La 15e Conférence du Sommet de l’Organisation de la coopération islamique a conclu ses travaux, le dimanche 5 mai 2024, à Banjul, en République de Gambie, et a adopté la « Déclaration de Banjul ». Ce sommet de deux jours s’est tenu en présence de plusieurs chefs d’État et de gouvernement des États membres de l’Organisation de la coopération islamique, ainsi que de hauts dignitaires d’États non membres.

Le chef de l’Etat gambien, Adama Barrow, par ailleurs président du Sommet islamique, a déclaré dans son discours de clôture de la séance de clôture des travaux que le 15e Sommet marquait un nouveau départ pour la Gambie afin de s’engager avec les États membres et les parties prenantes concernées pour promouvoir la paix, la justice et le dialogue continu au sein de la Oummah et au-delà.

« La responsabilité incombe collectivement à l’Organisation de rechercher des solutions durables au sort des personnes en détresse, résultant de toute forme de conflit, de guerre ou de défi auquel l’humanité est confrontée », a-t-il affirmé.

Le Président Barrow a exhorté tous les États Membres à coopérer et à accompagner la Gambie au cours de ce mandat de trois ans afin de promouvoir et de réaliser les idéaux et de prendre des mesures concrètes pour faire progresser le statut socio-économique de la Oummah.

Le Sommet a adopté la « Déclaration de Banjul » dans laquelle les chefs d’État et de gouvernement des États membres de l’OCI affirment leur solidarité face à la catastrophe humanitaire qui frappe la bande de Gaza et son peuple en raison de l’agression israélienne inébranlable depuis plus de six mois, sans respect des valeurs morales et humanitaires les plus élémentaires.

Ils appellent à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel et à la cessation de l’agression totale contre le peuple palestinien à Gaza.

Les chefs d’État appellent également les pays du monde à prendre des mesures pour mettre fin au crime de génocide commis par l’occupation israélienne contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza et à mettre en œuvre les mesures provisoires ordonnées par la Cour internationale de Justice.

Ils affirment que tous les efforts devaient être faits pour accélérer l’acheminement de toute l’aide humanitaire et rejeter toute tentative de déplacer le peuple palestinien de sa terre.

La Déclaration réaffirme également la nécessité de permettre au peuple palestinien de jouir de ses droits nationaux légitimes, tels que reconnus par la communauté internationale, notamment en reconnaissant l’État de Palestine pleinement souverain à l’intérieur des frontières de 1967, avec Al-QodsAl-Charreef comme capitale.

Les chefs des États membres de l’OCI ont rendu hommage à la solidarité des peuples et des gouvernements africains avec la lutte du peuple palestinien, en particulier des États membres de l’OCI, et à leur position ferme pour mettre fin à l’injustice historique qui s’est abattue sur le peuple palestinien, sur la base de leur amère expérience de la fin de la colonisation et de l’apartheid.

Ils ont réitéré l’importance du recours au dialogue et à la médiation pour le règlement pacifique des différends, créant ainsi une atmosphère sans tension au sein de la Oummah et ont souligné l’importance de renforcer la diplomatie préventive afin de contribuer de manière significative à l’instauration de la paix, à la sauvegarde des vies et des ressources ainsi qu’à la réalisation des aspirations de nos peuples au développement durable.

La Déclaration exprime sa solidarité avec les communautés musulmanes et les minorités dans un certain nombre d’États non-membres de l’OCI qui sont confrontés à la persécution, à l’injustice et à l’agression.

À cet égard, la Déclaration réaffirme le soutien politique, moral et diplomatique continu au peuple cachemiri et demande au Conseil de sécurité des Nations Unies de prendre des mesures efficaces pour mettre en œuvre ses résolutions sur le Jammu-et-Cachemire afin de permettre au peuple cachemiri d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination par le biais d’un plébiscite supervisé par l’ONU.

Les chefs des États membres de l’OCI ont rendu hommage à la République islamique du Pakistan, au Royaume d’Arabie saoudite, à la Turquie et à d’autres États membres pour avoir dirigé les efforts déployés à l’Assemblée générale des Nations Unies pour l’adoption des résolutions désignant le 15 mars comme « Journée internationale de lutte contre l’islamophobie » en 2022 et « Mesures de lutte contre l’islamophobie » le 15 mars 2024.

En outre, ils ont appelé les États membres et les autres pays à prendre toutes les mesures, y compris des mesures législatives et politiques, pour lutter contre l’intolérance religieuse, les stéréotypes négatifs, la haine, l’incitation à la violence et la violence à l’égard des personnes en raison de leur religion ou de leurs convictions.

Ils ont également rendu hommage à la République de Gambie pour les efforts qu’elle a déployés auprès de la Cour internationale de Justice, au nom de l’OCI, pour amener les responsables du génocide et d’autres atrocités commises contre les musulmans rohingyas à rendre des comptes.

Par ailleurs, la Déclaration de Banjul condamne avec la plus grande fermeté les incendies répétés d’exemplaires du Saint Coran dans un certain nombre de pays européens et appelle les pays concernés et la communauté internationale à prendre les mesures globales et nécessaires pour empêcher que de tels actes ne se reproduisent et pour contrer la montée alarmante de l’islamophobie.

Le Sommet a également félicité le Royaume d’Arabie saoudite, sous la direction de Sa Majesté le Roi Salman bin Abdul Aziz Al Saud, Serviteur des Deux Saintes Mosquées et de Son Altesse Royale le Prince héritier Mohamed bin Salman bin Abdul Aziz Al Saud, pour leur soutien généreux et continu à l’OCI et à la Oummah en général pour la réalisation de la paix mondiale, la justice, l’harmonie, la sécurité et le développement durable.

Le Sommet islamique a publié un communiqué final complet abordant diverses questions politiques, économiques, humanitaires, culturelles, sociales et médiatiques concernant les États membres de l’OCI.

PAR MODIBO KONÉ

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