Nous avons ouvert tous les dossiers des personnes qu’on croyait intouchables

La salle des Banquets du palais de Koulouba a abrité ce lundi 15 janvier 2024, la cérémonie traditionnelle de présentation des vœux de nouvel an des forces vives de la Nation au chef de l’État, le colonel Assimi GOITA. C’était en présence du Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA, du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick DIAW ; et les membres du gouvernement.

La souveraineté nationale ; la lutte contre la corruption ; le retour de Kidal dans le giron de la République, le référendum constitutionnel, la bonne exécution du processus de retrait de la MINUSMA, les réformes du Code minier et du Code pénal, l’adoption de la nouvelle loi électorale, la création des nouvelles régions, ont été, entre autres, sujets abordés lors de cette rencontre.

Le président de la Transition a d’abord indiqué que la souveraineté commence par la sécurité. Selon le colonel Assimi GOITA, la souveraineté économique, politique passent par l’armée. Il soutient que pour un pays, l’armée est au début et à la fin de toute l’initiative.
Il s’est réjoui dans le cadre de la mise en œuvre des missions de l’administration que le gouvernement était en train de mettre en application les recommandations des Assises nationales de la refondation. C’est dans ce cadre, dira-t-il, que l’Armée est de retour à Kidal, Tessalit, Aguelhoc ainsi qu’à Ber avec le soutien des Maliens malgré les entraves dressées par l’ennemi dans le processus le processus d’occupation des emprises laissées par la MINUSMA.
Dans son speech, le président de la transition a indiqué aux Forces vives de notre pays que le terrorisme auquel le Mali est confronté depuis des années est devenu un levier géopolitique pour certaines puissances pour leurs intérêts. Comme pour parapher le chef de la diplomatie malienne «le terrorisme est une fabrication des puissances ».
E dépit de la guerre et le cliché collé à notre pays le président Assimi est persuadé que le Mali n’est pas pauvre car regorgeant dans son sous-sol beaucoup de ressources minières, tel que l’or, du lithium, du manganèse, de l’uranium. Selon ses convictions, si ces richesses étaient bien exploitées au profit du Mali, il y aurait moins de candidats maliens à la migration.
Cependant, il y a moins d’impact de ces richesses dans le développement du pays à cause de la corruption contre laquelle, il promet la croisade.
La lutte contre la corruption sera menée
Selon lui, cette lutte sera menée jusqu’au bout, avant de rassurer qu’il n’interviendrait pas en faveur de personne y compris les membres du gouvernement.
« Je n’interviendrais auprès de la justice pour libérer qu’une personne parce que c’est un ami ou un parent. Tous les Maliens sont égaux devant la loi », a-t-il mis en garde, ajoutant que sans ce combat, il n’y aura pas de stabilité dans le pays.
Pour conjurer ce phénomène qui gangrène notre société dans tous les secteurs, le Colonel préconise un retour aux valeurs sociétales.
« Il faut savoir dire non, se dire que ma dignité et mon honneur ne me permettent pas de faire ça », a-t-il conseillé, tout en sollicitant l’implication des chefs religieux et les légitimités traditionnelles afin de renverser la tendance.
« Sous cette transition, nous avons ouvert tous les dossiers des personnes qu’on croyait intouchables », a relevé le président.
A ce niveau, il a cité l’Affaire de l’avion présidentielle et de LOPM, le dossier de la zone aéroportuaire, l’affaire des billets parallèles, l’affaire des transitaires, le dossier des logements sociaux de SAMANKO dans le Mandé.
Sur ce dernier cas, il a expliqué que c’est un terrain à vocation d’une parcelle qui a été changé de parcelle d’expérimentation agricole à parcelle de d’habitation et vendu à un particulier. De retour, ce dernier a vendu le terrain à l’État pour servir de site de construction des logements sociaux. Pire, le marché de la réalisation de ses logements a été attribué à la même personne.
« Ce dossier m’a été envoyé par un dénonciateur qui avait toutes les preuves », a relevé le président de la transition.
A l’image de cet exemple, le président Assimi a encouragé ses concitoyens à dénoncer les cas de corruption s’ils ont des preuves auprès de la justice où des services de la présidence.
« Je vous invité à m’apporter ces genres de dossiers et attendez de voir le suite », a mis au défi Assimi.

EDM-Sa : pas de fumée blanche
Concernant les délestages, le président de la Transition a rappelé que cette crise EDM date des années, même s’il reconnaît qu’elle s’est aggravée ces derniers temps.
Il dit être conscient de la souffrance des Maliens souffrent à cause de la crise énergétique qui n’a que trop duré.
Raison pour laquelle, il a tenu à remercier ses compatriotes pour leur résilience avant d’annoncer que des actions sont en cours à court et long terme pour résoudre définitivement les problèmes d’électricité.
Le Chef de l’État s’est dit convaincu que sans électricité, pas de sécurité, pas de santé.
« On ne souhaite même pas que sa famille soit privée d’électricité à plus forte raison tout un pays », s’est-il lamenté.
Selon lui, le peuple est le centre de gravité de cette transition, ce que les autorités ont l’habitude de dire.
De ce fait, elle est très sensible à ce qui touche notre population, puisque c’est sur elle que nous comptons.
De l’avis du président de la transition, il n’y a pas un seul membre de son gouvernement qui souhaite voir le peuple souffrir.
« Nous pouvons être en manque de ressources, de solution pour mettre les gens dans leur droit, mais personne n’a l’intention de faire du tort au peuple », s’est-il défendu.
Il ressort de son propos que notre pays a changé de cap sous la transition, et certains de nos partenaires ont refusé de continuer de nous appuyer. De même, il y a aussi certaines pratiques qui étaient là et qui ont mis la société à genou.
« Notre vision en la matière est qu’au bout d’un ou deux ans qu’on ne puisse plus parler de ce problème d’énergie. Nous reconnaissons que cette fourniture d’électricité relève de notre responsabilité. Nous vous invitons à nous donner la main pour venir à bout de ce problème », a dit Assimi.
Parmi les solutions envisagées, il y a aujourd’hui la question de barrages hydrauliques.
A ce niveau, il a fait savoir que le ministre chargé de l’énergie et certains de ses collègues se sont rendus plusieurs fois à Moscou dans ce cadre. Le même exercice a été fait en direction de la Chine afin que nous puissions sortir définitivement de ce problème.
En attendant, le gouvernement a pris des mesures, à court terme, visant à diminuer les coupures d’électricité, sans donner plus de détails.
« Je suis conscient de la souffrance de nos concitoyens, mais il n’y a pas de solution miracle en la matière. Il y a des investissements à faire et des dispositions à prendre. Je demande aux Maliens d’être patients, nous allons trouver les solutions », a-t-il promis.

Par Abdoulaye OUATTARA

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