Après des mois d’attente prolongée des enseignants-chercheurs, le Comité exécutif national du Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (CEN-SNESUP) bat le rappel des troupes ce 1er octobre. Face à ce qu’il qualifie de lenteur administrative, le syndicat hausse le ton dans une lettre adressée au ministre de l’Enseignement supérieur, tout en réaffirmant sa main tendue pour le dialogue. Cette prise de position du CEN-SNESUP témoigne de la persistance des tensions sur le front social universitaire.
Le front social universitaire s’apprête-t-il à connaître de nouvelles turbulences ? C’est la question que se posent de nombreux acteurs de l’éducation, alors que le CEN-SNESUP vient de monter publiquement au créneau.
Après deux mois pleins d’attente consécutifs sans avancées significatives, l’organisation syndicale tape du poing sur la table pour exiger des autorités compétentes des actes concrets.
Au cœur de la grogne des enseignants-chercheurs figurent des doléances financières et administratives jugées urgentes et non négociables pour la préservation de leur pouvoir d’achat et de leur dignité professionnelle.
Le syndicat structure ses revendications autour de trois axes incontournables, à savoir : la fixation officielle du montant de la prime par le biais de l’ouverture immédiate d’une commission paritaire ou ad hoc ; la visibilité sur le calendrier, avec l’exigence d’une échéance claire et respectée pour le début effectif des paiements ; le règlement intégral des rappels dus aux agents de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Pour le bureau exécutif, ces points constituent le socle d’une résolution définitive des crises récurrentes qui secouent le secteur.
Conscient de la sensibilité de la situation dans les universités et grandes écoles du pays, le CEN-SNESUP joue la carte de la double approche. D’une part, le syndicat exhorte l’ensemble de ses militants et militantes à se tenir prêts pour une grande mobilisation si les lignes ne bougent pas rapidement.
D’autre part, la direction syndicale veille à laisser la porte de l’apaisement entrouverte. Elle a tenu à rappeler qu’elle demeure « pleinement disponible pour le dialogue et la concertation », plaçant son action sous le sceau de la responsabilité.
L’objectif affiché est d’aboutir à une solution à la fois rapide, équitable et durable, évitant ainsi de perturber davantage une année académique déjà soumise à rude épreuve.
La balle est désormais dans le camp des autorités de tutelle, qui devront mesurer l’urgence de la situation pour désamorcer une crise larvée au sein de l’intelligentsia malienne.
Par Abdoulaye OUATTARA