Gouvernance et qualité des soins au Mali: le CERM engage la réflexion pour refonder le système de santé

L’hôtel Les Colibris de Bamako a abrité, les 16 et 17 octobre 2026, les travaux du Colloque national sur la problématique de l’amélioration de la qualité des soins de santé au Mali. Initié par le Centre d’Études et de Réflexion au Mali (CERM), en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert Stiftung (FES), cette rencontre scientifique visait à faciliter les échanges entre les consommateurs/patients et les acteurs du secteur de la santé, afin de déterminer les voies d’amélioration de la gestion des biens publics de santé, de l’accès aux soins et de la prise en charge des patients dans les structures de santé publique de Bamako.

Articulé autour du thème « Les structures publiques et privées de santé à Bamako et les pistes d’amélioration pour une meilleure qualité des soins et une meilleure gestion des biens publics de santé », ce colloque de deux jours a réuni des experts, des professionnels de santé, des acteurs de la société civile et des autorités institutionnelles, afin de dresser un diagnostic sans complaisance du secteur.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Secrétaire exécutif du CERM, Amadou Diop, du représentant du ministère de la Santé et du Développement social, le Dr Bouyagui Traoré, du représentant résident par intérim de la FES, Abdrahamane Dicko, ainsi que de l’ancien Premier ministre, Moussa Mara.

Ouvrant la série des interventions, le Secrétaire exécutif du CERM, Amadou Diop, a rappelé la garantie constitutionnelle consacrée par l’article 10, qui fait de la santé un droit fondamental. Il a interpellé l’assistance sur la nécessité d’anticiper la pression démographique dans le District de Bamako, dont la population devrait doubler pour atteindre près de 10 millions d’habitants d’ici 2050.

« Notre première richesse est notre santé. Les défis du secteur sont énormes : l’insuffisance du système face à une population croissante, la qualité de la prise en charge humaine et la sempiternelle gouvernance qui gangrène la gestion du patrimoine et l’accès financier aux soins », a souligné Amadou Diop, invitant les participants à conjuguer leurs compétences afin de tracer des pistes de solutions concrètes.

Mettre l’accent sur les structures de santé de premier niveau

Intervenant à l’ouverture, l’ancien Premier ministre Moussa Mara a exhorté les participants à mener des débats francs et approfondis. Fort de son expérience d’ancien maire de la Commune IV de Bamako, il s’est particulièrement attardé sur l’importance cruciale des structures de santé de proximité, notamment les CSCOM, les ASACO et les CSRéf.

Moussa Mara a souligné que, lorsqu’elles sont gérées en synergie avec les communautés locales, ces structures de premier niveau parviennent à absorber la majorité des besoins sanitaires locaux. À l’inverse, l’absence de suivi citoyen et communautaire risque de les transformer en « petites bombes locales ». Il a également rappelé que la réponse aux problématiques de santé à Bamako ne repose pas uniquement sur l’octroi de ressources financières supplémentaires, mais aussi sur la valorisation de la gouvernance et des compétences locales disponibles.

Prenant la parole au nom du ministère de la Santé et du Développement social, le Dr Bouyagui Traoré a réaffirmé l’engagement des autorités nationales à accompagner les initiatives visant à moderniser le système sanitaire.

Le représentant du ministère a présenté les grandes priorités gouvernementales, notamment le renforcement des soins de santé primaires et la valorisation de la médecine communautaire ; le développement de la recherche biomédicale et de l’innovation fondées sur des données probantes ; ainsi que l’amélioration durable du financement afin de progresser vers la Couverture sanitaire universelle (CSU) et de réduire la charge financière des ménages.

Par Abdoulaye OUATTARA