Une semaine après sa reprise de service suite à deux semaines de maladie qui l’ont éloigné des affaires de la nation, le Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maiga, non moins président du Comité stratégique du M5-RFP, doit faire face à un nouveau front. Cette fois-ci, ce sont les siens, une frange importante de ceux avec lesquels il a cheminé depuis sa nomination à la Primature qu’il occupe depuis le 7 juin 2021qui entendent lui donner l’estocade à la grande espérance de la 5e colonne et du principal commanditaire. Le prétexte non avoué est une sordide histoire de places, loin des idéaux fondateurs du M5-RFP et surtout des objectifs stratégiques du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques. Voici le récit d’une cabale planifiée, qui fait malheureusement flop.

Suite à l’abrogation le jeudi 22 février 2024 du décret de nomination de plusieurs cadres dont certains de ses ‘‘membres éminents’’, le Comité stratégique du M5-RFP, convoque illico presto, sans en référer au vice-président une ‘‘réunion extraordinaire sur la situation de crise’’ ainsi créée.

22 février 2024

Lors de cette réunion du jeudi 22 février, tenu à son siège sis à Badalabougou Sema (Bamako), sur le pourquoi du limogeage par le Premier ministre des inamovibles cadres du M5-RFP sans l’autorisation du Comité stratégique, ‘‘il y a eu des incidents et des agissements qui ont été posés par certains membres du CS/M5-RFP lors de la réunion ordinaire du CS/M5-RFP tenue le jeudi 22 février 2024 au siège sis à Badalabougou (Bamako). Ces incidents et agissements ont porté gravement atteinte à la cohésion du M5 et ont abouti à la violation de l’esprit d’union sacrée autour des idéaux du Peuple malien porté par le M5-RFP. Ces membres du CS/M5-RFP se sont illustrés, notamment par leur retrait fracassant de la salle de réunion du 22 février 2024 et leur mépris à l’endroit des forces de l’ordre requises à la diligence du vice-président du Comité stratégique Bouba K Traoré’’.

Au regard des engagements et de la responsabilité des acteurs du Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) pris face au Peuple malien et aux autres Peuples africains aspirant au changement et au renouveau et de l’impératif de soutenir la transition et d’assurer le respect des idéaux du Peuple portés par le M5- RFP à travers l’engagement, la discipline et la responsabilité ; le Comité stratégique du Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre de ses rangs :

-Paul Ismael Boro, membre du FSD ;

-Ibrahima Sylla, membre du FSD ;

-Jeamille Bittar, membre du PPC ;

-Zoumana Diabenta, membre du PPC ;

-Ismail Camara, membre du PPC ;

-Seydou Diakité dit Soudanais, membre du CAMPS ;

-Tahirou Dicko, membre du CAMPS ;

-Aboubacar Daffé, membre du CNT ;

-Ibrahim Traoré dit Jack Bauer, membre de la coordination des jeunes ;

-Tiemoko Maïga, membre d’EMK :

-Aliou Sankaré, membre d’EMK :

-Koumba Yaressi, membre d’EMK.

La décision signée par le vice-président du CS/M5-RFP, Bouba K Traoré, ajoute que les personnes suspendues ne sont plus autorisées à s’exprimer et à agir au nom du Comité Stratégique du M5-RFP ni à se prévaloir de la qualité de membre dudit Comité Stratégique.

23 février 2024

En réaction à cette décision, dans une déclaration rendue publique le vendredi 23 février au nom du Comité stratégique du Mouvement du 5 juin -Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), l’Imam Oumarou Diarra explique que la réunion du Comité stratégique de la veille (jeudi 22 février) au siège connu du M5-RFP qui avait été interrompue par la présence de forces de sécurité requises ‘‘sur initiative personnelle de Boubacar K. Traoré a été poursuivie’’ sans indiquer l’endroit et le moment.

