mairie, Zoumana SISSOKO ; les représentants des services techniques, ainsi que les représentants de la Délégation de l’Union Européenne au Mali et du Comité de Veille Citoyenne.
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, M. Abdoul Wahab Diakité, Président du Consortium des OSC Faitières de la Commune II, a salué l’engagement continu des acteurs locaux pour l’instauration d’une gouvernance vertueuse et transparente.
« L’activité qui nous mobilise aujourd’hui est une sous-activité d’un vaste programme d’appui au renforcement du dialogue entre les organisations de la société civile, l’État et les partenaires au Mali. L’objectif est de renforcer les capacités et les moyens d’action de la société civile dans ses missions de veille et de contrôle citoyen », a déclaré M. Diakité.
L’enjeu central de cette démarche, a-t-il fait savoir, est d’offrir un cadre institutionnalisé d’échange entre les décideurs publics et la population.
En donnant accès aux données financières locales, qu’il s’agisse du bilan d’exécution de l’année écoulée (compte administratif 2025) ou des prévisions budgétaires pour l’année 2026, la mairie et les OSC partenaires favorisent un suivi éclairé de la gestion des deniers publics.
Au-delà du simple contrôle, l’accent est mis sur le renforcement des compétences en matière de plaidoyer afin d’influencer positivement les politiques publiques locales au bénéfice des populations de la Commune II.
De son côté, la représentante du Conseil national de la société civile (CNSC), Mme Barry Aminata TOURÉ, a souligné que l’objectif principal est de présenter le compte administratif et le budget 2026 aux citoyens pour expliquer concrètement l’utilisation des deniers publics et renforcer la confiance envers les autorités locales.
Pour toucher un public plus large que le cercle habituel des invités, elle a préconisé de délocaliser les futures sessions de restitution directement dans les mairies de quartier.
La compréhension de l’utilisation des fonds publics est jugée essentielle pour inciter les citoyens à s’acquitter de leurs impôts et de la TDRL (Taxe de Développement Régional et Local), indispensables au financement de la commune en cette période de transition.
Si la mairie investit dans l’éducation, la santé et l’assainissement, l’intervenante insiste sur la nécessité de répondre à des besoins spécifiques, notamment la gestion de l’hygiène menstruelle dans les écoles (latrines adaptées) pour lutter contre l’absentéisme des filles, ainsi que l’entretien des routes secondaires et des caniveaux.
Les citoyens et organisations locales sont invités à soutenir la mairie, non seulement en sensibilisant au paiement des taxes, mais aussi en facilitant le règlement de problèmes complexes comme l’encombrement par les véhicules gros porteurs.
Pour sa part, Zoumana SISSOKO, agent chargé des affaires courantes à la mairie de la Commune II du District de Bamako, a procédé à la présentation du compte administratif 2025 (bilan de gestion retraçant les prévisions et réalisations de la collectivité).
Il ressort de cette communication que les prévisions (recettes/dépenses) pour l’année 2025 se chiffraient à plus de 6 milliards de francs CFA contre plus de 5 milliards de francs CFA de réalisation, soit un taux de réalisation global de 81%.
Ce budget est exécuté comme suit. Le fonctionnement représente la plus grande partie des ressources (plus de 4 milliards de francs CFA réalisés), principalement absorbée par la masse salariale (personnel de la mairie et enseignants).
Quant à l’investissement, sur des prévisions de plus de 2 milliards de FCFA, environ 1 milliard 117 millions de francs CFA ont été investis, soit moins de 20%.
Constat majeur, l’intervenant souligne un fort déséquilibre en faveur des dépenses de fonctionnement et reconnaît que des efforts importants restent à fournir concernant les investissements.
Par Abdoulaye OUATTARA