AES-Cédéao: des négociations en préparation

Réunis à Ouagadougou hier mercredi, des experts du Burkina Faso, du Mali et du Niger travaillent à l’harmonisation des positions de la Confédération des États du Sahel (AES), en prélude aux prochaines discussions avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), annoncées à Dakar, au Sénégal.

Les préparatifs s’accélèrent au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Mercredi à Ouagadougou, au Burkina Faso, des hauts fonctionnaires des trois pays membres se sont réunis dans le cadre d’une Task force confédérale afin de définir une position commune en vue des prochaines négociations avec la Cédéao.

Au cœur des travaux figurent plusieurs enjeux majeurs pour les relations entre les deux espaces régionaux, notamment la libre circulation des personnes et des biens, le commerce, l’intégration des peuples, ainsi que les questions diplomatiques et institutionnelles. L’objectif est d’identifier les priorités communes et de préparer une feuille de route cohérente pour les discussions à venir.

Les conclusions de cette rencontre doivent être soumises aux ministres des Affaires étrangères de l’AES, attendus jeudi à Ouagadougou. Cette réunion ministérielle permettra d’examiner les recommandations des experts et de dégager les orientations à défendre lors des échanges avec la Cédéao.

Pour l’ambassadeur Yirigouin Hermann Toé, chef de la délégation burkinabè et secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, l’enjeu est de parvenir à une position commune respectueuse des orientations des dirigeants de la Confédération. « Notre responsabilité est donc de préparer une position rigoureuse, cohérente et pleinement conforme aux orientations du Collège des Chefs d’État de notre Confédération », a-t-il déclaré.

De son côté, l’ambassadeur malien Amadou Maïga a insisté sur la nécessité de ces travaux préparatoires, qui doivent permettre de cerner les questions prioritaires et de mieux encadrer les négociations. Le chef de la délégation nigérienne, l’ambassadeur Ousmane Alhassane, a, pour sa part, salué la mise en place de la Task force confédérale, chargée d’harmoniser la feuille de route des consultations.

Ces préparatifs s’inscrivent dans un contexte de recomposition de l’intégration régionale ouest-africaine. Le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cédéao est devenu effectif le 29 janvier 2025, ouvrant une nouvelle étape dans les relations entre les trois pays et l’organisation régionale. Membres de l’AES, ils entendent désormais consolider leur coopération politique, économique et sécuritaire.

Les discussions annoncées à Dakar devraient ainsi porter sur les modalités des relations futures entre les deux ensembles, avec des enjeux concrets pour les populations, notamment en matière de mobilité, d’échanges commerciaux et de coopération régionale.

Au-delà des divergences institutionnelles, l’enjeu sera de déterminer les conditions d’une coexistence et d’une coopération entre l’AES et la Cédéao, dans une région où les liens humains, économiques et commerciaux demeurent étroits.

PAR MODIBO KONÉ