Selon lui, la réunion délocalisée a enregistré la présence effective et très majoritaire des représentants de 7 entités (AR- MALI – CAMPS – COORDINATION DES JEUNES – EMK – FSD – MPJ – PPC) ; seules 4 entités (CDTM – COORDINATION DES FEMMES – FOSC – RPR) dont les points de vue restent à confirmer étaient absentes. Cette réunion, écrit-il dans sa déclaration, a constaté ‘‘l’incapacité notoire du Vice-président Bouba K. Traoré à diriger les débats du Comité Stratégique et encore moins à assurer une représentation satisfaisante du mouvement en quelque endroit ou circonstance que ce soit’’. Par ailleurs, et compte tenu de ‘‘la lettre 02/02 / 2024/ EMK portant retrait de son mandat à Bouba K TRAORE’’ et à la ‘‘la demande insistante de la coordination de la jeunesse du MS- RFP pour la démission de Bouba K. Traoré’’, ce Comité stratégique, réuni ailleurs qu’au siège du M5, a décidé :

‘‘1. de ‘‘mettre un terme, avec effet immédiat à la mission de Bouba K TRAORE comme Vice-président du Comité Stratégique du M5-RFP :

2. désigner, à titre d’intérimaire Imam Oumarou Diarra, 3ème Vice- président en qualité de Vice-président du Comité Stratégique jusqu’à nouvel ordre ;

3- tenir désormais les réunions du Comité Stratégique de façon rotative au siège des différentes entités du mouvement’’.

24 février 2024

Le samedi 24 février 2024, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) dans une Déclaration signée de son vice-président Dr Aboubacar A Touré, dit avoir vu le vendredi 23 février 2024 sur les réseaux sociaux une déclaration de certains membres du Comité Stratégique du M5-RFP, annonçant le remplacement du vice-président en la personne de Boubacar K. TRAORE par l’Imam Oumarou DIARRA. Selon la déclaration, certains membres du FSD qui n’ont pas été mandatés par celui-ci ont pris part à cette décision de révocation. Tout en déplorant ‘‘cette attitude qui porte atteinte au crédit de fonctionnement de notre Organisation’’, le FSD dit se désolidariser de la déclaration qui révoque le vice-président Bouba K Traoré et a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre trois de ses membres : Mountaga TALL, président du CNID-FYT ; Ibrahima SYLLA, EDR ; et Paul I. BORO, président du RAMA.

Cette décision prise au cours d’une réunion extraordinaire tenue au siège du FSD à Badalabougou GESCO à côté du Siège National du Parti URD, le samedi 24 février 2024, a renouvelé le soutien indéfectible du regroupement politique au Président du Comité stratégique, Dr Choguel K. MAIGA, et au vice-président Boubacar K. TRAORE.

27 février 2024

Pour calmer le jeu, le Président par intérim du Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD), le Pr Salikou Sanogo, dans une déclaration datée du mardi 27 février affirme que la réunion extraordinaire du FSD tenue le samedi 24 février 2024 a été faite dans des conditions irrégulières parce que ladite réunion a été convoquée nonobstant ses réserves.

C’est pourquoi, il ‘‘Déclare, nulles et non avenues, toutes les décisions prises et annoncées à cette réunion ; S’engage à œuvrer au retour de l’accalmie et de la cohésion dans les meilleurs délais au sein du mouvement’’. En attendant, la tenue des réunions du Directoire du Front pour la Sauvegarde de la Démocratie est provisoirement suspendue.

Le même mardi 27 février 2024, dans sa déclaration N°03, le Comité stratégique du M5-RFP réuni ‘‘en session extraordinaire le 26 février 2024 sous la présidence du vice-président par intérim Imam Oumarou Diarra’’ qualifie de ‘‘puéril, enfantin et dérisoire (le communiqué) du 22 février 2024, signé par l’ancien Vice-président Bouba K. Traoré, portant suspension de membres du Comité stratégique du M5-RFP’’.

Estimant ‘‘qu’une majorité claire et incontestable s’est dégagée pour, d’une part, relever de ses fonctions l’ancien Vice-président Bouba K. Traoré pour incompétence notoire et à la demande expresse de son entité et d’autre part valider le bureau des jeunes dirigé par Ibrahima Traoré dit Jack Bauer’’, le Comité stratégique dit être ‘‘conscient de ses responsabilités pour la réussite de la Transition en cours et déterminé à continuer à y apporter toute sa part’’.

