2 387,872 milliards en recettes contre 3 070,740 milliards en dépenses

Le Conseil national de Transition (CNT) a approuvé, ce jeudi 7 décembre, la 1ere partie du budget national 2024 arrêté en recettes à 2 387,872 milliards de FCFA et en dépenses à 3 070,740 milliards de FCFA. Dégageant un déficit global de 682,869 milliards de FCFA contre 689,995 milliards de FCFA dans la Loi des Finances rectifiée 2023, soit une diminution de 1,03%. Ce budget prend en compte le contexte sécuritaire et les nouveaux besoins de l’Etat. Encore pour l’année prochaine, le gouvernement affiche sa volonté politique et financière de tenir les élections en prévoyant de plus 70 milliards de FCFA à l’organisation de celles-ci. La priorité reste la tenue de la présidentielle dont la date a été légèrement repoussée.

L’absence du ministre de l’Économie et des finances, son interimaire Youba BA s’est consacré au rituel débat sur l’examen et l’adoption de la Loi des finances 2024 de notre pays au Conseil national de Transition. La première étape de cet exercice démocratique portée sur les conditions générales de l’équilibre budgétaire et financier a été adoptée à l’unanimité par les membres de l’organe législatif de la transition.
Les prévisions du document au titre de 2024 sont établies sur la base d’une prévision de croissance économique de 5,1% contre 5,0% en 2023. L’inflation, mesurée par la moyenne annuelle de l’indice des prix à la consommation, est projetée à 2,5% en 2024 contre 2,8% en 2023.
Dans le rapport de la Commission des finances du CNT, le budget 2024 est arrêté en recettes à la somme de 2 387,872 milliards de FCFA et en dépenses de 3 070,740 milliards de FCFA soit un déficit budgétaire global de 682,869 milliards de FCFA. Comparativement à l’exercice 2023, ce gap est en diminution de 1,03%.
En détail, la Commission précise que les recettes du budget général avaient été fixées à 2 265,402 milliards de FCFA en 2024 contre un montant rectifié de 2 111,866 milliards de FCFA en 2023, soit une hausse de 153,536 milliards de FCFA ou un taux de 7,27%.
Quant aux dépenses du budget général, elles sont évaluées à 2 948,270 milliards de FCFA dont 2 247,125 milliards de FCFA au titre des dépenses ordinaires et 701,146 milliards de FCFA au titre des dépenses en capital. Elles sont en progression de 5,23% par rapport à celles rectifiées de 2023.
L’essentiel de ces recettes seront, selon les prévisions, mobilisées par les services d’assiette et de recouvrement pour un montant estimatif de 2 308,782 milliards de FCFA dont 2272 milliards de FCFA de recettes budgétaire et 36,782 milliards de FCFA de ressources de trésorerie. Parmi les services d’assiette, indique la Commission des Finances, la direction Générale des Impôts (DGI) est le plus grand mobilisateur de recettes avec un apport attendu 1 260,000 milliards de FCFA suivie de la Douane avec 795 milliards de FCFA, de la direction nationale des domaines avec 190 milliards de FCFA…
L’exécution des dépenses de l’Etat, selon la Commission, sera réorientée vers la prise en charge du Plan d’Actions Prioritaires du Gouvernement de la Transition (PAPGT) 2022-2024 du Cadre Stratégique de la Refondation de l’Etat.
Toutefois, à ces allocations s’ajoutent le financement de certaines actions spécifiques, à savoir : la prise en charge des nouveaux organes prévues par la nouvelle Constitution, ainsi que les dépenses de fonctionnement des différentes instances de suivi des actions des réformes institutionnelles : 17,297 milliards de FCFA ; les dépenses de fonctionnement régulier de l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections (AIGE) : 5,597 milliards de FCFA.
Également dans ce budget, le gouvernement de la transition affiche sa volonté politique et financière en faveur de la tenue des élections pour le retour à l’ordre constitutionnel. Ainsi, encore pour le budget 2024, le gouvernement estime les dépenses électorales à 70,750 milliards de FCFA.
Prise en charge des nouveaux services publics
Le budget d’Etat 2024 prend en compte la création des lignes de dépenses pour les nouveaux services publics pour une incidence financière globale de 18,922 milliards de FCFA, qui se présentent comme suit : les services des représentants de l’Etat dans les nouveaux Cercles et Arrondissements : 11 135 000 000 FCFA ; les services en faveur des réparations des victimes : 7 587 167 000 FCFA dont ; l’enveloppe inscrite pour le paiement des réparations : 6 000 000 000 FCFA ; le fonctionnement de l’Autorité de Gestion des Réparations en faveur des Victimes des Crises au Mali : 1 587 167 000 FCFA ; le Centre d’Intelligence Artificielle et de Robotique du Mali : 100 000 000 FCFA ; l’Antenne Nationale de la Cellule Régionale de Prévention de la Radicalisation et de l’Extrémisme Violent : 50 000 000 FCFA ;
Secrétariat Permanent du Conseil National du Dialogue Social : 50 000 000 FCFA.
« Dans le cadre de la déconcentration budgétaire, les crédits inscrits dans les budgets des Régions s’élèvent à 567,880 milliards de FCFA en 2024 contre un montant initial de 564,933 milliards de FCFA en 2023, soit une augmentation de 2,947 milliards de FCFA », ajoute également le rapport de la Commission.
Un pays en guerre depuis 2012, une part importante est réservée pour le renforcement de la défense et de la sécurité. Cependant, pour l’exercice budgétaire de l’année prochaine, la Commission indique dans son rapport : « après des réductions dans le budget rectificatif de 2023, toutes les fonctions, à l’exception de ‘’Ordre et sécurité publics’’, ‘’Protection de l’environnement’’ et ‘’Santé’ enregistrent une progression en termes d’allocations pour 2024 ».
Au-delà d’autres dépenses, il ressort du rapport du CNT que les crédits de paiement des charges salariales du personnel civil et militaire de l’Etat et des fonctionnaires des Collectivités Territoriales prennent une part importante de la Loi des finances. Ainsi, ces crédits sont évalués en 2024 à 1 055,031 milliards de FCFA contre 993,535 milliards de FCFA dans la Loi des Finances rectifiée 2023, soit une augmentation de 6,19%. Cette augmentation est expliquée essentiellement par la Commission du CNT par les avancements classiques de la
fonction publique et la titularisation des nouvelles recrues au sein des militaires, la police et de la protection civile.
La deuxième partie de la Loi de Finances 2024 sera soumise au vote des parlementaires d’ici le 31 décembre 2024 , conformément à la réglementation en vigueur .

PAR SIKOU BAH

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