En écho à la 2e conférence des universités de l’AES, tenue à Ouagadougou les 13 et 14 octobre, Choguel Kokalla Maïga relance son combat pour la décolonisation des programmes scolaires. L’ancien Premier ministre salue l’appel historique du Premier ministre burkinabè à briser les héritages coloniaux et rappelle sa proposition de 2023 : renforcer l’histoire africaine au secondaire afin de briser la « boussole mentale » placée dans les esprits depuis la réforme de 1962.
PROGRAMMES D’ENSEIGNEMENT DANS L’ESPACE AES : CHOGUEL KOKALLA MAÏGA APPELLE À BRISER LA « BOUSSOLE MENTALE » PLACÉE DANS LES ESPRITS DES AFRICAINS DEPUIS 1962
Du 13 au 14 octobre 2026 s’est tenue à Ouagadougou, au Burkina Faso, la deuxième conférence des responsables des institutions d’enseignement supérieur et de recherche des États de l’Alliance des États du Sahel (AES). La participation du Togo à cette rencontre mérite d’être saluée.
À cette occasion, le Premier ministre du Burkina Faso a prononcé une intervention remarquée, de portée historique, en déclarant : « L’envahisseur est parti, mais, dans bien des domaines, c’est malheureusement nous-mêmes qui prolongeons sa présence. »
À travers cette déclaration, il a appelé à un éveil des consciences et à une prise de responsabilité collective afin de trouver des réponses adaptées aux défis contemporains auxquels sont confrontés les peuples de l’AES. Cette interpellation souligne notamment la nécessité de remettre en question certains héritages intellectuels, culturels et institutionnels qui continuent d’influencer les sociétés africaines, malgré les avancées vers la souveraineté.
Cet appel fait écho aux préoccupations exprimées auparavant par Choguel Kokalla Maïga, alors Premier ministre, concernant l’orientation des programmes scolaires et la place accordée à l’histoire africaine dans les systèmes éducatifs.
En effet, dès le mardi 11 juillet 2023, à l’occasion d’une rencontre entre le Gouvernement de Transition et le Comité interministériel de suivi-évaluation des résolutions des Assises nationales de la refondation (CINSERE-ANR), Choguel Kokalla Maïga avait préconisé une révision des programmes scolaires.
Il avait notamment recommandé de renforcer l’enseignement de l’histoire des sociétés africaines au second cycle de l’enseignement secondaire, une étape correspondant, selon lui, à une période de maturité des élèves.
Pour justifier cette proposition, il soulignait que les programmes scolaires accordent une place importante à l’histoire de l’ancienne puissance colonisatrice, des pays européens et d’autres continents, tandis que l’histoire de l’Afrique, lorsqu’elle figurait dans les programmes et les manuels scolaires, était principalement enseignée au niveau primaire, à un âge où les élèves sont encore très jeunes.
Comme il le faisait remarquer, les connaissances acquises à cette étape risquent d’être oubliées au fil des années si elles ne sont pas approfondies et consolidées au cours de la scolarité.
Choguel Kokalla Maïga estimait donc indispensable de revoir les programmes scolaires afin de permettre aux jeunes Africains de mieux connaître leur histoire et de se réapproprier leur patrimoine historique et culturel.
Il rappelait également que les programmes scolaires en vigueur étaient issus de la réforme de 1962. Selon son analyse, cette réforme s’inscrivait dans un projet global d’harmonisation des programmes des pays nouvellement indépendants, examiné à Paris dès 1961 et adopté à Addis-Abeba en 1962, sous l’égide de l’UNESCO, à l’initiative des anciennes puissances colonisatrices.
Il expliquait ainsi que, malgré quelques différences, les programmes scolaires de nombreux pays africains présentaient une grande similitude.
C’est pourquoi il convient de se réjouir des changements introduits dans les programmes scolaires de certains pays de l’AES à partir des rentrées scolaires 2025-2026 et 2026-2027. Ces évolutions constituent des avancées encourageantes dans la prise en compte des réalités historiques et culturelles africaines au sein des systèmes éducatifs.
Dans le même esprit, il salue les démarches actuellement entreprises au sein de l’AES dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ces deux secteurs constituent, à n’en pas douter, des piliers essentiels de la conquête et de la consolidation de la souveraineté.
Pour l’ancien Premier ministre, en définitive, la souveraineté véritable ne saurait se limiter aux dimensions politique, économique, diplomatique ou sécuritaire. Elle doit également reposer sur l’émancipation intellectuelle et culturelle des peuples, ainsi que sur leur capacité à produire leurs propres connaissances et à définir leurs propres références.
Choguel Kokalla MAÏGA se dit aussi persuadé que la réappropriation de notre histoire par les jeunes générations constitue un fondement essentiel de cette souveraineté. Il s’agit de briser cette « boussole mentale » héritée de la colonisation, afin que les Africains puissent mieux comprendre leur passé, maîtriser leur présent et construire librement leur avenir.
Bamako, le 21 octobre 2026
Équipe Com/PM Choguel
