La troisième édition du Forum régional des médias sur l’information et la communication s’est achevée mercredi à Nouakchott, alors que trois directeurs de publication de notre pays ont été condamnés par la justice.
Les participants à cette rencontre, tenue les 13 et 14 octobre à Nouakchott, ont réclamé la libération des journalistes détenus au Mali et au Niger. Ils ont également plaidé pour le renforcement de l’indépendance des médias ainsi que pour une rémunération plus équitable des organes de presse dont les contenus sont exploités par les plateformes numériques.
La rencontre s’est tenue alors que plusieurs journalistes de notre pays ont maille à partir avec la justice. Youssouf SISSOKO, directeur de publication de L’Alternance, a été condamné en mars à deux ans de prison ferme pour un article relatif au président du Faso.
Chahana TAKIOU, directeur de publication de 22 Septembre, détenu depuis le 8 juin, a été condamné le 3 août à un an de prison, dont six mois ferme, pour « atteinte au crédit de l’État », à la suite de propos tenus lors du Forum panafricain des médias de Bamako.
Quant à Abdrahamane KEÏTA, directeur du Témoin, incarcéré depuis le 9 juin, il a été condamné en septembre à deux ans de prison ferme pour ses déclarations sur la situation à Kidal. Son avocat a annoncé faire appel. Les trois affaires ont été jugées par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité.
Dans leur appel, les participants demandent nommément la libération de Chahana TAKIOU et du journaliste nigérien Moussa KAKA. Ils exhortent les autorités à garantir leurs droits fondamentaux et à respecter les garanties juridiques. Ils expriment également leur solidarité avec les journalistes palestiniens tués, blessés ou empêchés d’exercer, ainsi qu’avec tous les professionnels des médias détenus, menacés ou privés de liberté.
Le document appelle les médias, les pouvoirs publics et les plateformes numériques à ouvrir un dialogue sur des mécanismes garantissant une rémunération plus équitable des contenus produits par la presse et exploités par ces plateformes. Il invite aussi les médias à investir dans la formation et l’innovation afin de suivre les évolutions de l’intelligence artificielle, dans le respect de la déontologie, de la vérification des informations et de la responsabilité éditoriale.
L’appel demande aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux institutions publiques d’évaluer les initiatives indépendantes selon leur pertinence, leur impact et leur adéquation avec les priorités de développement, sans lier automatiquement leur soutien à des recommandations politiques ou administratives.
Les participants insistent sur le renforcement de la capacité des médias africains à produire des récits indépendants, sur le droit d’accès à l’information et sur la transparence des institutions. Ils souhaitent enfin que le forum devienne un cadre permanent de dialogue, de formation et de partenariats entre les institutions médiatiques du Maghreb et du Sahel.
PAR SIKOU BAH