Le rapport de vérification sur la gestion de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) a été publié ce lundi 14 septembre 2026. Les travaux de vérification, réalisés en septembre 2026, portent notamment sur la gestion de l’INPS au titre des exercices 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025. Il ressort du document plus de 15 milliards de FCFA d’irrégularités financières, dont seulement 64,45 millions ont été régularisés par la structure.

Selon le Bureau du Vérificateur général, les irrégularités financières sont essentiellement liées à l’attribution et au paiement de primes, indemnités et avantages indus au personnel, au paiement de pensions comportant des majorations indues, au paiement de dépenses sans le visa du délégué du Contrôle financier, au paiement de prestations non exécutées, à l’octroi de subventions pour des activités non prévues par la réglementation en vigueur, ainsi qu’à l’usage de faux diplômes dans le cadre du recrutement à l’INPS.

Sur les cinq exercices examinés, le Bureau du Vérificateur général a relevé 15 989 750 228 FCFA d’irrégularités financières au sein de l’INPS. Après les travaux de vérification, seulement 64 451 575 FCFA ont été régularisés, laissant une somme restante de 15 925 298 453 FCFA non régularisée.

En plus des irrégularités financières, le rapport du VégaL indique que l’INPS n’élabore ni compte administratif ni compte de gestion. Son manuel des procédures administratives, comptables et financières n’est pas à jour, ajoute le document, qui précise également que l’inventaire régulier de ses biens n’est pas assuré et que les archives ne sont pas correctement tenues.

Le VégaL a également dénoncé le non-respect, par l’INPS, du principe de séparation entre les fonctions d’ordonnateur et de comptable public.

À cela s’ajoutent des contrats ne comportant pas toutes les mentions obligatoires, des obligations fiscales non respectées, ainsi que la conclusion de marchés avec un prestataire placé, selon les constatations de la mission, dans une situation de conflit d’intérêts.

En outre, le vérificateur a dénoncé la mauvaise gestion dans la procédure de recrutement du personnel. En effet, le rapport fait état de faux diplômes présentés lors de recrutements.

Parmi les irrégularités relevées par les enquêteurs du Bureau du Vérificateur général figure le paiement de 5,573 milliards de FCFA de primes de rendement indues au personnel. À cela s’ajoutent 2,480 milliards de FCFA de gratifications indues, ainsi que 3,128 milliards de FCFA de subventions irrégulières.

Le rapport fait également état de 2,112 milliards de FCFA de dépenses payées sans le visa du délégué du Contrôle financier. Selon le document, les rémunérations indues accordées au personnel de direction ont atteint 69,3 millions de FCFA, tandis que les ristournes indûment payées sont évaluées à plus de 699 millions de FCFA.

Autre constat : 150,6 millions de FCFA d’heures supplémentaires indues auraient été payés. Le rapport relève encore 166,9 millions de FCFA d’avantages indus au délégué du Contrôle financier, 344,2 millions de FCFA de majorations indues sur des pensions de retraite, ainsi que 40 millions de FCFA de primes de panier commun indues.

En ce qui concerne la dotation en carburant, la mission de vérification a relevé 22,9 millions de FCFA attribués irrégulièrement, auxquels s’ajoutent 36,1 millions de FCFA de dotation de carburant indue.

Selon le VégaL, des avances sur frais de mission, pour 13,8 millions de FCFA, n’ont pas été justifiées. Le rapport mentionne également 2 millions de FCFA de frais d’évacuation sanitaire payés sans décision préalable du Conseil de santé. Aussi, 557,1 millions de FCFA de prestations non exécutées auraient été payés.

Le Vérificateur général relève notamment le non-reversement de la totalité des retenues au titre de l’Assurance maladie obligatoire sur les pensions, pour un montant de 128,1 millions de FCFA.

PAR AMINA SISSOKO

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