Les Maliens retiennent leur souffle, les yeux rivés sur la boussole septentrionale de leur pays. Depuis le vendredi 2 octobre 2026, une onde de choc patriotique traverse l’ensemble du territoire national, alors qu’une imposante colonne aéroterrestre des Forces armées maliennes (FAMa), solidement épaulée par ses alliés stratégiques de la force russe Africa Corps, a quitté Gao. L’objectif de cette offensive d’envergure ne souffre aucune ambiguïté : remonter méthodiquement la Route nationale 18 (RN18) afin de restaurer, de manière définitive et irréversible, l’autorité souveraine de l’État malien sur l’ensemble de la région de Kidal.

Cette démonstration de force s’inscrit dans le cadre de l’opération Dougoukoloko, une vaste campagne militaire décrétée par le président de la Transition, le général d’armée Assimi GOÏTA, et instituée le 25 avril 2025 par le décret n° 2025-0268/PT-RM. Elle succède à l’opération « Maliko », mise en place en 2020.

Son objectif est de rétablir l’autorité et la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire national, d’enrayer les menaces terroristes et criminelles, et de garantir la libre circulation ainsi que la protection des populations.

Pour le peuple malien, debout derrière son armée, l’enjeu dépasse le simple gain territorial. Il s’agit d’une question d’honneur national, de survie républicaine et d’intégrité territoriale, deux ans après la libération historique, mais éphémère, de la ville de Kidal, en novembre 2023.

Le contexte d’une reconquête nécessaire

Pour comprendre l’intensité des mouvements actuels sur la RN18, il faut remonter aux heures sombres d’avril et de mai derniers. Après deux années de contrôle gouvernemental, la ville de Kidal avait fléchi sous le coup d’une contre-offensive d’une violence inouïe. Une coalition de circonstance, aussi contre-nature qu’opportuniste, avait réuni les indépendantistes laïcs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les fanatiques djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).

Cette sainte alliance du terrorisme et du séparatisme avait réussi à contraindre nos hommes à un repli stratégique, plongeant les Maliens dans une profonde stupeur. Depuis lors, la ville de Kidal vivait sous le joug d’un double système : d’un côté, les factions du FLA paradaient dans les garnisons abandonnées ; de l’autre, le JNIM imposait un blocus asphyxiant, privant les populations civiles de denrées de première nécessité et maintenant la région dans une situation humanitaire intolérable.

Face à cette situation, l’état-major général des armées a patiemment consolidé ses positions avancées, notamment au niveau du verrou stratégique d’Anéfis, repris de haute lutte en juillet 2026, afin de préparer la riposte définitive.

Une guerre d’usure et 

de logistique

Sur le terrain, la progression entamée ce week-end ne ressemble en rien à une promenade de santé. Selon des sources sécuritaires, la colonne conjointe FAMa-Africa Corps avance à pas comptés, au rythme d’une rigueur tactique extrême. Contrairement au raid éclair de 2023, la stratégie de 2026 repose sur une progression méthodique.

L’ennemi, conscient de son infériorité flagrante face à la puissance de feu aéroterrestre de l’armée malienne, refuse obstinément le combat frontal. Le FLA et le JNIM ont transformé l’axe Gao-Kidal en un champ de mines à ciel ouvert. Le principal obstacle réside dans la multiplication des engins explosifs improvisés (EEI) dissimulés le long de la RN18. Les unités du génie militaire malien mènent un travail de bénédictin, sous une chaleur de plomb, afin d’ouvrir la voie au convoi logistique.

Des accrochages significatifs ont déjà émaillé la progression. Samedi dernier, le secteur de Tabrichaat a été le théâtre d’une violente embuscade tendue par les forces terroristes coalisées de l’Azawad. La réaction des FAMa a été foudroyante. Grâce à l’intervention chirurgicale des vecteurs aériens de l’armée, notamment des drones d’attaque de dernière génération et des hélicoptères de combat, les nids de résistance ont été littéralement pulvérisés.

Le communiqué de la DIRPA, publié dimanche soir, confirme la destruction de plusieurs pick-up armés et la neutralisation de dizaines de combattants ennemis. L’armée avance, balayant le rideau défensif adverse.

Le château de cartes de la coalition s’effondre

À mesure que le vrombissement des moteurs des FAMa se rapproche de Kidal, le vent de la panique s’engouffre dans les rangs de la rébellion. Sur les réseaux sociaux, l’écosystème numérique des séparatistes du FLA, d’ordinaire si arrogant, affiche depuis quarante-huit heures une fébrilité indiscutable. Les appels alarmistes se multiplient, dénonçant la puissance « disproportionnée » des frappes aériennes maliennes contre leurs positions logistiques avancées, notamment après la destruction d’un important centre de commandement près d’Abeïbara, à la fin du mois de septembre.

