Dans la conduite de la guerre d’assainissement du territoire national et de reconquête de la souveraineté, la clarté du commandement constitue le socle indispensable de la victoire militaire et politique. Le 28 août dernier, une décision majeure a été rendue publique par la hiérarchie militaire : l’État-Major général des armées a lancé un appel ferme et solennel à l’endroit de tous les militaires servant au sein des mouvements armés d’autodéfense, leur enjoignant de regagner sans délai les rangs des Forces armées maliennes (FAMa), au plus tard le dimanche 6 septembre 2026.
Cette directive visait explicitement les militaires se trouvant en situation irrégulière tout en opérant au sein de structures armées revendiquant une proximité historique avec l’État. L’instruction émanant de la hiérarchie militaire revêtait un double objectif opérationnel : d’une part, recommander à l’ensemble des militaires en situation d’absence ou d’irrégularité de réintégrer leurs unités d’origine avant l’échéance fixée ; d’autre part, enjoindre aux groupuscules dissidents internes d’abandonner toute posture factionnelle pour regagner leurs mouvements initiaux.
Le chef d’État-Major général des armées, le général de division Elisée Jean Dao, a clairement précisé que des dispositions administratives et logistiques précises avaient été arrêtées pour faciliter ce retour et organiser une réintégration harmonieuse. Néanmoins, l’avertissement institutionnel demeurait catégorique : passé la date du 6 septembre 2026, toute absence constatée serait rigoureusement qualifiée de désertion et sanctionnée selon les lois militaires. Concernant les éléments hors statut militaire, leurs dossiers seraient transmis et traités conformément à la réglementation pénale et sécuritaire en vigueur.
L’ambition politique et stratégique recherchée par les autorités de la transition est limpide : restaurer une discipline de fer, consolider la cohésion nationale et imposer le respect absolu de la chaîne de commandement unique sous l’égide du chef d’État-Major général des armées.
Reconfiguration du paysage sécuritaire
Bien qu’aucun bilan officiel chiffré n’ait encore été publié à ce jour par la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) sur le volume exact des réintégrations enregistrées entre le 28 août et le 6 septembre, il convient de souligner la nature spécifique de cette opération. Traitée en toute discrétion par les commandements des différentes régions militaires, la réincorporation des éléments s’effectue directement au sein des unités tactiques d’affectation, loin de tout étalage médiatique.
Dans le contexte sécuritaire actuel de notre pays, cet appel stratégique s’adresse principalement aux ex-militaires des FAMa intégrés ou demeurés proches du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA), du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), ainsi que des autres composantes de la Plateforme de juin 2014. Ces mouvements ont courageusement opéré aux côtés des forces républicaines dans le Nord, notamment dans les secteurs stratégiques de Gao, Kidal, Tombouctou et Ménaka, dès la fin de l’Accord d’Alger.
L’initiative du 28 août s’inscrit dans une doctrine républicaine fondamentale : le rétablissement complet et sans concession du monopole de la force légitime par l’État. En réintégrant les rangs républicains, les membres des mouvements d’autodéfense sont appelés à renoncer définitivement à leur statut de combattants au sein de structures autonomes pour se fondre dans l’armée nationale.
Les premières remontées du terrain disponibles au lendemain du 6 septembre indiquent que le processus de regroupement et d’intégration est sur de bons rails, particulièrement dans la région de Gao. Plusieurs sources concordantes confirment la présence sur place du général El Hadj Ag Gamou, illustrant ainsi l’engagement effectif du GATIA, du MSA et du mouvement Ganda Izo dans une dynamique irréversible de fusion de leurs structures armées au profit d’une incorporation complète au sein des FAMa.
L’unité préservée du GATIA
Contrairement aux affabulations véhiculées par certains cercles hostiles, aucune source ouverte ou sécuritaire crédible ne confirme l’existence d’une crise interne ou d’une vague de défections au sein du GATIA consécutive à l’injonction de l’État-Major. Les faits sont obstinés : aucune scission officielle n’a été observée, aucun départ massif vers les groupes armés terroristes (tels que le FLA, le JNIM ou l’EIGS) n’a été enregistré, et aucun affrontement fratricide n’a éclaté. Les mouvements individuels observés avant la date butoir du 6 septembre procèdent exclusivement de l’application rigoureuse des procédures réglementaires de réintégration fixées par le commandement militaire.
Le GATIA, sous le commandement historique du général El Hadj Ag Gamou, a constamment fait preuve d’un loyalisme sans faille et d’une loyauté exemplaire envers la République et nos forces armées nationales. La décision de faire basculer l’ensemble de ces éléments sous une chaîne de commandement étatique exclusive représente certes une mutation d’envergure. Une telle transition peut naturellement faire naître des questionnements légitimes parmi les cadres, soulever des arbitrages techniques sur l’harmonisation des grades ou susciter des discussions quant aux affectations futures et à la gestion du commandement local. Toutefois, ces ajustements organisationnels classiques ne sauraient en aucun cas être interprétés comme le signe d’une quelconque rébellion interne.
