‘’Le temps de délestage sera réduit pendant le mois de ramadan’’, dixit le DG de l’EDM-SA, Abdoulaye Djibril DIALLO

Le Directeur général de l’Energie du Mali (EDM-SA), Abdoulaye Djibril DIALLO, a affirmé que son service avait besoin de 500 millions de litres de combustible pour une valeur de 309 milliards de francs CFA pour couvrir entièrement le besoin énergétique en 2024. En attendant, l’Etat a pu mobiliser 28 millions litres qui seront consacrés à l’atténuation de la situation pendant le mois de Ramadan.

« Le temps de délestage sera réduit pendant le mois de ramadan », a promis le directeur général de l’EDM lors de son point de presse tenu au siège de la structure, hier jeudi. En présence des responsables des services de l’EDM, cette rencontre est la 1re sortie du DG sur cette crise qui secoue le pays depuis des mois. Au cours de cette rencontre avec la presse, il a indiqué être sensible à cette situation qui frappe durement la population tant au plan social qu’économique parce que, explique-t-il, l’électricité est indispensable dans nos vies.
« Nous en sommes conscients, car nous sommes des vôtres. Nous sommes tous autant affectés directement ou indirectement à travers cette crise. Nous nous sentons redevables, tenus et engagés à relever le défi de fourniture du service public de l’électricité », a indiqué le directeur Abdoulaye Djibril DIALLO.
Faisant le point de la crise, il a rappelé qu’elle est la conséquence de nombreuses causes profondes marquées notamment par l’augmentation de la demande avec une croissance annuelle de 10%. En clair, révèle DG, tous les 7 ans l’activité de l’EDM double. Schématisant la situation, il a expliqué que le besoin en électricité en 2002 estimé 600 millions de kilowattheure est passé à 3,2 milliards kilowattheure en 2024, en l’espace de 20 ans.
Selon lui, cette croissance a un impact important sur les investissements qui doivent suivre, malheureusement ceux-ci connaissent des retards.
L’alternative pour atténuer les effets de ces retards est aussi très onéreuse, regrette-t-il.
Une autre cause évoquée par M. DIALLO est la forte croissance de la thermique dans la production d’électricité dans notre pays. Selon ses explications, à ce jour, cela représente 70% des besoins de production, contre 17% il y a deux décennies.
Ainsi, selon le DG, il n’y a pas de hasard que l’EDM ne soit pas impactée par la flambée du coût du pétrole qui a doublé. En même temps, il a indiqué que la production des barrages hydroélectriques a baissé à cause de la faible pluviométrie que le pays connaît depuis quelque temps.
« EDM-Sa vend à perte. Sans le soutien constant et permanent de l’État à travers ses subventions et ses aides multiformes, nous aurons du mal à assurer le service », a affirmé le Directeur général, saluant les autorités.
Malgré tout, selon le conférencier, l’EDM a enregistré un fort endettement au niveau des banques et des fournisseurs.
Selon le planning de la société, sur la période de février à juin 2024, elle aura besoin de 1,413 milliards de Kilowattheure contre une demande de 1,441 milliards soit un déficit de 27 millions de Kilowattheure. Ce faisant, il faut un approvisionnement en hydrocarbure pour couvrir les besoins. Selon lui, la forte domination de la production au thermique est la cause fondamentale du problème. Un début solution serait d’inverser cette tendance.
« Pour toute l’année 2024, en couvrant la demande à 100%, il faudrait 500 millions de litres de combustible. C’est 11 000 citernes de 45 000 litres. C’est aussi 309 milliards de francs CFA pour acheter tous ces combustibles », a-t-il révélé.
Un montant qui ne prend pas en compte les autres intrants dont les lubrifiants, les pièces de rechange, les travaux de maintenance, l’entretien du réseau et le personnel.
La somme est également en deçà du chiffre d’affaires prévisionnel de 2024 d’EDM-Sa qui sera de l’ordre de 275 milliards FCFA.
« La charge du combustible est largement supérieure à notre chiffre d’affaires. Cela veut dire que sans l’appui constant de l’État, en réalité EDM ne serait pas à mesure d’assurer le service », a-t-il déclaré, informant que les combustibles sont attendus du Niger et de la Russie pour sortir de l’aléatoire.
Déjà, M. DIALLO a confirmé que certains convois sont déjà arrivés dans le pays qui vont constituer des stocks pour l’EDM. L’on apprend que depuis le début de la crise, EDM gère la situation au jour le jour à défaut de combustible.
« La couverture optimale de la pointe 2024 dépendra essentiellement de l’approvisionnement du combustible. Il s’agit de mettre à la disposition des centrales thermiques 21 citernes de 45 000 Litres en fuel HFO et 18 citernes de 45 000 Litres en LFO par jour », a indiqué le directeur général.
Par ailleurs, s’agissant de la couverture du mois de ramadan, M. Abdoulaye Djibril DIALLO a annoncé que 28 millions de litres de carburant sont déjà disponibles. Avec ces combustibles, l’EDM entend « diminuer significativement le temps des délestages » pendant ce mois. De plus, a-t-il ajouté, la direction a décidé «de communiquer désormais le plan détaillé de délestage pour permettre aux usagers de mieux s’organiser ».
En perspective, la société ambitionne d’inverser l’évolution du mix par la mobilisation des énergies renouvelables (solaire, hydroélectrique, éolienne). Elle prévoit aussi une révision de la politique tarifaire pour établir l’équilibre financier du secteur et permettre son expansion.
« La politique tarifaire doit être absolument révisée pour assurer la durabilité du service. Sans cela, le risque, c’est la crise financière et le service qui s’estompe. Cette révision tarifaire permettra de faire l’équilibre financier de la société et de permettre l’extension des services de l’EDM. Le taux d’accès à l’électricité est de 55% dans le pays», a indiqué Abdoulaye Djibril DIALLO, Directeur général d’EDM-Sa.

PAR SIKOU BAH

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