Lors du lancement des travaux de la première édition des états généraux du barreau du Mali, hier mercredi 26 juillet 2023, le Premier ministre, Choguel Kokalla MAIGA, s’est attardé sur quelques questions spécifiques qui ont trait à l’actualité nationale. En faisant le tour d’horizon sur certaines actualités, le chef du gouvernement a tenu à mettre les points sur les ‘’I’’ et les barres sur les ‘’T’’.

D’entrée de jeu, le chef du gouvernement a rappelé que la transition malienne était issue de la volonté de Dieu et du Peuple malien. Il a déclaré que toute personne physique ou morale qui tenterait de l’entraver serait bloquée par le Tout Puissant et le Peuple malien.
« Depuis la rectification, une méthode a été adoptée, à savoir dire tout au peuple malien sans ambiguïté », a affirmé Choguel Kokalla MAIGA.
Selon lui, le fait d’expliquer, de justifier et si nécessaire de défendre les positions du Président de la Transition est la conception qu’il a du rôle du Premier ministre.
Le Dr Choguel Kokalla MAÏGA a expliqué que lors des assises nationales de la refondation, des groupes sociopolitiques ont affirmé qu’ils n’étaient pas concernés et qu’ils ne prendraient pas part à ces concertations nationales. Pire encore, rappelle-t-il, ceux-ci avaient qualifié ces assises comme celles de Choguel.

Déjouer le complot des manipulateurs
« Le Président a appelé tous les fils du pays pour que chacun aille dire, lors des Assises, ce qui ne va pas dans le pays pour qu’on le redresse. Malgré deux rencontres du Président, certains ne sont pas venus et après, ils ont tenté d’expliquer à l’opinion que c’est le Premier ministre qui a refusé de les recevoir », a critiqué le chef du gouvernement.
Il a fait comprendre que souvent le Président s’implique pour aider le Premier ministre, mais quelqu’un qui ne veut pas voir, rien ne lui fera dire qu’il a vu.
Selon les explications de Choguel Kokalla MAIGA, malgré la complexité de la situation, les autorités de la transition se posent toujours les bonnes questions pour éviter que les manipulateurs embrouillent les faits réels.
Il a soutenu que dans notre pays, il y a une classe de personnes qui a toujours survécu grâce à la manipulation. Ils disent, affirme-t-il, des choses auxquelles les citoyens croient alors qu’ils n’ont aucune preuve.
« On est habitué à salir les personnalités au Mali; les personnes les plus vertueuses se taisent. Les plus arrogants, les plus effrontés, les plus indisciplinés, en violation de toute règle sociale, s’attaquent à des personnalités qui préfèrent garder le silence. Nous avons décidé, dès notre prise de fonction, que devant toute situation qui se pose, nous faisons la part entre l’essentiel et l’accessoire », a affirmé Choguel Kokalla MAIGA, avant d’ajouter que la transition se donne comme devoir de donner toujours la vraie version des faits aux Maliens qui ont l’intelligence nécessaire de faire leur religion.

