Le Directeur de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), le Colonel-major Souleymane DEMBELE, a animé, hier mardi, sa traditionnelle conférence de presse mensuelle consacrée aux dernières opérations militaires en cours contre le terrorisme et la défense du territoire. Lors de cette rencontre avec les hommes de média, cet officier supérieur de l’armée s’est prononcé sur les ‘’supposées tensions’’ entre le Mali et la Mauritanie le long de la ligne frontalière. «A aucun moment, les FAMa n’ont franchi la frontière mauritanienne pour une quelconque opération sur le territoire martinien», a-t-il tranché net.

A l’entame de son propos, le Colonel-major Souleymane DEMBELE a précisé que l’objectif de cette rencontre mensuelle était de donner la bonne information à la population sur les opérations militaires afin de couper court à toute manipulation, désinformation et intox.

Nouvelle dynamique

Le patron de la DIRPA a déclaré que les forces armée maliennes avaient imprimé sur nouvelle dynamique à la lutte contre le terrorisme avec des reconnaissances offensives dans tous les secteurs qui, dit-il, ont permis d’apaiser la situation sécuritaire que nous vivons actuellement.

«Tout n’est pas rose. Nous avons, par endroit, les clignotants qui sont au vert, d’autres au jaune. Par contre, dans certaines zones, les clignotants sont au rouge », a-t-il fait l’état des lieux.

A ce niveau, il a souligné que les secteurs de Bandiagara et de l’inter fleuve, où l’on assiste à l’exacerbation des tensions inter et intracommunautaires activés par les groupes armés terroristes.

A cet effet, l’officier supérieur de l’armée malienne a reconnu que les Groupes armés terroristes (GAT) gardent encore des capacités de nuisance qui se résument par des poses d’engins explosifs improvisés qui ont fait une trentaine de morts parmi les populations civiles et militaires ces deux derniers mois.

Aussi, dit-il, on constate chez ces GAT des tentatives de réorganisation de leur dispositif sous la pression des FAMa.

«Ils sont en train de focaliser leurs efforts dans les zones sud et centre tout en maintenant un dispositif pour perturber nos forces dans le nord du pays», a-t-il expliqué.

De son avis, il s’agit pour les forces du mal distraire les FAMa dans la quête de leur objectif.

«Nous ne céderons pas, nous ne cèderons jamais et nous allons atteindre l’état final recherché dans cette lutte contre le terrorisme », a-t-il promis.

Le constat a été établi que depuis deux mois, beaucoup de mouvements terroristes ont été signalés dans les zones sud.

A cela s’ajoute l’exacerbation des tensions communautaires au niveau de la région de Bandiagara et du cercle de Macina.

Tensions au niveau de la frontière avec la Mauritanie ?

Aussi, nous assistons aussi avec le patron de la DIRPA à des tentatives d’activation des tensions au niveau de la frontière avec la Mauritanie.

«Cette zone est historiquement, démographiquement, sociologiquement et économiquement intégrée», a présenté.

Pour lui, c’est des aspects qui vont au-delà de nos deux Etats.

De son avis, la fébrilité de ces dernières semaines s’explique par la présence des acteurs terroristes qui nuisent à la sécurité, la stabilité des populations. Également, ces acteurs perturbent les activités de commerce et de transhumance et de libre circulation des personnes et des biens au niveau de cette zone. Un climat qui a été jalousement préservé par les différents gouvernements depuis les indépendances.    

C’est pourquoi, sur la prétendue tension entre la Mali et la Mauritanie voisine, il ressort de son propos que les deux pays partagent les mêmes groupes ethniques de part et d’autre de la frontière.

Dans ces conditions, comment voulez-vous qu’on déclenche une crise avec la Mauritanie ? S’est-il interrogé avant d’inviter les hommes de média à aller à l’apaisement.

Mais ce qui est évident, dit-il, c’est que les forces armées maliennes, à aucun moment, n’ont fait irruption sur le territoire mauritanien.

Situation sécuritaire à Kidal

De nos jours, la situation sécuritaire à Kidal s’est nettement améliorée avec le retour des FAMa et de l’administration, comme en témoignent les récentes visites du gouverneur de la région dans les cercles d’Aguelhok, Annéfis et Tessalit.   

A ces acquis, s’ajoute la neutralisation des groupes armés et des coupeurs de route, d’où la réédition d’un important groupe armé à Aguelhok. Sans oublier le retour progressif des populations déplacées dans les différentes localités du nord.

Par ailleurs, la traque contre les chefs terroristes a abouti à la neutralisation de  Abou Houzeifa dit Hugo et de plusieurs de ces combats à Indelimane.

Cette conférence qui arrive au lendemain de l’annonce de la mort de Abou Houzeifa dit Hugo haut responsable de l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS), a donné l’occasion au Colonel-major de répondre à la polémique sur les circonstances de son élimination.

Pour rappel, le responsable djihadiste de nationalité marocaine était activement recherché par les États-Unis qui avaient mis à prix sa tête, «à trois milliards quatre cents millions [de francs CFA], soit 5 millions de dollars» pour sa participation à une embuscade, qui avait notamment tué quatre soldats américains au Niger, en 2017.

«Qu’un pays mette à prix la tête de Houzeifa, ou bien de Sékou, de Jule ou autre, notre objectif, c’est de ramener la paix au Mali. A aucun moment, notre prétention n’a été de bénéficier d’une quelconque rémunération lorsqu’on va faire tomber ces têtes.

Il ne faut pas qu’on nous déroute de nos objectifs. L’objectif pour l’armée malienne, c’était de neutraliser Houzeifa comme tant d’autres chefs terroristes. Que ça tête soit mis à prix ou pas, nous avons un objectif que nous allons suivre»,

Exacerbation des tensions communautaire

Lors de cette dernière session, le patron de la DIRPA, le Colonel-major, Souleymane DEMBELE, a reconnu qu’il y a eu, ces derniers temps, une certaine exacerbation des tensions intra et intercommunautaire dans l’inter fleuve, au centre du pays.

Mais qu’à cela ne tienne, dit-il, si toutes les communautés devaient demander l’ouverture d’un camp militaire pour les protéger, ça deviendra la situation deviendra incontrôlable.

«C’est avec des patrouilles, des mouvements sur le terrain qu’on peut circonscrire cette violence», a-t-il répondu.

Au-delà de tout, il faut que les Maliens s’essayent, se parlent, se comprennent sur l’essentiel, a-t-il préconisé.

«Même si vous mettez un soldat à chaque kilomètre, ce n’est pas évident qu’il n’y ait pas de tension, d’attaque ou de vol», a-t-il indiqué. Pour lui, la solution réside dans le dialogue intercommunautaire.

Sécuriser la campagne agricole 

Ces opérations de ces derniers mois relèvent de la préparation de l’hivernage.

« Nous avons constaté beaucoup de mouvement. Et l’objectif de ces groupes armés, c’est de perturber la campagne agricole», a-t-il rassuré.

Tout comme l’année dernière, les FAMa s’engagent à être plus poignant pour empêcher que ces GAT ne viennent remettre en cause le bon déroulement de la campagne agricole qui vient d’être lancée par le président de la transition lors du Conseil national de l’agriculture.

«Les Forces armées font monter plus au créneau pour éviter la perturbation de la campagne agricole», a-t-il assuré.

Par Abdoulaye OUATTARA

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