L’Association des bouchers du Mali a annoncé, ce lundi 19 octobre 2026, une baisse significative des prix de la viande. Selon le nouveau tarif présenté, le kilogramme de viande de mouton passe de 5 000 à 4 500 FCFA, soit une diminution de 500 FCFA. Celui de la viande de bœuf sans os est vendu à 3 750 FCFA, contre 4 000 FCFA auparavant. Sans précision de localité, ce nouveau tarif devrait normalement s’appliquer dans tous les marchés du pays. Or, à Bamako, sur le terrain, les prix sont restés inchangés depuis l’annonce, jusqu’au moment de la mise sous presse de cet article.
Dans un communiqué attribué à l’Association des bouchers et relayé par plusieurs médias, la viande de bœuf avec os passe de 3 500 à 3 250 FCFA le kilogramme. Ces tarifs sont annoncés comme applicables sur l’ensemble du territoire national. Si cette annonce, largement relayée par les médias, a été accueillie favorablement par une population à bout de souffle, la réalité sur le terrain dit bien le contraire.
« Jusque-là, les prix sont les mêmes », nous affirme un boucher, tranquillement assis derrière sa table, sur laquelle est étalée de la viande. Ce vendeur du marché Dibidani va plus loin en précisant : « Ce mercredi 21 octobre 2026, le kilo de viande de bœuf avec os se vend, sur notre marché, à 4 300 FCFA, et la viande sans os à 4 500 FCFA. »
Pour comparer les prix, nous nous sommes rendus au marché de Para Djicoroni. Tout en gardant l’anonymat, un boucher nous indique : « 5 000 FCFA pour la viande de bœuf sans os et 4 400 FCFA pour la viande avec os ! ». Déjà entre ces deux marchés de Bamako, les prix sont loin de ceux consignés dans le communiqué de l’Association des bouchers du Mali.
C’est le même constat au marché de Banconi. Là, un boucher nous affirme que le kilogramme de viande se vend, pour le moment, au même prix. « Nous n’avons pas diminué nos prix. Depuis quelques jours, nous recevons des informations selon lesquelles les prix seraient réduits. En tout cas, pour l’instant, ce n’est pas matérialisé à notre niveau », a indiqué notre interlocuteur.
Par ailleurs, il faut reconnaître l’implication et l’engagement du gouvernement à prendre des mesures idoines en vue d’une baisse significative des prix dans les prochains jours.
À cet effet, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a présidé, le lundi 19 octobre, la troisième réunion de concertation avec les acteurs de la filière bétail-viande.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité du dialogue engagé pour améliorer l’approvisionnement des marchés et aller vers une baisse des prix. Ainsi, plusieurs dispositions sont envisagées ou inscrites dans un plan d’actions concerté. Parmi elles figure la suspension de l’exportation du bétail sur pied, pour une période pouvant aller jusqu’à six mois, renouvelable, avec une levée de la mesure lorsque les prix de la viande auront retrouvé un niveau acceptable et stable.
Aussi, l’ouverture progressive de marchés à bétail dans plusieurs localités, notamment Nara, Ni Konna, Tonka et Léré, ainsi que dans les environs de Bamako, devra faciliter la disponibilité des animaux et leur acheminement vers les centres de consommation.
PAR AMINA SISSOKO
