Aichata BAGAYOGO lors du lancement de la campagne: « Je suis atteinte du Cancer du sein, du poumon et des os »

« J’étais saine comme vous, mais aujourd’hui je suis atteinte de trois types de cancer : celui du sein, du poumon et des os ! » c’est sous un ton malheureux que Aichata BAGAYOGO a témoigné  sur son état de santé devant la tribune du CICB, ce jeudi 8 octobre 2026. Avant que le ministre de la santé et du développement sociale, le col Assa Badiallo TOURE donne le coup d’envoi de la campagne nationale de lutte contre Cancer du sein et du col de l’Utérus, la victime Aicha a invité toutes les femmes à prendre des mesures préventives contre cette maladies.

Selon le témoignage de la victime Aichata, c’est en novembre 2019 que les médecins ont découvert qu’elle développait des pathologies cancérigènes notamment celle du sein.

« Lorsque j’ai appris la nouvelle, j’étais dévasté. J’ai tout de suite cru que je ne pouvais pas m’en sortir ! Mais mon médecin m’a rassuré que bien que ça soit une maladie grave, elle est curable ! », a affirmé Aicha avant d’indiquer qu’après 6 mois de chimiothérapie, on a fini par amputé  son sein affecté. 

Après un an de traitement et 3 ans de surveillance médicale, le cancer qu’on croyait vaincre a fini par revenir de force,a-t-elle témoigné. Cette fois-ci, il s’est attaqué aux poumons et à ses os, selon les explications données par Mlle Bagayogo.

Face à sa situation, elle a conseillé à toutes les femmes d’aller se faire dépister à temps pour éviter toute complication en cas de maladie du cancer.   

Pour sa part, la ministre Assa Badiallo a indiqué que le mois d’octobre rose constitue un jalon décisif pour intensifier leur lutte contre le Cancer, promouvoir un dépistage actif et garantir une prise en charge rapide des patients. 

Étant un défi majeur pour la santé publique, les données globales de 2024 estiment à environ 2,4 millions le nombre de femmes diagnostiquées d’un cancer du sein et à 694 000 le nombre de décès dû à cette maladie, a signalé la ministre de la santé.

« Le taux de survie à 5 ans dépasse 90% dans les pays à haut revenus,  alors qu’il s’effondre à 66% en Inde et à seulement 40% en Afrique du Sud, cette réalité nous interpelle tous » a-t-elle souligné.

Dans notre pays , la situation est tout aussi préoccupante, la ministre Assa Badiallo indique que le cancer du sein et du col de l’utérus représente près de la moitié des cancers féminins avec un taux de l’égalité particulièrement alarmant de 60%. 

Malgré ce tableau exigeant, des avancées notables ont été enregistrées par l’Office Nationale de Santé et de la Reproduction (ONASR) a soutenu la ministre, ajoutant grâce à des campagnes intensives de mobilisation et de dépistage de masse, pas moins de 87 724 femmes ont pu être examinées lors de la précédente édition en 2025.  

Pour le médecin colonel Assa Badiallo Toure, le cancer détecté à temps, guérit de 8 cas sur 10.  

Afin d’infléchir durablement la mortalité, les acteurs ambitionnent de franchir le taux de participation supérieur à 70%.

Pour cette édition 2026, la campagne nationale se fixe selon la ministre des objectifs clairs, mesurables et ambitieux.  Il s’agit de : sensibiliser et éduquer au moins 1 million de personnes sous les réalités des cancers du sein et du col de l’utérus ; réaliser des dépistages gratuits des cancers du sein et du col de l’utérus chez 110 000 femmes et adolescentes, assurer la prise en charge immédiate de 80% des lésions précancéreuses détectables ; informer et sensibiliser au minimum 2 000 parents sur l’importance cruciale de la vaccination anti-HPV chez les jeunes filles de 10 ans, vacciner au moins 500 jeunes filles contre le virus du papillome etc.

PAR AMINA SISSOKO