À qui profite le crime ?
Voilà la question que le Premier ministre a posée avant d’aborder les polémiques soulevées après ses déclarations devant les légitimités traditionnelles en 2021. Il a rappelé que le 11 novembre 2021, lors d’une rencontre avec les légitimités traditionnelles, il avait déclaré que la démocratie avait été présentée aux Africains dans les années 1990 comme une panacée. Et que trente ans après, on constate que les États sont détruits, les écoles sont détruites, il y a l’anarchie et la seule chose qui prospère est le nombre des partis politiques qui ne cesse de grimper.
Toujours selon le Dr MAIGA, quelque temps après, quand le Président de la transition a rencontré la classe politique et leur a demandé de soutenir le Premier ministre et le gouvernement, certains ont vite réalisé qu’il durera certainement à la Primature. Alors qu’ils lui avaient prédit une durée de 3 mois comme Premier ministre.
«Donc, fin novembre, certains sont sortis pour dire que le Premier ministre est en train d’insulter le mouvement démocratique. Ils se sont donné à cœur joie de tirer à boulets rouges sur ma personne. Leur objectif était de me faire partir. Heureusement, ils ont dit ce qu’ils voulaient et nous sommes là depuis deux ans et les Maliens sont globalement satisfaits du travail », s’est vanté Choguel Kokalla MAIGA.
De même, il a indiqué qu’avec le dernier remaniement ministériel, la plupart des ministres issus des rangs du M5-RFP ont été remerciés. Selon Choguel, certains ont vu cela comme une action pour l’isoler tandis que d’autres l’accusent d’avoir trahi sa base.
« Mais moi je ne suis pas naïf, je me pose toujours la question : quelle est la contradiction principale ? Elle est la suivante : avant le départ de l’ancien Président, est-ce qu’on avait cherché à être ministre ? On avait demandé le départ du Président, il est parti. L’on tuait des villages entiers et des camps étaient rasés et on n’a dit qu’il fallait mettre fin à cela. Je pense que cela est fini et d’ici deux à trois ans le Mali recouvrera l’ensemble de son territoire », a précisé Choguel.
Il a rappelé que la révolution avait demandé des réformes politiques et institutionnelles.
«La nouvelle Constitution qui est mère des réformes vient d’être adoptée. Avant les assises nationales de la refondation ont été tenues et ses recommandations constituent aujourd’hui le référentiel politique. L’on a demandé la mise en place de l’AIGE pour minimiser les contestations post-électorales », a indiqué Choguel Kokalla MAIGA, avant de demander si par rapport à ces objectifs l’on peut dire que la transition n’a pas avancé ? Je dis non, a-t-il répondu; tout en demandant aux Maliens de rester chevillés aux résultats de la contradiction principale.
« Certains ont cru qu’en quittant le M5-RFP, c’est fini pour ce regroupement, en oubliant que le M5 est un esprit. Toute personne qui quitte, part avec sa personne, l’esprit M5 qui est le changement a pris tout le Mali. Les Maliens veulent le changement. Donc ce n’est pas une question d’individu. Nous nous sommes attelés à réaliser tout ce que les Maliens ont demandé. Mais dans toute œuvre humaine, il y a des insuffisances. L’on essaye de les corriger et d’avancer », a soutenu Choguel Kokalla MAIGA.
Par ailleurs, dira-t-il que certains ont toujours cherché à lui faire tomber en cherchant à créer des désaccords entre lui et les 5 colonels, l’armée, et les Maliens.
«Heureusement ces attaques ne marchent pas », a fustigé le Chef du gouvernement.

‘’ Les ignares triomphants’’
Pour le Premier ministre, les ignares triomphants sont des gens qui se réveillent entre midi et 14 heures alors que l’heure de travail c’est 7h30. Des gens qui viennent dire que ceux qui se sont réveillés à 7h30 se sont réveillés très tôt.
«Des gens qui n’ont jamais lu un livre, mais parce qu’ils sont dans des positions institutionnelles attaquent tout le monde. Le mardi 11 juillet et le jeudi 13 juillet, lorsque j’ai parlé devant les membres du CINSERE ANR ; j’ai dit ceci : ‘’nous avons passé un temps à nous battre, à restituer au peuple son honneur et sa dignité, à recouvrer notre souveraineté, à avoir notre armée, nous l’avons fait, nous avons reçu à faire entendre notre voix. Ne dormons pas sur les lauriers, occupons-nous des questions de développement économique et social. Une population qui a faim, même si vous la libérez elle va chercher à manger et elle va vous chasser si elle ne trouve pas à manger. J’ai dit qu’il faut le développement économique et social avec la construction des infrastructures’’ »
Il s’est demandé ce qu’il y a de mal à ce que le Premier ministre, devant le nouveau gouvernement, dicte les nouvelles orientations.
«Mais les ignares triomphants sont allés sur tous les plateaux pour dire que le Premier ministre a trahi le Président, il a trahi l’armée, il veut se défoncer, il y a ceci, il y a cela. Heureusement que le Président de la transition, dans son voyage historique à Kayes, leur a porté un coup fatal et cinglant. À Kayes, le Président a inauguré un lycée, lancé des routes, des centres de santé… Des infrastructures qui reflètent le développement économique et social», a déclaré le Premier ministre.
Il a soutenu qu’il n’y avait pas de différence entre les actes posés par le Président de la transition et ce qu’il a dit récemment et qui a fait bouillonner tout le Mali.
Pour lui, ces agitations contre sa personne s’expliquent tout simplement par le fait qu’il y a des manipulateurs patentés et chevronnés au Mali qui vivent de ça depuis des années.
« Personne, sauf Dieu et le Peuple, ne nous intimidera. Nous allons continuer droit, et on ne virera pas. S’ils attendent au tournant, ils ne nous verront pas parce que nous partons tout droit », a déclaré Choguel Kokalla MAIGA.