Toute en promettant de ‘’ne pas rentrer dans des débats de caniveaux suscités et entretenus pour servir certains agendas individuels qui n’ont rien à voir avec les intérêts fondamentaux du Mali’’, le M5-RFP de l’Imam dit réaffirmer ‘‘son ferme engagement à œuvrer pour la réalisation pleine et entière des idéaux du M5-RFP , (œuvrer) à cette fin à la restauration et au renforcement de la cohésion au sein du M5-RFP malgré les graines de la division que sèment certains fossoyeurs du mouvement … (et inscrire) toutes ses actions dans la réussite de la Transition et la consolidation de ses acquis’’.

Le Comité stratégique de l’Imam Oumarou Diarra ‘‘ demande à Choguel Kokalla Maiga, président du Comité stratégique à sortir sans délai de son mutisme pour rassurer face aux graves accusations de manipulation qui pèsent sur lui et sur sa responsabilité éminente dans la situation actuelle’’.

L’abrogation du décret de nomination par le Premier ministre de responsables du M5-RFP procède-t-elle d’une manipulation de la part du président du Comité stratégique ? Où est la différence entre la Primature et le M5-RFP ? Entre le Chef du gouvernement et le président du Comité stratégique ? Franchissant la barrière, Choguel Kokalla Maïga est interpellé sur les raisons du limogeage des cadres du M5-RFP.   

Le mardi 27 février 2024 toujours, le Comité Stratégique du Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (CS/M5-RFP) s’est réuni à son siège à Badalabougou SEMA Rue 148, Porte F/118 sous la présidence du vice-président Bouba K Traoré en session extraordinaire sur la situation interne du mouvement.

Au regard des ‘‘atteintes graves à la cohésion et à la violation de l’esprit d’union sacrée autour des idéaux du Peuple malien porté par le M5-RFP, par lesquelles lesdits membres du CS/M5-RFP se sont illustrés, notamment par la diffusion coordonnée et en direct sur les réseaux sociaux de messages et de mots d’ordre portant préjudice à l’image du Comité Stratégique et aux idéaux du M5-RFP le 23 février 2024’’ d’une part ; et de ‘‘la décision unilatérale de remplacer le Vice-président Bouba K. Traoré par un autre membre du CS/M5-RFP de manière cavalière sur les réseaux sociaux et sans consultation du président dudit Comité’’, le Comité stratégique du M5-RFP décide de suspendre ‘‘jusqu’à nouvel ordre’’ Me Mountaga Tall, membre du FSD et Oumarou Diarra, membre du MPJ-Faso Yelen.

La déclaration signée de Bouba K Traoré, ajoute ces derniers ‘‘ne sont plus autorisées à s’exprimer et à agir au nom du Comité Stratégique du M5-RFP, ni à se prévaloir de la qualité de membre dudit Comité Stratégique’’.

28 février 2024

Le mercredi 28 février 2024, réagissant à sa suspension du Comité stratégique, dans une publication sur les réseaux sociaux qui a fait grand bruit, l’avocat et homme politique, Me Mountaga Tall estime qu’il n’y a pas de crise ni au M5-RFP ni au FSD.  Qui des suspensions ? Le président du CNID-FYT les qualifie de ‘‘shows médiatiques pour ceux qui les prononcent et pure manipulation de leur mentor.  Qui, avec seulement 2 ou 3 entités sur 11 peut suspendre ou exclure ceux qui constituent la majorité absolue. Et qui, plus est, ont la vérité avec eux. Laquelle ne tardera pas à éclater et les Maliens seront édifiés. Inch’Allah !’’ Visiblement à bout de patience, le leader ‘‘suspendu’’ dit ‘‘chacun doit désormais s’assumer à visage découvert ou assumer les conséquences de ses actes’’. Et menace : ‘‘En 48 heures ! Wassalam’’.

Le même mercredi 28 février 2024, l’Imam Oumarou Diarra, au nom du Mouvement du 5 juin Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) invite la presse à une conférence de presse pour le lendemain jeudi 29 février 2024 à 17heures à la maison de la presse. Mais ‘‘en raison du rappel à Dieu de l’épouse de Bouba K. Traoré, Imam Oumarou Diarra, président par intérim du Comité Stratégique du Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), porte à l’attention des militantes et militants et de l’opinion nationale, le report de la conférence de presse initialement prévue le jeudi 29 février au Samedi 2 mars 2024 à 161100 à la Maison de la Presse’’.

