Le nouveau président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye a été désigné comme facilitateur de la CEDEAO dans les discussions de la Communauté avec l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger). C’est ce qui ressort du communiqué final du 65e Sommet des Chefs d’États de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tenu ce dimanche 7 juillet 2024, à Abuja (Nigeria), sous la présidence de Bola Ahmed Tinubu, Président de la République Fédérale du Nigéria. Dans sa mission, le Président sénégalais sera en collaboration avec le Président de la République togolaise, Faure Essozimna Gnassingbé.

Le sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO réuni ce dimanche 7 juillet à Abuja dans son communiqué final a exprimé sa déception face au manque de progrès dans les interactions avec les autorités du Burkina Faso, du Mali et du Niger. En outre, la Conférence a demandé à la Commission d’élaborer un plan d’urgence prospectif à son intention pour faire face à toutes les éventualités dans les relations avec les pays de l’AES, en tenant compte des exigences de l’article 91 du Traité révisé de la CEDEAO de 1993.

Parallèlement à ces initiatives, les chefs d’Etat ont réaffirmé leur position de maintenir le dialogue en vue du retour de ces trois Etats au sein de l’organisation. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont notifié, en janvier dernier, à la Commission de la CEDEAO leur décision commune de se retirer de l’organisation sous régionale avec effet immédiat.

Pour éviter la désintégration qui a de lourdes conséquences dans l’espace ouest africain, le sommet a désigné le président du Sénégal Bassirou Diomaye Diakhar Faye comme Facilitateur de la CEDEAO dans les discussions de la Communauté avec l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger), en collaboration avec le président du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé pour tenter sauver la demeure de la fissure. Le président de Guinée Bissau, le Général Umaro Sissoco Embaló s’est proposé de soutenir les discussions, en particulier avec le Burkina Faso.

A la veille, les trois États, au cours de leur sommet, le 6 juillet dernier à Niamey, ont confirmé «leur retrait irrévocable et sans délai de la CEDEAO». Ils ont acté, en outre, la création de la confédération des États du Sahel avec le Colonel Assimi GOITA, président de la Transition du Mali comme président en exercice pour un an.

Élu à la tête du Sénégal à l’issue de l’élection présidentielle, il y a plus de trois mois, Bassirou Diomaye FAYE vient d’être officiellement mandaté par son homologue nigérian Bola Tinubu, actuellement président en exercice de la CEDEAO, pour négocier les trois pays sahéliens de reconsidérer leur décision de retrait.

Toutefois, le tout nouveau Médiateur de la CEDEAO, depuis son retour au bercail, le dimanche soir, après avoir participé à son tout premier Sommet de la CEDEAO, s’est prononcé sur sa désignation comme facilitateur de la CEDEAO auprès des trois pays de l’AES que lui a confié le Président Tinubu.

Le Président sénégalais, Bassirou Diomaye FAYE, à son arrivée à l’aéroport de Dakar, le 7 juillet 2024, après son retour du 65e Sommet de la CEDEAO, a déclaré ceci :« Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Notre responsabilité, c’est de travailler à rapprocher les positions, à les réconcilier, à faire en sorte qu’il puisse y avoir une place de dialogue entre l’organisation et les parties prenantes, notamment l’Alliance des États du Sahel (AES) ».

En tout cas, le retrait des pays membres de l’AES de la CEDEAO, selon nos sources, a été largement discuté le 7 juillet 2024, à Abuja, lors du 65e Sommet ordinaire de l’organisation régionale. Cette Médiation de la CEDEAO sera probablement une dernière chance pour les États de l’AES, à se retourner dans l’Organisation sous régionale. Il reste à savoir si les Présidents de l’AES accorderont une oreille attentive à la médiation du Président sénégalais, Bassirou Diomaye FAYE.

Par ailleurs lors de la cérémonie d’ouverture du sommet de la CEDEAO, le président de la commission Omar Alieu TOURAY a dressé le tableau des conséquences de ce retrait pour la CEDEAO ainsi que les membres de l’AES.

Les conséquences du retrait

Pour M. TOURAY, qui appelait quelques jours plutôt à tout faire pour éviter la désintégration, ce retrait perturbera des acquis consolidés par des années par la CEDEAO en termes de la libre circulation avec un passeport et une carte biométrique commune, des avantages liés au marché commun de plus de 400 millions d’habitants, l’établissement des citoyens, entre autres. Par ailleurs, a-t-il ajouté, cette décision ‘’irréversible’’ selon les dirigeants de la confédération de l’AES aggravera l’insécurité.

« Le retrait des trois pays portera un coup dur à la coopération internationale en matière de sécurité notamment en termes de partages d’information et de la lutte contre le terrorisme dans la sous-région et d’autres initiatives conjointes de la sécurité », a indiqué le président Omar Alieu TOURAY.

En dehors de la CEDEAO, les trois Etats qui ont notifié leur retrait depuis janvier 2024 à la Commission seraient affectés par les conséquences de leur décision conjointe.

Ainsi, selon M. TOURAY, le Mali, le Niger et le Burkina Faso pourraient s’isoler au plan politique et diplomatique sur la scène internationale dans la mesure où ils ne pourront plus bénéficier d’un soutien de bloc.

« Ce retrait affecterait les conditions de voyage et d’immigration des citoyens de l’AES, car ils auront désormais des démarches à mener en vue de l’obtention d’un visa avant de voyager dans les autres États membres de la CEDEAO. Les ressortissants des trois pays vont devoir cesser d’utiliser le passeport biométrique et la carte d’identité nationale de la CEDEAO », a-t-il annoncé.

La désintégration n’est pas aussi sans conséquence au plan économique et financier. En effet, le retrait des membres de l’AES pourrait entrainer l’arrêt ou la suspension de tous les projets et programmes mis en œuvre par la CEDEAO dont la valeur est estimée à plus de 500 millions de dollars. En termes d’emploi, ce sont 130 personnes des trois pays qui vont rendre le tablier.

PAR SABA BALLO

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