Fameuses sanctions des USA
Les États-Unis d’Amérique ont annoncé récemment des sanctions contre le ministre de la Défense et deux autres officiers. À travers ces sanctions, les USA ont décidé de geler les avoirs des officiers concernés.
« Est ce qu’ils ont des avoirs là-bas ? » a ironisé le Premier ministre.
Selon Choguel, contrairement à ces officiers, il y a une catégorie de cadres, quand on leur interdit le visa, ou quand on ferme leurs comptes, ils meurent. ‘’Ce n’est pas le cas avec ceux avec qui je travaille. Il y a une bataille géopolitique et géostratégique dans laquelle l’on veut mettre le Mali. Nous ne voulons pas être dans une bataille qui n’est pas la nôtre », a-t-il clairement tranché.
Pour lui, la technique est d’isoler ces officiers et les salir.
«J’ai dit qu’ils n’abattront jamais ces officiers parce que nous ne laisserons jamais nos officiers et notre armée. Les Maliens se sont serrés les ceintures pour renforcer les capacités de l’armée, et aujourd’hui, le Mali a l’une des armées les plus puissantes en Afrique au sud du Sahara », a souligné le Chef du gouvernement.
« Aujourd’hui, c’est notre armée qui terrorise les terroristes », a paraphrasé Choguel avant de soutenir que tous leurs camps ont été détruits et leurs bases saccagées par l’armée.
Selon lui, avec la montée en puissance de l’armée malienne, les terroristes en débandade attaquent, de temps en temps, des villages et des cibles molles.
«Que les Maliens patientent, les autorités de la transition feront tout pour mettre fin à cette situation», a rassuré le Dr Choguel Kokalla MAIGA.
Le Chef du gouvernement a expliqué que cette cabale contre les militaires intervenait à un moment où l’armée malienne monte en puissance et que le premier déboire des terroristes est l’armée de l’air ; au moment où le Peuple malien vient de réussir l’organisation de la biennale à Mopti.
«La biennale s’est tenue sans encombre dans l’épicentre du terrorisme à Mopti », s’est réjoui le PM.
Aussi, a-t-il soutenu que ces sanctions interviennent au moment où le Mali vient de signer l’acte de naissance du Mali Kura avec l’adoption de la nouvelle constitution. Il n’a pas manqué de souligner le voyage historique du Président de la transition à Kayes le dimanche passé et sa présence en Russie.
« Le gouvernement travaille actuellement à une stratégie d’expansion de l’État partout où les forces internationales vont quitter. Tout est mis en œuvre pour prouver que le Mali puisse se développer sans attendre une aide de l’extérieur », a rassuré Choguel Kokalla MAIGA.
« Quand les USA ont annoncé les sanctions contre les trois officiers, un conseiller de Bill Clinton a dit ceci dans le New York Times : ce sont des sanctions disproportionnées et injustes », a révélé le Premier ministre.
Il a saisi l’occasion pour appeler les Maliens à rester vigilants, déterminés et unis pour faire échec à toutes les manœuvres contre le Mali.
« Les Maliens regardent le gouvernement de transition, toute l’Afrique regarde le Mali, tout le monde entier regarde le Mali. Nous avons une responsabilité que nous n’avons pas le droit de rater. En Afrique, toutes les grandes causes tombent souvent à l’eau à cause des mesquineries de quelques personnes. Dans le cas du Mali, avec ces comploteurs invétérés que les Maliens ont découverts, on ne les écoutera plus. Parce que l’on ne perd jamais de vue l’essentiel », a déclaré Choguel Kokalla MAIGA, avant de conclure : « sauf Dieu et le peuple, personne ne nous détournera des objectifs initiaux de la transition. Tous les comploteurs et tous les manipulateurs se fatiguent parce j’ai une conscience claire de là où on n’a quitté, d’où nous sommes et d’où nous allons ».

PAR MODIBO KONE

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