1e Mars 2024

Interrogé par les journalistes à la fin du grand meeting populaire sur la sortie de la CEDEAO des pays de l’AES organisé le 1e mars 2024 dans la salle de 5000 places du Palais des sports Salamatou, Cgoguel Kokalla Maïga, Choguel Kokalla MAIGA est revenu sur les circonstances de la naissance du M5-RFP, les difficultés rencontrées par le mouvement ainsi que les perspectives. Voici l’économie de ce qu’il a dit  :

‘‘Actuellement, il y a trop de micmacs sur les réseaux. Mais il ne faut pas se tromper. Il n’y a qu’un problème à trois composantes au sein du M5.

J’avais dit au début à tous les responsables du M5 que pour ce qui est de l’après transition personne n’avait le droit de discuter sans que je ne parle avec le président de la Transition. Si on s’entend sur quelque chose, je vais leur rendre compte. Celui qui est d’accord, il suit cela. Mais qui n’est pas d’accord, il fait autre chose.

Mais, si on fait des plans dans le dos des militaires, c’est de la trahison. Je ne suis pas là-dans. Il y a des gens qui veulent être candidats. Mais qu’ils soient candidats. A ma se Kele ka wuli a la wo (ce n’est pas une raison de se bagarrer) !

Deuxièmement, il y a des militaires qui veulent affaiblir le M5. Ne be u don, u be bara min nan, ne be a be don (Je les connais, je connais leur plan). A tiam be yen ne be u toxo don. U be reunion ke yoro min ne be a don (Je connais le nom de beaucoup d’entre eux et le lieu de leur réunion). J’ai toute la liste. U be fe ka M5 affaibli. Ulu de be M5 mogow welé ka fo u yé. Ils appellent les gens du M5 et leur disent : tout votre problème, c’est votre Président. On ne connaît pas ses intentions : est-ce qu’il veut être président ou non. Donc pour l’affaiblir, il faut dire que vous ne voulez pas de lui. Par  conséquent il va être faible. Il va venir se rendre. Ça c’est la deuxième chose.

Et puis le reste, ce sont ceux qui sont là qui cherchent des places, de l’argent, des noms. Moi je ne suis pas dans ça’’.

2 Mars 2024

Le samedi 2 mars 2024, Me Mountaga Tall, l’Imam Oumarou Diarra et Jeamille Bittar coprésident la conférence de presse au cours de laquelle ils réaffirment leurs positions, interpellent et donnent un ultimatum, pardon ‘‘«un ultime appel» à Choguel Kokalla Maiga, président du Comité stratégique, à rassurer face aux graves accusations de manipulation qui pèsent sur lui et sur sa responsabilité éminente dans la situation actuelle notamment après ses déclarations à l’issue de son meeting du 1er mars’’.

Au cours de la conférence, ils affirment : ‘‘nous lui donnons 72 heures pour respecter le fait majoritaire, prononcer la nullité des « sanctions » commanditées, travailler à restaurer sans délai la cohésion et l’entente au sein du mouvement, sortir définitivement de ses shows mensongers offensants pour ses camarades de lutte, arrêter d’instrumentaliser certains jeunes et membres de son Cabinet.

A défaut, Il sera purement, simplement et démocratiquement demis de ses fonctions de président du Comité Stratégiques et ramené au niveau de militant à la base sans qu’il soit besoin de suspensions ou d’exclusions qui restent les armes des faibles.

Le choix est clair : être à la hauteur des responsabilités ou partir de la présidence du Comité Stratégique’’.

