Une réunion de haut niveau s’est tenue mercredi 16 septembre au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale pour examiner les difficultés liées à la délivrance des visas chinois au Mali. Autour de la table se trouvaient notamment le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye DIOP, son homologue de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane DIALLO, ainsi que l’ambassadeur de Chine au Mali, Li XIANG.

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), le directeur général de l’Agence pour la promotion des investissements (API-Mali), le directeur général chargé du Commerce et les équipes techniques des deux départements ministériels ont également pris part aux échanges.

Au cœur des discussions : les difficultés rencontrées depuis plusieurs semaines par les opérateurs économiques maliens dans l’obtention de visas pour la Chine, dans un contexte où les déplacements professionnels et les échanges commerciaux avec ce pays sont fortement perturbés.

Selon des informations, la rencontre a permis de dégager plusieurs pistes destinées à faciliter la reprise des services consulaires chinois à Bamako.

La première concerne la mise en place provisoire d’un guichet déporté. Le principe serait de permettre au personnel consulaire chinois d’assurer certaines opérations dans un site technique sécurisé mis à disposition par la partie malienne. Cette solution doit permettre de contourner temporairement les contraintes liées aux travaux affectant les locaux actuellement utilisés.

La deuxième piste porte sur la digitalisation et le dépôt groupé des demandes. La CCIM et l’API-Mali devraient être associées à un mécanisme de pré-enregistrement en ligne et de centralisation des dossiers des opérateurs économiques. Les demandeurs dûment identifiés pourraient ainsi transmettre leurs dossiers, accompagnés notamment des pièces justificatives requises, pour faciliter leur traitement.

Cette formule vise en particulier les opérateurs économiques dont les déplacements sont liés à des activités commerciales ou professionnelles avec la Chine.

Une troisième mesure envisagée concerne les dossiers présentant un caractère urgent. Il s’agit notamment des déplacements liés aux foires commerciales, aux cargaisons bloquées ou encore à certains contrats d’équipement.

Dans ce cadre, une mission consulaire chinoise pourrait intervenir à Bamako. Dans l’intervalle, certains dossiers pourraient continuer à être orientés vers d’autres représentations diplomatiques de la Chine dans la sous-région, notamment à Dakar et à Abidjan, avec des facilités pour les déplacements de transit.

Enfin, les parties ont convenu du principe d’un cadre de concertation et de suivi associant les structures concernées. L’objectif affiché est de permettre un traitement plus rapide des éventuelles difficultés techniques et d’éviter qu’elles n’affectent durablement les échanges commerciaux entre les deux pays.

Un calendrier encore à préciser

Aucune date officielle de reprise complète des services consulaires chinois à Bamako n’a, pour l’heure, été annoncée publiquement.

Selon des éléments de compte rendu interne consultés dans le cadre de cette réunion, un calendrier en deux étapes aurait été retenu. Une reprise partielle du service à travers le dispositif déporté serait envisagée au plus tard le 29 septembre 2026, tandis que la plateforme de pré-dépôt pourrait être ouverte dès le 24 septembre.

La normalisation complète de la procédure à Bamako serait, toujours selon ces éléments, envisagée à la mi-octobre, après l’achèvement des travaux et les vérifications de sécurité nécessaires.

Ces échéances restent toutefois tributaires de la mise en œuvre des dispositions techniques et ne sont pas, à ce stade, confirmées par un communiqué officiel.

La question des visas dépasse désormais le seul cadre administratif. Les difficultés rencontrées par les opérateurs économiques affectent directement les déplacements d’affaires, les commandes, les approvisionnements et les relations commerciales entre le Mali et la Chine.

La réunion du 16 septembre traduit ainsi la volonté des autorités maliennes et de la représentation diplomatique chinoise de rechercher des solutions permettant de rétablir progressivement les services consulaires à Bamako.

Pour les acteurs du secteur privé, l’enjeu est notamment de réduire les délais et les contraintes liés aux déplacements vers la Chine, tout en assurant la continuité des échanges commerciaux entre les opérateurs maliens et leurs partenaires chinois.

PAR EL HADJ SAMBI TOURE

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