Si des rumeurs alarmistes ont pu prendre de l’ampleur ces derniers jours, c’est que cette réorganisation touche au cœur de l’architecture sécuritaire du Nord du Mali. Pendant plusieurs années, le GATIA et les mouvements loyalistes ont incarné un verrou militaire et politique essentiel, combattant sans relâche les groupes armés terroristes et les séparatistes aux côtés des forces républicaines. Pas plus tard qu’en juillet 2026, des unités du GATIA et du MSA combattaient encore au coude à coude avec les FAMa lors des violents engagements survenus autour d’Anéfis contre les terroristes du FLA et du JNIM. La décision de la hiérarchie militaire du 28 août consacre donc la fin d’une époque : celle où des mouvements alliés à l’État pouvaient conserver une organisation armée parallèle.
À ce stade, il serait malhonnête de valider la thèse d’une fracture ou d’une crise au sein du GATIA. Les données du terrain attestent d’une phase de réorganisation sensible et délicate, mais nullement d’une rupture collective. En attendant la publication officielle par l’État-Major des armées des chiffres définitifs de cette réintégration (nombre de terroristes neutralisés lors des opérations conjointes, effectifs recensés, équipements et armes restitués), il convient de rendre un hommage mérité au patriotisme des cadres du GATIA et au général Ag Gamou.
Face à la désinformation ciblée
Il est aujourd’hui manifeste que notre pays fait l’objet d’une vaste campagne de désinformation ciblée visant spécifiquement le général Ag Gamou et la cohésion nationale au Mali. Mises en échec sur le plan tactique et incapables d’enrayer la dynamique de reconquête souveraine menée par les FAMa et les partenaires de notre pays dans la lutte contre le terrorisme, les forces obscurantistes abattent leurs ultimes cartes : la guerre psychologique et la manipulation de l’opinion.
Des relais propagandistes tentent d’instiller le doute en distillant de fausses nouvelles, notamment la rumeur absurde selon laquelle les autorités de la transition auraient ordonné un désarmement forcé et humiliant du GATIA. Or, chaque citoyen de notre pays sait parfaitement que le GATIA n’a jamais constitué une menace pour la paix, mais bien un rempart inébranlable aux côtés de nos soldats. Le sang versé en fraternité d’armes sur le champ d’honneur en est le témoin irréfutable. Les opérations conjointes victorieuses menées les 5, 6 et 7 août derniers entre Anéfis et Tabankort, où les groupes armés terroristes ont subi des pertes considérables, démontrent la parfaite synergie opérationnelle qui prévaut sur le terrain. Sous la conduite éclairée du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, la dynamique d’unification des forces patriotiques reste inébranlable.
Confiance et cohésion au sein des FAMa et de la nation
L’aboutissement de ce processus majeur d’intégration sous l’autorité exclusive de l’État-Major général offre des bénéfices stratégiques et sociaux inestimables pour l’ensemble des populations maliennes. En premier lieu, la restauration sans concession du monopole de la violence légitime par l’État marque la fin définitive des structures armées autonomes, éliminant ainsi les risques d’incidents, de règlements de comptes communautaires ou de rivalités d’influence dans nos régions septentrionales.
Sur le plan opérationnel, l’incorporation formelle de combattants aguerris qui possèdent une connaissance intime du terrain et de sa géographie renforce considérablement la couverture sécuritaire et l’efficacité de la traque contre les réseaux criminels. Pour nos concitoyens du Nord, la présence d’une armée nationale unie sous un seul et même uniforme dissipe le climat d’incertitude et consolide la confiance et la cohésion nationale autour du projet républicain.
Dans cette optique, l’avenir sécuritaire et institutionnel de notre pays s’articule désormais autour de trois grands axes prospectifs majeurs :
● Le premier axe réside dans le parachèvement institutionnel de la réforme. Il s’agit d’achever en toute transparence l’harmonisation des effectifs et d’assurer l’intégration définitive des cadres des anciens mouvements au sein même de la hiérarchie officielle des FAMa, garantissant ainsi l’étanchéité et l’efficacité de la chaîne de commandement.
● Le deuxième axe porte sur la maîtrise intégrale du territoire national. Cette réorganisation permettra une consolidation décisive du maillage sécuritaire dans les zones névralgiques de Gao, Ménaka et Kidal, en s’appuyant sur le déploiement tactique d’unités désormais unifiées, parfaitement équipées et hautement mobiles.
● Enfin, le troisième axe vise l’éradication complète de la menace terroriste. En opérant sous une bannière unique, nos forces armées nationales, constamment appuyées par les partenaires de notre pays dans la lutte contre le terrorisme, vont intensifier leurs opérations conjointes afin de liquider définitivement les derniers résidus d’ensembles criminels tels que le FLA et le JNIM.
En somme, la démarche visionnaire engagée par les autorités de la transition, sous la conduite éclairée du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, ne constitue en aucun cas un désarmement contraint ou hostile. Elle s’impose comme l’acte fondateur de la refondation globale de notre outil de défense nationale. Le loyalisme indéfectible du GATIA et la loyauté de ses chefs témoignent d’un engagement patriotique élevé qui surpasse les considérations catégorielles. Face aux tentatives de division et à la désinformation, le Mali avance plus que jamais uni, fort de la détermination de ses soldats et du soutien indéfectible de son peuple.
PAR EL HADJ SAMBI TOURÉ