La crise a franchi un nouveau seuil au regard des nouvelles revendications. S’il se plie aux diktats de la fronde contre lui en prononçant nulles et non-avenues ‘‘les sanctions commanditées’’ ; en disant accepter de travailler désormais à restaurer sans délai la cohésion et l’entente au sein du M5, en avouant sortir désormais définitivement de ses shows mensongers offensants pour ses camarades de lutte ; en confessant d’arrêter d’instrumentaliser certains jeunes et membres de son Cabinet, le Dr Choguel Kokalla Maïga reconnaitra publiquement que c’est lui l’Alpha et l’Oméga du problème du M5. Car c’est lui qui a dicté les sanctions contre les frondeurs ; c’est lui divise et clanise le Mouvement ; qu’il ne faisait que mentir sur autres et ne faisait que manipuler les jeunes et les membres de son cabinet à des fins politiques. En d’autres termes, les frondeurs lui demandent de se renier et de se faire hara-kiri publiquement, confesser ce qu’il n’a pas fait et dit ? Les exigences lèvent le voile les vrais mobiles et objectifs des frondeurs car ils savent qu’aucun politique sain d’esprit ne va passer aux faux aveux juste pour rester président du Comité stratégique du M5-RFP. Puisque Choguel ne va pas obtempérer, ‘‘il sera purement, simplement et démocratiquement demis de ses fonctions de président du Comité Stratégiques et ramené au niveau de militant à la base’’. Pour quelle finalité ? L’affaiblir ? Non, plus : l’humilier. Non, plus : l’enterrer… pour qu’il n’empêche plus de tourner en round. Comme les places seront libérées, et il y aura à boire et à manger.    

5 mars 2024

Ainsi le mardi 5 mars 2024, à la fin de l’ultimatum, le Comité Stratégique du Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) de l’Imam et de l’avocat, réuni en session extraordinaire ‘‘pour examiner les suites réservées par Choguel Kokalla Maiga aux demandes l’invitant à se hisser à la hauteur de ses responsabilités’’ dit avoir constaté que ce dernier ne s’est pas exécuté et a refusé de se suicider politiquement avant ‘‘l’expiration du délai qui lui a été imparti pour ramener la cohésion et la sérénité au sein du M5-RFP’’.

Aussi, nuitamment, il a été pris la décision ‘‘de révoquer purement, simplement et démocratique le mandat de président du Comité stratégique du M5-RFP initialement confié à Choguel Kokalla Maïga’’. Pour paraphraser l’imam Oumarou Diarra, l’air a-t-il cesser de circuler ? La terre a-t-il arrêté de tourner ?

Quel gâchis pour un si grand Mouvement politique qui se fissure chaque fois qu’on appâte certains de ses leaders avec des prospectives foireuses ! Ni i ye i ka wulu farin faga, do ta be I kin. Comme s’ils ignoraient que divisés, ils deviennent tous faibles, à la merci de la perspective…

Mais non, car dans son communiqué N°01 du 9 mars 2024, le président confirmé de la jeunesse du M5-RFP se réjouit et félicite ‘‘le Comité stratégique pour la décision courageuse, souveraine et salutaire portant retrait du mandat de la présidence du comité stratégique à Choguel Kokalla Maïga. Par ailleurs, le Bureau national de la jeunesse réitère son soutien inconditionnel au Comité stratégique afin de mener à bien toutes les missions du M5-RFP.

Où en est-on justement avec les missions du M5-RFP ?

1. La lutte contre la corruption

Pour le M5, il s’agit d’engager une croisade implacable contre ce fléau, de procéder également à la réduction du train de vie de l’Etat, à la transparence et la redevabilité à tous les niveaux. Ce permettra d’engranger d’énormes ressources qui pourraient ainsi être affectées à la satisfaction de la demande sociale pour freiner la paupérisation croissante et la hausse insupportable du coût de la vie.

De manière éloquente, cette revendication constitue la réussite la plus palpable et la plus tangible de la transition. Dès son discours d’investiture, le président de la transition a annoncé la réduction de deux-tiers de ses fonds de souveraineté soit 100 millions par mois qui doivent être investis dans les œuvres sociaux sanitaires notamment, pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaire dans les zones difficiles de notre pays et la réhabilitation des salles de classes.

A sa suite, le gouvernement a inscrit la réduction du train de vie de l’État en priorité de son programme d’action gouvernementale (PAG). Lors de la seule première année de sa mise en œuvre, le gouvernement du Dr Choguel Kokalla Maïga a ainsi réussi mobiliser 101 milliards FCFA. Le gouvernement a ainsi pu appuyer le budget d’équipement de l’armée nationale et aider à faire face à la demande sociale, notamment des travailleurs. Dans cette veine on peut citer la rationalisation des missions à l’estranger.

