FLA: les crimes de guerre

Il paraît que c’était la libération. Kidal allait enfin respirer sous le drapeau de l’Azawad. La réalité, racontée par ceux qui n’ont pas pu fuir, ressemble plutôt à un inventaire de gendarmerie.

Selon les habitants restés sur place entre avril et octobre, les « libérateurs » du FLA et leurs cousins du JNIM n’ont pas libéré grand-chose, si ce n’est le contenu des boutiques. Saccage des commerces, pillage des biens privés, vol de panneaux solaires, de réfrigérateurs et de groupes électrogènes que l’État avait justement réhabilités entre 2023 et 2026. La révolution, mais avec facture.

Et puis, il y a le pire. Des femmes et des enfants auraient, selon plusieurs témoignages concordants, subi des violences sexuelles et des maltraitances. On n’en détaillera pas davantage, par pudeur et par respect pour les victimes. Mais quand une rébellion qui se dit porteuse d’un projet politique en arrive à terroriser les corps des plus vulnérables, elle ne porte plus un projet : elle porte la honte.

Les habitants parlent aussi de combattants étrangers dans les rangs. Des mercenaires du djihad venus, disent-ils, non pour libérer Kidal, mais pour punir Kidal d’être malienne. Tortures, humiliations, racket aux checkpoints. L’Azawad rêvé s’est transformé en péage.

Alors, oui, aujourd’hui, ces mêmes habitants disent une chose simple : ils attendent l’armée. Pas par fanatisme, mais par soulagement. Parce que l’uniforme malien, même imparfait, ne viole pas les filles du quartier. Parce que l’État qui répare un dispensaire est plus utile que le rebelle qui vole son lit.

Kidal n’est pas une abstraction de colloque. De Kayes à Kidal, le Mali appartient à ses enfants. Et ses enfants, surtout les femmes et les enfants, méritent mieux que des « libérateurs » qui se comportent en occupants.

La paix, ce n’est pas un slogan. C’est pouvoir dormir sans entendre une porte saccagée.

El Hadj Sambi Touré