Plus grave encore pour l’ennemi, l’alliance de façade entre le FLA et le JNIM est en train de se fissurer de l’intérieur sous les coups de boutoir de l’opération Dougoukoloko. Plusieurs sources font état d’importantes frictions politiques et militaires entre les cadres indépendantistes et les émirs djihadistes. Nombre de combattants du FLA refuseraient d’être sacrifiés au profit de l’agenda théocratique global d’Al-Qaïda. Des cas de désertions individuelles et de replis désordonnés vers la frontière nord auraient été constatés dans les rangs ennemis.

Pour couronner cette débandade psychologique, des rumeurs persistantes font état de la fuite des deux figures de proue de l’insurrection, Iyad Ag GHALY, pour le JNIM, et Bilal Ag ACHÉRIF, pour le FLA, vers le sanctuaire libyen. Si l’état-major des FAMa traite ces informations avec la plus grande prudence, y voyant une possible manœuvre d’intoxication, leur diffusion aurait un effet dévastateur sur le moral des troupes rebelles en première ligne.

Qu’ils aient physiquement fui ou qu’ils se terrent dans les grottes de l’Adrar des Ifoghas, les chefs auraient abandonné le narratif de la « résistance ».

Panique dans les rangs et sur les réseaux

Il y a effectivement une fébrilité manifeste, qui se traduit par une guerre de l’information agressive dans l’écosystème numérique.

Sur les réseaux sociaux : les canaux de propagande et les sympathisants du FLA affichent des signes de nervosité. Faute de pouvoir stopper la colonne lourde sur la RN18, ils multiplient les publications dénonçant les frappes aériennes contre les infrastructures civiles.

Sur le terrain : plus qu’une panique désordonnée, il s’agit d’un climat de haute tension. Les combattants séparatistes savent que l’avancée conjointe des FAMa et d’Africa Corps, appuyée par une couverture aérienne permanente, menace directement les gains territoriaux acquis lors de leur offensive d’avril 2026. La population civile de Kidal, qui redoute des affrontements urbains majeurs, subit une pression psychologique immense.

Alger clarifie les règles du jeu

L’autre fait majeur qui bouleverse l’équilibre stratégique de la bataille de Kidal est venu directement de la présidence algérienne. Ce samedi 3 octobre 2026, lors de sa rencontre traditionnelle avec les médias nationaux, le président Abdelmadjid TEBBOUNE a tenu des propos d’une grande clarté, marquant un tournant dans les relations bilatérales avec notre pays. Loin des tensions diplomatiques passées, le chef de l’État algérien a exprimé un soutien total et sans ambiguïté à la Transition.

Le président TEBBOUNE a formellement déclaré que son pays était aux côtés du Mali « de cœur et sans aucune réserve pour combattre les résidus du terrorisme ». Cette main tendue par le puissant voisin du Nord résonne comme un coup de massue pour les coalisés de Kidal. En affirmant avec force qu’Alger n’interférerait pas dans les affaires intérieures du Mali, la diplomatie algérienne aurait définitivement enterré les espoirs des séparatistes du FLA, qui espéraient encore une médiation internationale protectrice ou un traitement de faveur.

Pour les observateurs, ce repositionnement stratégique isole dramatiquement la coalition terroriste FLA-JNIM. En coupant le cordon ombilical avec les rebelles et en validant la légitimité de l’offensive de Bamako, l’Algérie fermerait sa frontière à toute velléité de repli logistique ou de création d’un sanctuaire pour les insurgés. Ce choix du réalisme géopolitique et de la solidarité antiterroriste régionale offrirait aux FAMa et à l’opération Dougoukoloko une couverture diplomatique inestimable.

Désormais, la reconquête de l’intégrité territoriale se ferait sans l’hostilité de l’Algérie, unie à notre pays pour purger définitivement la bande sahélo-saharienne de l’hydre terroriste.

Kidal à portée de main ?

Quelles sont alors les chances réelles que les FAMa puissent prendre rapidement pied à Kidal, à la satisfaction du peuple malien ?

La réponse impose de tempérer l’enthousiasme populaire par la rigueur de l’analyse militaire. L’armée malienne aurait toutes les chances de reconquérir Kidal à brève échéance. La supériorité matérielle, le soutien indéfectible de la population et l’appui aérien d’Africa Corps feraient pencher la balance de manière irréversible en faveur de notre pays. La déliquescence morale du FLA et l’isolement diplomatique de la rébellion accentueraient cette probabilité.

Cependant, le mot « rapidement » doit être redéfini à l’aune de la réalité du terrain. L’état-major général s’interdit de donner la moindre date d’arrivée à la colonne partie le 2 octobre. Entrer à Kidal n’est pas le plus difficile ; s’y maintenir et sécuriser la totalité des axes logistiques menant à la frontière algérienne constitue le véritable défi stratégique. Les FAMa avancent au rythme de la sécurisation de leurs hommes, en nettoyant chaque nid-de-poule susceptible de dissimuler une mine.

La reconquête est en marche. Ce n’est plus une question de « si », mais de « quand ». Le peuple malien, uni et résilient, attend ce moment pour sceller définitivement l’unité de la patrie, de Kayes à Kidal.

PAR EL HADJ SAMBI TOURE

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