Le procès de l’ancien maire du District de Bamako, Adama Sangaré, et de ses coaccusés est entré, hier jeudi, dans sa dernière ligne droite avec le réquisitoire du ministère public devant la chambre criminelle du Pôle national économique et financier. Sans doute, le parquet soutient que les accusés ont commis des infractions et méritent d’être sanctionnés de manière exemplaire. Des propos rejetés, en revanche, par la défense, qui a plaidé contre le réquisitoire du ministère public.
Dans son réquisitoire, le ministère public a requis 15 ans de réclusion contre les principaux accusés, dont Adama SANGARÉ, détenu depuis plus de trois ans. Une peine de 10 ans a été demandée contre les personnes poursuivies pour complicité. Contre l’ancien maire de la Commune VI du District de Bamako, Souleymane DAGNON, absent du procès pour des raisons de santé, le ministère public a réclamé 20 ans de réclusion criminelle.
Après plusieurs jours de débats contradictoires, le procès arrive presque à son épilogue. Pour le parquet, il y a suffisamment d’éléments pour maintenir les accusés dans les liens de la culpabilité. Selon lui, les infractions reprochées aux accusés sont établies.
Dans cette affaire, Adama SANGARÉ, l’ancien maire du District de Bamako, est poursuivi pour faux, usage de faux, atteinte aux biens publics, détournement et autres malversations financières dans le dossier foncier lié à la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou.
À la barre, devant le Pôle national économique et financier, il clame son innocence, comme l’ensemble des autres accusés. Il avait déclaré devant la chambre criminelle avoir agi sur instruction verbale du président Ibrahim Boubacar KEITA.
Selon Adama SANGARÉ, cet ordre portait sur le morcellement et l’attribution de parcelles au profit de membres de groupes armés, notamment la CMA et le GATIA, ainsi que de la famille Intalla.
L’inculpé a précisé, contrairement à ce qui est dit, que cette opération concernait les zones de Faladié-Est, Sénou, Kalanba-Coura-Sud et Niamakoro-Diallobougou.
Il a soutenu que ces secteurs ne relèvent pas de la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou, dont une grande partie, a-t-il affirmé, est occupée illégalement.
À l’issue du réquisitoire, les avocats de la défense ont, à leur tour, plaidé pour demander la libération de leurs clients, dont Adama Sangaré, estimant qu’ils ne sont pas coupables d’infractions pénales répréhensibles au regard de la loi. A cet effet, ils réclament tous la relaxe pure simple de leur client.
Revenant toujours à la charge, ils affirment que tous les actes posés dans cette procédure par le maire constituent des actes administratifs, dont le litige ne saurait être porté devant une chambre criminelle. En clair, selon eux, l’affaire devait être porté devant le tribunal administratif.
La chambre criminelle du Pôle national économique et financier rendra ensuite son verdict, très attendu.
PAR SIKOU BAH
