Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Tiémoko TRAORE, a ouvert, le lundi 12 octobre, les travaux du Comité technique des experts de l’Autorité du bassin de la Volta (ABV). Cette rencontre préparatoire à la 8è session ordinaire du Conseil des ministres de l’organisation, prévue le vendredi 16 octobre 2026, doit permettre d’examiner le fonctionnement de l’institution, sa gouvernance et les perspectives de coopération autour des ressources en eau partagées. La rencontre se tient du 12 au 15 octobre.
La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre Tiémoko TRAORÉ, aux côtés du coordinateur exécutif de l’ABV, Robert Yaovi DESSOUASSI, et du directeur national de l’Hydraulique, Sékou DIARRA.
Les experts des six États membres de l’ABV (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Mali et Togo) y participent, aux côtés de membres du Conseil national de transition et de partenaires techniques et financiers.
Souhaitant la bienvenue, M. DIARRA a rappelé que « le bassin de la Volta représente un espace de vie partagé par nos six pays, dont les ressources constituent un patrimoine commun qu’il nous appartient de préserver et de valoriser au bénéfice de nos populations ».
Face aux défis de la gestion durable de l’eau, de la croissance démographique et du changement climatique, a-t-il ajouté, « la coopération entre nos États demeure plus que jamais essentielle ».
Pour sa part, le directeur exécutif de l’ABV, Robert Yaovi DESSOUASSI, a indiqué que la session intervient dans un contexte de tensions de trésorerie. Celles-ci s’expliquent, selon lui, par le faible niveau des contributions financières annuelles des États au budget de fonctionnement de la Direction exécutive, ainsi que par leurs retards de paiement.
Cette situation a conduit à « la démission d’une dizaine d’agents, entraînant une surcharge de travail pour le personnel restant, tenu de répondre aux nombreuses sollicitations des partenaires », a précisé M. DESSOUASSI.
Il voit dans cette rencontre « une opportunité propice pour les États membres d’apporter, dans un esprit collaboratif et constructif, des solutions idoines aux problèmes qui minent le bon fonctionnement de notre commune institution ».
Créée le 19 janvier 2007 à Ouagadougou, l’ABV œuvre à la gestion concertée des ressources naturelles du bassin de la Volta. Celui-ci couvre environ 398 390 kilomètres carrés et constitue une ressource importante pour les activités agricoles, pastorales, halieutiques et énergétiques des six pays concernés.
Dans son discours d’ouverture, le ministre TRAORE a estimé que cette réunion ne devait pas être une simple échéance institutionnelle, mais un moment de réaffirmation de l’engagement politique des États, de consolidation de leur solidarité et de redynamisation de leur action commune.
Alors que la Direction exécutive plaide pour le financement de son fonctionnement, le ministre a exhorté les participants à formuler des recommandations réalistes et applicables.
« La crédibilité de l’ABV dépendra de notre capacité à faire correspondre nos ambitions politiques à nos moyens d’action et nos décisions à des résultats mesurables », a-t-il affirmé, appelant à la convergence des efforts plutôt qu’à leur dispersion.
Selon lui, l’approche doit reposer sur une action concertée et des résultats tangibles, et non sur la multiplication d’engagements sans lendemain.
Face au changement climatique et à la dégradation des écosystèmes, Tiémoko TRAORE a plaidé pour une synergie d’actions, soulignant qu’aucun État ne peut, à lui seul, relever ces défis.
« L’eau est au cœur de plusieurs enjeux fondamentaux de notre développement. Elle est indispensable à la sécurité alimentaire, à la santé publique, à la création de richesses et à l’amélioration des conditions de vie », a-t-il souligné.
Il a également appelé à une plus grande implication des collectivités territoriales, des organisations d’usagers, des femmes et des jeunes dans la gestion des ressources du bassin.
« La coopération régionale ne peut être pleinement efficace si elle demeure uniquement institutionnelle. Elle doit se traduire par des bénéfices perceptibles pour les communautés, notamment les plus vulnérables », a-t-il déclaré.
À l’issue des travaux du Comité des experts, leurs recommandations seront soumises au Conseil des ministres, qui se réunira le 16 octobre.
PAR SIKOU BAH