En effet, on peut rappeler utilement les termes de la Circulaire confidentielle N°0737/PM-CAB du 21 septembre 2021 du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga à tous les ministres qui réduit au strict minimum leurs missions à officielles à l’extérieur pour faire des économies que ‘‘compte tenu de la conjoncture, des restrictions budgétaires ont été décidées pour réduire le train de vie de l’Etat.  Cette mesure doit être prise en compte au moment où des demandes de mission hors du pays sont sollicitées. A l’avenir, seules seront autorisées : – les missions dont tous les frais sont à la charge de la partie invitante. -les missions dont l’apport au développement national est jugé pertinent’’.

Pour ce qui est de la lutte implacable contre la corruption et la transparence et la redevabilité à tous les niveaux, est-il besoin de rappeler le nombre de cadres sous les véreux et le fléchissement de la courbe de l’impunité depuis le début de la transition.

2. La mise en œuvre de véritables poursuites judiciaires contre les commanditaires, auteurs et complices des tueries et exactions contre les victimes de la crise.

Le procureur a ouvert une information judiciaire, et force est d’acter l’arrestation du commandant de la FORSAT déployée à Bamako, le Commissaire de police Oumar Samaké le 3 septembre 2021 dans l’affaire des tueries des 10, 11 et 12 juillet 2020 à Bamako (14 manifestants, dont deux enfants, ont été tués à Bamako par les forces de l’ordre au cours de ces journées de manifestation).

3. L’audit du patrimoine immobilier de l’Etat et des Collectivités territoriales ainsi que des ressources publiques allouées à certains départements ministériels, services stratégiques et projets de développement.

Pour ce qui est de la poursuite des actions judiciaires dans les dossiers d’armements et d’équipements militaires, des officiers supérieurs ont été arrêtés et la transition a ouvert et/ou poursuivit des actions judiciaires dans les dossiers, objets des rapports de contrôle du VEGAL et des autres organismes de contrôle de l’Etat. En plus de l’évaluation de la LOPM, le gouvernement de la transition, depuis la rectification, a entrepris avec des résultats tangibles : l’audit des dépenses liées à la loi de la programmation de la sécurité intérieure ; l’audit des dépenses liées au Fonds COVID-19 ; l’audit de la cession des bâtiments publics à Bamako (qui fera bientôt beaucoup de bruits encore dit-on) ; l’audit du cadastre minier ; l’audit d’institutions de la République (qui vaut certains chefs d’institutions d’être arrêtés… Au Programme gouvernemental est également inscrit l’audit d’organismes personnalisés et d’Autorités administratives indépendantes et l’audit de grands programmes/projets nationaux.

4. Les Assises Nationales de la Refondation

La tenue du 27 au 30 décembre 2021 des Assises Nationales de la Refondation qui ont abouti à un large consensus national sur les grandes préoccupations de la Nation ainsi qu’à la conclusion d’un Pacte national de stabilité sociale, sécuritaire et de croissance, à une trêve globale (politique, sécuritaire, syndicale, sociale et économique, etc.) et à la création d’un climat d’apaisement, de sérénité, de confiance mutuelle. Toutes choses qui ont conduit comme l’avait prévu Choguel Kokalla Maiga dans son discours du 6 mai 2021 face à Bah N’Daw à une stabilité qui a permis ‘‘de consacrer les énergies et les ressources de la Nation à la lutte contre le terrorisme et à la conduite consensuelle dans la paix des réformes politiques et institutionnelles nécessaires à la Refondation du Mali’’. La France et la Minusma sont chassées, Kidal est libérée. La CEDEAO et l’Accord d’Alger sont devenus histoire ancienne.

