En marge des activités commémoratives de la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, Plan international Mali a tenu, le mardi 14 février, un atelier de plaidoyer auprès des membres du Conseil national de Transition (CNT) pour l’abandon de la pratique de l’excision au Mali. Une pratique bien ancrée dans notre société qui a des conséquences très désastreuses pour les filles et les femmes.

La cérémonie était présidée par la vice-présidente du CNT, Raki TALLA, qui avait à ses côtés le représentant de Plan International, le Dr Pauline SAYAN ; le représentant de l’Ambassade de la Belgique et le représentant résident du PNUD au Mali, Yves SASSENRATH.
Ont pris part à la journée, en plus des membres du CNT, des organisations des jeunes et enfants de notre pays qui en ont saisi l’occasion pour adresser un message d’appel à l’abandon de l’excision pratiquée dans presque toutes nos régions.
Après les mots de bienvenue du représentant du District de Bamako, le directeur général du Plan international Mali a fait savoir que tous les jours, des centaines de filles dans le monde subissent des mutilations génitales avec les conséquences incommensurables liées à la pratique.
« Plan International dénonce la pratique des mutilations génitales féminines qui est une violation fondamentale des droits des femmes et des enfants, ce qui motive sa présence et son engagement aux côtés de tous les intervenants et à tous les rendez-vous qui traitent de la problématique », a condamné M. SAYAN.
Pour lui, certes considérées comme des pratiques multiséculaires, les mutilations génitales féminines constituent de graves violations des droits humains et spécifiquement celles des filles et des femmes, notamment de leurs droits à la santé, à la sécurité et à l’intégrité physique, ainsi que de leur droit à la vie lorsque ces pratiques ont des conséquences mortelles.
Face à la situation, privilégiant l’approche communautaire, Plan international Mali a initié, selon son directeur, plusieurs activités de formation et de plaidoyer ciblant en plus des femmes leaders communautaires, les jeunes scolaires, les enseignants, les élus des localités cibles des projets.
Malgré les défis et l’ampleur de cette pratique, le Dr Pauline SAYAN reste optimiste : « Nous sommes persuadés qu’un Mali sans mutilations génitales féminines est possible. Il suffirait que chaque citoyen se considère comme un acteur clé et que chacun joue sa partition pour son abandon total ».
Dans son exposé, Amadou DEMBELE du programme national pour l’abandon des MGF, a dressé le drame de l’excision dans notre pays qui a l’un des taux de prévalence les plus élevés en Afrique malgré les efforts consentis. En 2018, le taux national était évalué à 89% et les régions de Koulikoro et de Sikasso ont les taux les élevés à 96% suivies de Kayes 95%, de de Ségou 92%, de Bamako 9%, de Mopti 82%, de Tombouctou 50% ; de Gao 1%. Aucun cas n’a été enregistré à Kidal. Ces chiffres funestes témoignent l’ampleur de la problématique de l’excision pratiquée sur plus 70% des filles avant 5 ans.
Il se dit convaincu que l’une des alternatives à cette situation demeure, selon lui, les solutions législatives pour mettre fin à l’excision dans le pays.
Le responsable de PNUD, Yves SASSENRATH, de son côté, a indiqué que les croyances sont là pour encourager une pratique assez lâche et arrogante. Il a indiqué que la lutte contre cette pratique est un combat de santé publique au regard de la mobilisation financière contre ses conséquences, tout en rappelant que selon des rapports, le Mali a investi 10 milliards de FCFA pour la prise en charge des corollaires de l’excision.
Au cours de cette rencontre, le Parlement des enfants du Mali a adressé un message de plaidoyer aux membres du Conseil national de Transition (CNT) dans lequel il appelle à la fin de cette pratique. Ledit document a été remis à Raki TALLA.

PAR SIKOU BAH

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