À quelques jours de la rentrée scolaire fixée au 1er octobre 2026, le Collectif des Femmes Enseignantes et Épouses des Enseignants licenciés des Écoles catholiques du Mali a adressé, le 24 septembre 2026 à Bamako, un nouveau message de plaidoyer aux plus hautes autorités de la Transition. Le collectif constate avec regret que son précédent appel est resté sans réponse concrète, alors que la situation des enseignants concernés demeure « préoccupante ».
Ces enseignants qui exerçaient dans le cadre d’un dispositif où l’État prenait en charge une importante partie de leurs rémunérations (à hauteur de 80 % selon les éléments communiqués par les représentants des travailleurs), se retrouvent sans emploi après la suppression des subventions publiques accordées aux écoles catholiques.
Selon le Collectif, ils bénéficiaient de conditions de rémunération alignées sur celles d’autres catégories d’enseignants, notamment en matière de grille salariale, de primes et d’indemnités. La rupture de ce dispositif a entraîné une perte d’emploi pour de nombreux professionnels ayant « consacré de nombreuses années à l’éducation et à la formation de la jeunesse malienne ».
Derrière cette situation administrative, le Collectif souligne que se trouvent « des centaines de familles confrontées à une profonde incertitude sociale et économique ».
À l’approche de la rentrée, les difficultés s’accentuent quotidiennement : charges familiales, scolarisation des enfants, loyers, alimentation et autres dépenses essentielles deviennent de plus en plus difficiles à assumer.
Face à l’absence de réponse, les femmes enseignantes et épouses des enseignants licenciés lancent un « appel solennel » aux autorités. Elles sollicitent notamment la mise en place d’un mécanisme exceptionnel d’insertion des enseignants licenciés dans la fonction publique ; l’ouverture urgente d’un cadre de dialogue avec les représentants des enseignants concernés ; un mécanisme exceptionnel d’insertion ou de reclassement tenant compte de leur expérience ; l’examen de mesures sociales d’accompagnement pour les familles affectées ; une réponse officielle permettant de clarifier leur situation et leurs perspectives professionnelles.
« L’urgence n’est plus seulement administrative : elle est devenue sociale et humaine », estime le Collectif. Il précise qu’il ne s’agit pas de réclamer un traitement de faveur, mais « de solliciter une solution permettant de préserver leur dignité, leur stabilité familiale et leur avenir ».
Les signataires réaffirment leur « attachement à la paix sociale, au dialogue et à la continuité du service éducatif » et demandent que leur situation soit examinée « avec bienveillance, responsabilité et célérité ». Dans un message signé par la présidente du Collectif, Mme Camara Aminata Salamanta, elles concluent : « Nous demandons à être entendues. »
À quelques jours du 1er octobre, le Collectif en appelle à « l’attention personnelle des plus hautes autorités de la Transition », dans l’espoir qu’une initiative soit prise pour ouvrir un dialogue et apporter une réponse à cette situation touchant directement des familles maliennes.
PAR SIKOU BAH