5. La révision consensuelle et inclusive de la Constitution

Dans le cadre du processus référendaire, la Médiation internationale a commis une expertise juridique internationale pour, dans la mesure du possible, faciliter une compréhension commune de la relation entre le projet de Constitution soumis à référendum le 18 juin et l’Accord de paix, notamment en ses dispositions relatives au cadre institutionnel et à la réorganisation territoriale. Sur la base de l’expertise qu’elle a commise, le projet de Constitution, qui reconnaît le principe de la libre administration des collectivités locales, ne fait pas obstacle à l’opérationnalisation de l’architecture institutionnelle prévue par l’Accord.

L’élaboration la Constitution du 27 juillet 2023, était l’une des exigences fortes du M5-RFP et des Assises Nationales de la Refondation. Aussi, avait-elle avait valeur de commandement pour les autorités de la Transition.

En raison de l’importance de la Constitution, norme suprême, pour un État, le président de la transition, chef de l’Etat, a décidé d’imprimer le caractère le plus participatif et le plus inclusif possible au processus de son élaboration. Ainsi, le comité de rédaction de 27 membres de profils divers a consulté l’ensemble des forces vives de la Nation et les différents acteurs institutionnels. L’avant-projet de constitution qu’il m’a remis à l’initiateur a fait l’objet d’une large restitution dans tous les segments de la société et à l’étranger.

Guidé par le souci de créer un large consensus national autour du document, Koulouba a décidé de le soumettre à une commission de finalisation de 68 membres choisis parmi les représentants des institutions publiques, des forces vives de la nation et des Maliens établis à l’extérieur.

Le projet de Constitution qui est sorti de ses travaux a été le fruit d’intenses discussions au cours desquelles, il n’y a eu aucune censure. Le Gouvernement, pour sa part, a procédé à sa large vulgarisation auprès des Maliennes et des Maliens, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, afin qu’ils aient une parfaite connaissance de son contenu et puissent voter en toute connaissance de cause. Pour la première fois, les Maliens ont voté pour une Constitution écrite par des Maliens pour les Maliens.

La nouvelle Constitution est adoptée le 10 juin par référendum et proclamée le 27 juillet 2023.

6. La relecture et la mise en œuvre intelligente de l’Accord

Par-delà la relecture et sa mise en œuvre intelligente de l’Accord pour la paix et de réconciliation issu du processus d’Alger, conformément aux recommandations unanimes de nombreux foras aux exigences du M5-RFP et du PAG, le gouvernement de la transition conduit par le Dr Choguel Kokalla Maïga, après une évaluation des neuf (9) années de tentatives d’application, et dans le respect des principes fondamentaux d’unité nationale, d’intégrité du territoire national, de souveraineté de l’Etat et de la forme républicaine et laïque de l’Etat ; le Gouvernement de la Transition constate l’inapplicabilité absolue de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, signé en 2015 et par conséquent, annonce sa fin, avec effet immédiat. Il a invité tous les autres groupes signataires du caduc accord de paix, non impliqués dans le terrorisme, ainsi que les partenaires du Mali à s’inscrire dans l’esprit du dialogue direct inter-malien ouvert à tous nos compatriotes épris de paix, annoncé le Président de la Transition dans son adresse à la nation le 31 Décembre 2023.

7. La mise en place d’un organe unique de gestion des élections tel que réclamé unanimement par la classe politique et la société civile ;

L’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) tel qu’acté par les assises nationales de la refondation, a été retenu lors de la Concertation de trois jours (24-26 septembre 2021) au Centre international des conférences de Bamako.

Cette concertation qui a regroupé l’ensemble de la classe politique et de la société civile avait pour but de renforcer la crédibilité et l’efficacité du processus électoral par la création d’un organe unique indépendant et pérenne de gestion des élections d’une part, et, d’autre part, de préparer la tenue des assises nationales de la refondation par la validation de l’avant-projet de termes de référence et du chronogramme. A l’issue de ces assises, les participants ont assigné à l’Autorité Indépendante de Gestion des élections ‘’AIGE’’ le mandat d’organiser les élections.

Selon l’article 4 de la loi N°2022-019 du 24 juin 2022 Portant loi électorale, ‘‘l’Autorité́ indépendante de Gestion des Élections a pour mission l’organisation et la gestion de toutes les opérations référendaires et électorales’’.  Et ‘‘le Ministère chargé de l’Administration territoriale a pour mission d’appuyer l’AIGE’’ (article 5).

L’AIGE un organe de l’Etat qui bénéficiera du support nécessaire de toutes les entités de l’Etat qui ont toujours contribué à la réussite des processus électoraux notamment le ministère chargé de l’Administration Territoriale, le ministère chargé de la Justice, à travers les Cours et Tribunaux, sans oublier la Cour Constitutionnelle, les Départements en charge de la Défense et de la Sécurité, le Département de la Communication à travers le Comité de l’Egal Accès aux Médias d’Etat, et (…) le ministère chargé des Finances.

8. La dissolution du Gouvernement et du CNT

Le Comité stratégique du M5-RFP et son président qui étaient vent-débout contre le gouvernement de Moctar Ouane et le Conseil National de Transition et proposaient son remplacement par un organe plus respectueux de la Loi et plus légitime (et avaient même introduit une procédure en dissolution auprès de la Cour suprême), ont du faire un compromis politique suite à la nomination du Dr Choguel Kokalla Maiga comme Premier ministre Chef du gouvernement.

9. La fin de la répression des manifestations démocratiques et pacifiques qui sont des droits constitutionnels, des arrestations abusives et extrajudiciaires, des faits du prince contre des populations démunies et en violation de la Loi comme les démolitions d’habitations.

Le contexte d’exception et la situation sécuritaire ont eu raison de certains droits et des libertés démocratiques et constitutionnelles comme le droit de manifester et entrainer le recours fréquent d’infractions politiques comme l’atteinte au crédit de l’Etat. Sinon pour le reste, ce sont les démocrates qui abdiquer.

10. Enfin, la création des conditions sécuritaires sans lesquelles le retour de l’Administration et la fourniture des services sociaux de base seront des leurres.

Après le changement de partenaire stratégique, le gouvernement de transition a poursuivi le rééquipement des FAMa notamment en vecteurs aériens.

Tirant les leçons de l’échec d’une décennie d’intervention militaire internationale déclenchée pour soutenir notre pays et ses forces de défense et de sécurité, les autorités de transition ont donné congé le 16 juin à la Minusma après Barkhane, Takuba, la Force Conjointe du G5 Sahel et le retrait subséquent des missions européennes EUTM, EUCAP Sahel. Après la fin de cet embouteillage sécuritaire, les forces armées maliennes (FAMa) ont étendu leur empire sur l’ensemble du territoire, boutant hors de leurs sanctuaires les groupes terroristes et leurs complices, notamment. Cette vaste opération consécutive au retrait des forces onusiennes s’est soldé le 14 novembre par la fuite des combattants de CMA-CSP et l’entrée triomphale des FAMa dans la ville Kidal, interdite officiellement à toute présence malienne depuis 11 ans. Pour le peuple malien c’est un jour historique car, le Mali redevient de Kayes à Kidal.

Mais tout ne s’est joué en cette seule journée du 14 novembre, ni en cette seule année 2023. La mission de recouvrir l’entièreté de l’intégrité territoriale de notre pays, de le stabiliser, de sécuriser l’ensemble des populations et leurs ainsi que leur assurer la quiétude et la liberté d’aller et venir conformément à la Constitution (qui est loin d’être atteinte) est un objectif consubstantiel à la cette transition. Objectif auquel s’attèlent les filles et fils de cette nation, nuit et jour, au-delà des seules forces de défense et sécurité.

Cette prise de Kidal, en dépit des narratifs des rabat-joie est un pas de géant dans les offensives pour l’unification du territoire national. En effet, le mardi 14 novembre 2023, la ville de Kidal a été prise par les Forces armées maliennes (FAMA) et le mercredi 20 décembre, elles ont pris position sans heurts dans la localité emblématique de Aguelhock.

Mission accomplie pour les Forces armées maliennes (FAMA) ? Pour le chef suprême de l’armée malienne, les forces armées et de sécurité du Mali poursuivent leur progression car la mission n’est pas achevée. En effet, elle consiste à recouvrer et à sécuriser l’intégrité du territoire, sans exclusive aucune, conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité. Une conviction qu’elle a rappelé dans son adresse du nouvel an 2024.

LA RÉDACTION

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